Vous n’allez pas me croire, mais il y a une formule à laquelle personne n’a encore pensé, pour résoudre le problème de BHV: l’inversion des points de vue, direction VHB. Je m’explique. Jusqu’ici, il est une cause entendue que les Flamands sont pour la scission de l’arrondissement, et les francophones pour son maintien.

C’est absurde.

Ce sont les Flamands qui devraient s’opposer à la scission, et les francophones, plus encore que la demander poliment: l’exiger comme la plus urgente des priorités.

C’est l’évidence même. Tout le monde sait que la Flandre penche pour le (con)fédéralisme à deux, en tenant les Bruxellois pour kiekebîche. D’aucuns la soupçonnent même de vouloir absorber Bruxelles en tissant autour d’elle une gordel implacable avant de serrer le nœud coulant.

Eh bien, chers amis, l’arrondissement de Vilvoorde – Halle – Brussel (VHB) en est l’outil sournois. Car, notez-le, cette circonscription administrative, électorale et judiciaire  fait de Bruxelles une ville de Flandre et permet aux électeurs de Halle et de Vilvoorde d’infiltrer une cinquième colonne flamingante dans la capitale. Alors que les valeureux Nivellois sont bien incapables de venir en aide aux malheureux francophones bruxellois en voie d’assimilation forcée dans l’arrondissement flamand. Nombreux déjà sont d’ailleurs ceux qui quittent les riantes berges asphaltées de la Senne dépolluée par Evelyne Huytebroeck pour rejoindre le Rand flandrien et ses prés gorgés de bouse malodorante et de plantules verdâtres entrelardées de nains de jardin.

Hélas, les kollabos du FDF (la Fédération des Déguisés Flamingants) pèsent de tout le poids de leurs deux députés félons pour maintenir le lien qui assujettit toujours Bruxelles à la Flandre et empêcher les partis démocratiques de faire entendre la voix de la raison et des droits de l’Homme.

Et donc: scindez VHB! Maintenant! Sans compensations! Car le jour où les Flamands s’apercevront de leur erreur et de l’intérêt qu’ils ont à maintenir cette relique de la Belgique unitaro-flamande en l’état, il sera trop tard. Vous verrez qu’ils finiront par transférer à Leuven la capitale du royaume, pour en revenir aux premiers temps du duché de Brabant et de la Stella Artois. Avec Bruno Tobback pour ministre-président et l’UCL-KUL reconstituée, avec sa bibliothèque bilingue et ses calottes à breloques,  rien que pour nous emmerder.

Aaaah! Ça fait du bien, même si c’est délibérément loufoque. Quoique. Allez savoir. On ne sait jamais quelle idée peut surgir quand on envisage les questions les plus rebattues sous un angle absurde en apparence…

Bookmark and Share

12 Réponses to “JDC #6: Scindez VHB! ;-)”

  1. hansen joseph dit :

    ce billet me fait plaisir car les idées « originales » à proposer aux wallons ne manquent pas;
    par exemple, il serait opportun que le ministre-président wallon (et de la communauté française) présente les excuses de la wallonie pour avoir refusé le bilinguisme en 1932 et il ne suffit pas que ce ministre ait appris le flamand lui, mais il pourrait instaurer l’enseignement du néerlandais dans sa version flamande dans les écoles wallones comme à Bruxelles;
    c’est cette différence qui fait que les bruxellois de souche ne se sentent pas proches des wallons alors que souvent les flamands se débrouillent pas mal en français par contre… évidemment on peut être plus pragmatique et ranger le français et le flamand au placard des langues non-officielles parlées dans les chaumières et passer tout de suite à l’anglais comme dans Flanders Technology… ou comme l’aiment les belges, pinailler sur « le français est une langue » tandis que le flamand pas, il n’y a que des dialectes flamands » et vive les dialectes alors, c’est aussi savoureux que les bières «  »belges », 3 trappistes en Flandre et trois en Wallonie, nous on a la gueuze même au delà du gordel…

  2. Christophe dit :

    Pourquoi ne pas procéder à une bilinguisation progressive de tout le pays ? En partant de Bruxelles, le bilinguisme pourrait d’abord être instauré dans la province de Brabant. On créerait des écoles bilingues et des tas d’autres trucs qui tueraient dans l’oeuf les moindres prémisses de conflits communautaires qui seraient devenus obsolètes

    Quant à Bart de Wever, il finirait ses jours dans un home, bilingue évidemment, pour vétérans des guerres communautaires où une fois par an, le 11 juillet, la chorale des nostalgiques du Vlaams Belang viendrait chanter le « Vlaams Leeuw »…

  3. Olivier Baum dit :

    Cher Charles, soyez rassurez votre scénario risque bien de dépasser la fiction.

    Les constitutionnalistes francophones, sur base de la Constitution rappellent que les chambres élues valident leur propre élection. Partant de là , l’élection anticipée est valable a posteriori (selon eux)

    Douze juges flamands estiment le contraire, pour eux l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle de 2003 implique la nécessité de trouver une solution légale a priori d’élections anticipées.

    Verhofstadt avait d’ailleurs avancé d’un poil les fédérales de 2007 pour éviter la deadline fixée par la Cour (Quatre ans).

    Autre curiosité, personne n’a demandé à la Cour Constitutionnelle de préciser ce qu’elle entend comme solution, d’ou la libre interprétation qui au nord explique que c’est la scission et qu’au sud on dise que ce n’est pas vrai.

