L’entreprise de l’année connaît la musique
De nombreux professionnels du web se sont étranglés en apprenant qu’un des leurs a été choisi comme « entreprise de l’année 2009″ par Ernst & Young. Jalousie? Un peu sans doute mais il faut bien dire que Proximedia, malgré son succès commercial incontestable et son statut de star du Marché Libre qui n’en compte pas trop, est un peu au Net ce que les vendeurs d’aspirateurs à domicile sont à l’électroménager. S’appuyant sur de redoutables escouades de Séraphin Lampion, la boîte, qui fait figure de cash-cow potentielle pour ses actionnaires, s’est spécialisée dans la vente de sites internet à tous, même ceux qui n’en ont pas besoin, du boucher du coin au teinturier du quartier.
C’est un business model un peu fragile, qui n’aura qu’un temps. Proximedia le sait et s’est donc diversifiée, par croissance externe notamment: il y a quelque temps, la firme a racheté Globule Bleu, une web agency liégeoise qui vise plutôt les grands comptes. Et la politique. C’est en effet de là que vient un des spin doctors de Didier Reynders, le MR étant par ailleurs un des gros clients de la société, avec son site web, ceux de ses candidats lors des joutes électorales et la MR TV.
Il est donc bien normal que le ministre des Finances ait été retenu pour remettre son prix à Fabrice Wuyts, le CEO de Proximedia. C’est comme ça qu’on fonctionne, en Wallonie. Amon nos’ôtes.
Tags: entreprises, Marché libre
22 octobre 2009 à 9:34
Bravo. Pertinent, bref et concrètement résumé.
L’affaire n’est cependant, selon moi, pas induite par une jalousie sectorielle acide. Il s’agit vraiment de ne pas « pousser » le secteur (via des prix et une mise en avant médiatique) vers de l’inconscience commerciale alors que beaucoup font de l’Or avec des poussières. Ceci fait office d’exemple, voire de jurisprudence, dans le secteur de création web, nos clients vont par exemple se demander pourquoi nous n’appliquons pas nous aussi ce business modèle vicieux.
Ils ne le méritent pas d’après nous. Si le CA était le seul critère, pourquoi avoir besoin d’un jury?
Tout de même dingue qu’ils arrivent à faire fermer un groupe Facebook…
22 octobre 2009 à 9:49
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22 octobre 2009 à 9:51
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22 octobre 2009 à 9:59
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22 octobre 2009 à 10:14
Pour avoir un peu suivi la polémique, je réalise qu’il y a quelqu’un dont on ne parle pas bcp dans cette histoire, c’est Ernst & Young. Sortent-ils grandis ou affaiblis de cette histoire? Comme ils sont peu critiqués en frontal, j’aurais tendance à penser qu’ils en sortent confortés dans leur statut d’ « entreprise de référence ». Car la critique ne se pose que sur le fait qu’Ernst & Young ait décerné cette année ce prix à celui-là ; et non sur le fait que cette société ne serait finalement pas une entreprise de référence sachant débusquer les vrais talents (ce qu’au demeurant elle est sans doute). Seul un prix décerné par un organisme incontournable peut faire des vagues.
Proximedia et Obama, même combat? Hm, à la différence près, peut-être, qu’on a dit de l’un que le prix qu’il avait reçu était prématuré et qu’on peut augurer de l’autre qu’il se le sera jamais, prématuré. Allez savoir maintenant qui est qui…
22 octobre 2009 à 10:48
Voir l’assez drôle site de Marcel et Fils http://bit.ly/2qmNcQ parodie de réalisation #proximedia
22 octobre 2009 à 12:49
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22 octobre 2009 à 13:17
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22 octobre 2009 à 21:09
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22 octobre 2009 à 22:39
N’est ce pas normal que l’entreprise de l’année, dans une optique d’entreprise, soit celle qui ait été durant l’année un « succès commercial incontestable » ?????
Je ne vois pas bien en quoi le choix est injustifié. On adhère ou pas mais dans notre modèle de société, l’objet d’une entreprise est de faire du fric, pas de faire de la qualité, de l’humanitaire, du dévelloppement durable ou quoi que ca soit. L’entreprise de l’année est celle qui fait du fric, bon, et alors ?
