L’hebdomadaire satirique Père Ubu se vendra bien cette semaine et, à la place de John Bogaerts, son directeur, je ferais renforcer mon serveur informatique: le site internet, lui aussi, doit être en plein boum, à son niveau. Un coup de pub comme celui-là est impayable: un retrait forcé de la vente en librairie, pour un hebdo qui se vend essentiellement sur abonnement (à hauteur de quelques milliers d’exemplaires), on ne fait pas mieux…
La démarche de l’ex-mari de Laurette Onkelinx est donc étrange: en se précipitant au tribunal pour obtenir une décision de justice sur requête unilatérale, il allume lui-même les projecteurs auquel il prétend vouloir échapper, et faire échapper la fille encore mineure qu’il a eue avec la ministre et qui a récemment été interpellée par la police, apparemment en compagnie compromettante. La preuve: sans cette décision du tribunal, un blog comme celui-ci ne vous aurait jamais parlé de cette affaire privée.
Privée, vraiment? Tant qu’elle ne devient pas publique, oui…
Personnellement, à mon niveau d’information, je n’en jugerai pas autrement que du point de vue des principes. Je ne suis pas choqué que la presse mainstream ait fait l’impasse sur cette affaire. Les ministres aussi peuvent avoir des soucis familiaux et, tant qu’ils ne rejaillissent pas sur l’exercice de leurs fonctions et ne suscitent pas de leur part des comportements répréhensibles et sanctionnables, ou contraires à leur déontologie, je ne vois vraiment pas en quoi ils regarderaient l’opinion publique.
Des gamins et des gamines sont interpellés tous les jours. On n’en parle nulle part. Cela ne devient un « événement » que par la personnalité de leurs parents. C’est moche, c’est une tartufferie, comme celle qui, il y a quelques années, contraignit un président du CVP à démissionner parce qu’il avait divorcé.
Autre chose maintenant: Père Ubu prétend dans l’article incriminé,qui circule évidemment par courriel, que la ministre aurait fait pression sur les policiers au moment où elle est allée rechercher sa fille au commissariat. Et il « contextualise » cette info en suggérant qu’elle aurait confié à son ex-mari, comme conseiller dans son cabinet, des missions pour lesquelles il ne serait pas qualifié.
Une fois encore, je suis là-dessus sans informations fiables, ce n’est pas ou plus mon métier. Mais c’est ici la mission de la presse d’enquêter à ce propos. C’est même à mon avis le seul vrai sujet qui mérite d’être traité en profondeur, s’il y a lieu. Avec celui de la liberté – et de la responsabilité corrélative – de la presse.
Résumons: vendredi dernier, Père Ubu a été retiré de la vente sur requête unilatérale du plaignant. C’est une mesure grave, qui entre en conflit avec le principe constitutionnel de liberté de la presse mais qui n’est pas inimaginable ni scandaleuse en soi. La justice est aussi là pour mettre fin aux dommages que peut subir un justiciable. Elle est toutefois, ici, complètement inopérante par rapport au but recherché car elle aggrave le dommage allégué au lieu d’y mettre fin. Elle n’étouffe pas une affaire – ou une calomnie -, elle l’aide à démarrer. C’est le choix de la victime qui semble ainsi rechercher la publicité qu’elle prétend précisément vouloir éviter.
Deuxième point: en exerçant sa fonction d’informer, la presse n’en reste pas moins intégralement soumise à ses responsabilités et au droit commun, dans les limites des libertés constitutionnelles. Et en particulier à l’article 1382 du Code civil qui l’oblige à réparer les dommages qu’elle occasionne à autrui par sa faute. Il n’y a pas à sortir de là, ni à hurler, dans un sens ou dans un autre en fonction de ses sympathies et de ses allégeances. Tout le monde se portera mieux dès lors qu’on se concentrera sur la façon dont les politiques assument leurs fonctions de mandataires de la Nation. Il y a déjà suffisamment de boulot. Et il n’est toujours pas achevé, ni même seulement entamé.