    Maintenant, on provoque des élections anticipées, ouvrant la brèche aux (nombreux ?) recours qui ne manqueront pas d’être soulevé par les radicaux.

    Radicaux qui risquent bien de constituer une très large minorité de blocage institutionnelle (40 % ou + ?) à l’issue du scrutin.

    Fiction ou réalité :

    Les partis flamands s’entendent (comme ils l’ont fait à l’occasion de la présente législature à une reprise + une tentative jeudi passé), pour imposer la scission pure et simple (sans contrepartie) contre la validation des élections et/ou une majorité fédérale (gouvernement).

    « Si les francophones veulent un gouvernement fédéral, qu’ils acceptent la scission, sinon …)

    Messages subliminaux : Y Leterme hier : »C’est regrettable que nous n’ayons pas trouvé un accord institutionnel en 2007″ (sous-entendu c’est pas demain la veille… ?).

    Je défie quelconque parti de pouvoir actuellement garantir la légitimité des élections, en fait, ils esquivent.

    Poussant plus loin l’analyse, le PS francophone, voire même la gauche dans son ensemble (en ce inclus Ecolo et cdH), on aussi des intérêts à une régionalisation plus marquée (autonomie) c’est dans les régions que ce bloc de gauche est le plus puissant, singulièrement en Wallonie pour le PS. Je vois donc d’un oeil amusé l’hypothèse d’une grande braderie institutionnelle orchestrée par un Di Rupo flamboyant.

    Le pire est à venir Charles….

  4. Olivier Baum dit :

    Désolé pour les coquilles, je ne me suis pas relu.

  5. Kermit dit :

    @ Olivier Baum

    « personne n’a demandé à la Cour Constitutionnelle de préciser ce qu’elle entend comme solution »

    Je partage assez votre pessimisme concernant les mois a venir ceci dit, il n’appartient a la cour constitutionnelle que de souligner qu’une loi est conforme ou non a la constitution ou qu’une competence est proprement ou non exercee par la bonne entite (federale, regionale, communautaire). Elle ne peut helas pas ni trouver ni meme suggerer de solution.

    On passera donc par une negociation communautaire et comme on le subodore deja en entendant les nouvelles du Nord, par un blocage. Moi, j’y vois une opportunite pour en finir une bonne fois et s’assumer enfin plutot que de vivre au crochet d’un partenaire ‘odieux’.

  6. Olivier Baum dit :

    @ Kermit, l’Arrêt ne concerne que la Chambre, pas le Sénat. Personne n’a véritablement tenté d’y voir plus clair du côté de la Cour.

    Mais sur le fond c’est effectivement au Législateur de trouver la réponse adaptée à l’Arrêt en question ce qu’il n’a pas fait… ni à l’époque, ni maintenant.

    On marcherait sur la Justice, qu’on ne pourrait s’y prendre autrement…

    C’est pas moi qui le dit mais un certain M. Uyttendaele en 2005 :

    « Jouer la politique de l’autruche? Ne rien faire? Cela trahirait dans le chef du législateur un mépris de mauvais aloi à son égard». » (M.U. dans La Libre)

    Passons ces détails, je vois mal l’unanimité (y compris Groen) flamande qui tentait encore il y a 8 jours de passer BHV en force, rater l’occasion de revenir avec le plat de résistance au dessert post-elections et en guise de pousse-café, une grande réforme que la Flandre réclame depuis des années.

    D’ou la préparation psychologique de nos chers présidents francophones qui préparent le bon peuple à cette future mutation institutionnelle.

  7. M a n u dit :

    @ Charles.
    A prendre avec … humour.

    C’est décidé, je rejoins le groupe VHB : Vin blanc, Hamac & Barbecue.

    :-)

  8. Charles Bricman dit :

    @Manu: C’était pour faire mentir Mark Eyskens, qui a dit récemment qu’en Belgique, on manquait à la fois de sérieux et d’humour. Sinon, je suis d’accord pour la signification à donner à l’acronyme HVB. Plutôt deux fois qu’une!
    ;-)

  9. Guillaume dit :

    Les élections sont légales mais anticonstitutionnelles. Euh … C’est pas contradictoire ?

  10. Olivier Baum dit :

    Non, ce n’est pas si idiot que cela.

    De toute façon cela sera la prochaine étape post-électorale de conflit communautaire. Les partis traditionnels francophones jouent les autistes mais on verra bien…

  11. philippe HETMANCZYK dit :

    Bonjour Charles et consorts,

    à monsieur HANSEN : En 1932, l’adoption du régime unilingue pour la Flandre et la Wallonie a été validée par une majorité francophone ET FLAMANDE ! L’idée d’une Belgique entièrement bilingue était une revendication « épouvantaillesque » des nationalistes flamands dont le seul but était de presser les francophones afin qu’ils reconnaissent l’autonomie linguistique de la région flamande.
    Il y a quelques années, Jean-Luc DE HAAN dans une interview à la presse écrite (LE SOIR, je crois) réécrivait l’histoire en faveur de sa communauté linguistique. Depuis lors, cette version édulcorée de l’histoire semble admise des deux côtés de la frontière linguistique.

  12. philippe HETMANCZYK dit :

    Re-bonsoir Monsieur Charles,

    Je serais ravi d’avoir ton avis sur l’histoire linguistique de notre pays interprétée par Jean-Luc De Haene.

    Bien à toi.

    Philippe

Laisser une réponse

(requis)

(requis)

Subscribe without commenting

© 2013 On a des choses à se dire Suffusion WordPress theme by Sayontan Sinha