Le beaujolais nouveau est encore arrivé
La superbe dégustation du week-end passé, à la Maison des Vins de mon ami Jean-Claude, m’en avait donné l’envie; la présence d’un gentil bonhomme du Domaine du Vissoux m’a convaincu de la satisfaire: en 2009, j’ai donc sacrifié à la tradition bien mercantile qui autorise à ouvrir sa première bouteille de beaujolais de l’année dès qu’a sonné le 12e coup de minuit annonçant le 3e jeudi de novembre.
Une baguette bien craquante et un pot de rillettes en renfort, le beaujolais nouveau est donc arrivé.
Ce n’est pas le top de la gastronomie, je vous le concède, mais c’est un petit bonheur quand même. Je l’ai découvert il y a bien longtemps, avec le roman du truculent René Fallet – un pote à Brassens – qui a lancé la mode au-delà des frontières de l’Hexagone. Jusque là, c’était une tradition locale, avec des extension dans les troquets parisiens. Depuis lors, on la célèbre partout et, par exemple, jusqu’aux Philippines. Bref, le vin nouveau, aujourd’hui, fait à peu près la moitié des exportations de beaujolpif…
Je sais, c’est un peu du gaspillage, des perles aux cochons. Mais c’est comme ça. Et c’est quand même un plaisir. Et de la convivialité. Une occasion de faire la fête, en petit, sans façons, sans avoir à se mettre sur son thirty-one ni à lever le front.
Et quitte à la faire, la fête, autant la faire avec du bon. J’ai donc laissé de côté le picrate à l’extrait de banane du supermarché pour les Griottes et la cuvée tradition de Pierre-Marie et Martine Chermette, les propriétaires du précité Domaine du Vissoux, à Saint Vérand, d’où sortent également un Fleurie et un Moulin-à-Vent de belle tenue. La banane est discrète et, dans la cuvée Tradition, on sent déjà poindre la force tranquille de vignes largement quinquagénaires. Comme moi. Les quinquas, y’a que ça, c’est moi qui vous le dis!
Bon, cela dit, Jean-Claude n’est pas fou du beaujolais nouveau, sans pour autant verser dans le snobisme de ceux à qui on ne la fait pas. Les cartons sont tous dans sa boutique, rien dans la réserve. Dans trois jours, il n’en aura plus et il ne fera pas de réassort. Tant mieux d’ailleurs: les flacons de Chermette valent bien qu’on les attende un peu. J’ai payé € 45 pour 6 bouteilles, trois de Griottes et trois de Tradition. J’irai sans doute tester le Novello chez l’un ou l’autre caviste où j’ai aussi mes habitudes, chez Boire et Fumer par exemple, mais on ne va quand même pas y passer les réveillons… Allez, santé les amis.
1 décembre 2009 à 6:24
Tiens donc, parce qu’on n’aime pas le beaujolais nouveau, on est snob… Vous avez une drôle de notion de la tolérance…
1 décembre 2009 à 10:39
@b.mode: Votre conclusion quant à mon sens de la tolérance me paraît hâtive et injuste. Je dis seulement qu’il y a, aujourd’hui, chez certains, une forme de snobisme à mépriser le beaujolais… Et quelque intolérance aussi, peut-être, chez ceux qui écrivent qu’un cru issu de Gamay ne fera jamais lever personne la nuit. Qu’en savent-ils? Pour pisser, déjà…
Et puis, un Moulin-à-Vent, un Morgon, un Brouilly… On peut ne pas aimer, bien sûr, mais mépriser? Personnellement, je prends mon plaisir là où je le trouve. Et je le cherche partout, de nuit comme de jour…