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Soutien sur facebook par le groupe:
Soutien au Père UBU contre la censure
La censure a toujours été imbécile et contreproductive… Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est qu’Internet a considérablement amplifié le phénomène.
Je ne pense pas qu’il s’agisse, dans ce cas-ci, de censure.
L’article a été publié, on peut même le trouver facilement sur le net.
Parler de « censure », c’est assez exagéré.
Lorsqu’une ministre prend position sur les tests de drogue et qu’avant elle a été ministre de la justice, que son ex-mari aurait eu maille à partir avec la justice sur ce sujet, que sa fille se serait retrouvée dans un état parait-il douteux en compagnie d’un personnage encore plus douteux, cela ne devient-il pas en quelque sorte public.
Vous connaissez comme moi l’adage : «Caesaris mulier non fit suspecta !»
@Ø: Je ne me fie plus trop à cet adage depuis que je suis confronté à des commentateurs qui signent leurs interventions de mystérieux pseudos, dont je ne connais pas l’épouse, ni les enfants et dont je ne sais pas ce que les parents, beaux-parents grands-parents et petits cousins pouvaient bien fricoter pendant la guerre ou lors de la chute du Mur de Berlin!
Allez, sans rire maintenant, qui peut encore être ministre si on l’applique au pied de la lettre, votre adage sur la femme à Jules?
Que sa conséquence soit « contre-productive » ou pas, rien n’autorise un média à violer le droit à l’anonymat qu’accorde la loi sur la Protection de la Jeunesse aux mineurs.
« La publication et la diffusion (…) de textes, dessins, photographies ou images de nature à révéler l’identité des mineurs poursuivis ou qui font l’objet d’une mesure (…) sont également interdites.
Les infractions au présent article sont punies d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de [1.500 à 15.000] euros ou d’une de ces peines seulement. » (article 80 de la loi du 8 avril 1965)
Petites mises au point :
1. Quand j’évoquais les mots ‘censure contreproductive’, je ne parlais pas de censure de la part du pouvoir, mais de la part de celui qui a esté en justice pour faire saisir un journal.
2. Je ne me prononçais pas sur la légitimité du contenu publié, que je n’ai pas lu. Il est fort possible que ‘Père Ubu’ soit fautif. Même dans ce cas, la personne lésée s’est tiré une balle dans le pied en le faisant saisir.
Et au fond qu’est ce qu’on s’en fout que la fille d’Onkelinx soit une junkie. Quand on a toutes ces responsabilités on n’a pas beaucoup de temps à consacrer à ses enfants, ca arrive hein !!!!
Et c’est encore le droit des parents de ne pas souhaiter que ces choses soient étalées dans la presse. Dans tout procès et avant jugement les journalistes donnent des noms d’emprunt aux protagonistes (sauf quand c’est des arabes), alors pourquoi donc quand c’est la fille à Laurette il faut que ca s’étale dans Père Ubu, journal au passage pas très sain et prêt à mettre de la viande saignante en vitrine pour vendre des sempiternels « tous pourris » au kilomètre.
d’accord avec The Mole. La publication duu 29 octobre d’Ubu traite cette gamine quasiment de p… pour s’en prendre à sa mère en lui reprochant d’avoir mis en circulation le vaccin H1N1 (je comprends pas le rapport). LO a été interrogée, elle a récupéré sa fille, comme n’importe quel parent. Cet article (nauséeux), pas plus que le suivant, ne parle d’intervention de LO pour barrer l’enquête, d’autant que sa fille n’est coupable (éventuellement) que d’une incvartade. La puiblication suivante de PU revient sur k’affauire AG qui avait déjà fait l’objet d’une sanction judiciaire.
Quant à la censure il n’y en eut pas. La censure est toujours préalable. PU comme a son habitude a pris le risque et a perdu. C’est son choix….
Censure de la presse : RTL complice du PS ?
http://www.pereubu.be/?p=1010