23 octobre 2009 à 0:32
Kermit… Vous êtes irrésistible! Mais vous ne terminez pas vos réflexions: dans votre schéma, il s’impose de prendre en considération les proxénètes bulgares et albanais – voire même belges -, les car-jackers, le cartel de Medellin et tous les Kerviel et autres rogue traders planétaires…
Parce que non, figurez-vous, les derniers résultats annuels ne fournissent pas le critère unique d’appréciation de l’entreprise de l’année, même pour le plus ultra-libéral des ultra-libéraux.
Sur le seul plan quantitatif déjà, et en, dehors de toute considération « morale », la valeur – et a fortiori la qualité – d’une entreprise ne se mesure pas aux bénéfices qu’elle a faits – ce qui la limiterait stricto sensu à sa valeur comptable – mais à ceux qu’elle fera. Eh oui, cher ami, c’est comme ça… Et c’est même pour ça que les cours de bourse varient tous les jours!
23 octobre 2009 à 0:53
Charles, voici un article sur un sujet qui vous intéresse :
http://laplumedaliocha.wordpress.com/2009/10/22/misere-et-courtitude/
23 octobre 2009 à 13:43
Bonjour,
Les propos de Kermit me font frémir !!!
Je frémis d’autant plus quand je lis « Un esprit d’entreprise innovateur, une situation financière saine, de l’audace et de la persévérance pour assurer la croissance. » sur le site de Ernst & Young à propos de l’attribution de ce prix tant controversé.
Amicalement,
Monique
23 octobre 2009 à 19:39
@ Charles
Nous ne mesurons pas NOUS la qualité d’une entreprise à la hauteur de ses bénéfices mais il n’y a aucune raison pour que les entreprises ne se mesurent pas entre à la hauteur de ce qui fait leur essence, les bénéfices.
Quand à vos exemples, de mafiosi, de malfrats et de proxénètes, ils sont bien malhonnêtes.
« ne se mesure pas aux bénéfices qu’elle a faits mais à ceux qu’elle fera »
Parce que vous êtes devin vous maintenant ????? Et puis venir nous faire croire qu’il s’agit d’un succès éphémère, quel culot, l’entreprise a 12 ans.
24 octobre 2009 à 7:54
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22 janvier 2010 à 2:17
J’ai découvert récemment que, sous l’égide du cabinet Ernst & Young, la firme Proximedia avait été consacrée « Entreprise (francophone) de l’année 2009 ». A cet égard, je voudrais d’abord remercier E & Y d’être à l’origine de l’initiative qui a conduit à cette « consécration ». Elle a eu le mérite de provoquer un double choc : tout d’abord, tous ceux qui à un titre ou à un autre (clients de Proximedia, autres acteurs du secteur des services internet, etc) avaient des griefs vis-à-vis du lauréat se sont décidés à réagir en exprimant leur opinion au sujet de ses méthodes commerciales, de la qualité de ses produits et des tarifs pratiqués, et ensuite, du moins je l’espère, Proximedia pourrait comprendre que le temps est venu de cesser de traiter ses clients indépendants, TPE et PME avec mépris, sinon avec désinvolture.
Les réactions qu’a suscitées cette « consécration » m’ont en tout cas montré que le conflit dans lequel je suis pour ma part engagée avec Proximedia n’est pas, loin s’en faut, un cas isolé, et m’ont poussée à faire part de cette « expérience »
Voici mon histoire.
A l’automne 2007, j’ai été contactée par téléphone par un délégué commercial (DC) de la firme Proximedia, qui demande à pouvoir me rendre visite pour me présenter les produits informatiques commercialisés part sa firme.
Deux jours plus tard, le DC se présente chez moi et m’explique qu’il est venu me proposer un partenariat : la firme Proximédia mettrait à ma disposition un ordinateur et des logiciels permettant d’accéder à un superbe site web qui serait développé en collaboration par moi-même et Proximédia, site que j’utiliserais pour promouvoir mon activité. En échange, je paierais à Proximedia une mensualité fixée à 185 Euro TVAC et je remettrais à Proximedia une liste des noms de vingt personnes qui pourraient être intéressées par ses produits. Ce site web devait par ailleurs me permettre de développer mon activité.
Cette promotion m’est proposée, m’explique le DC, parce que les petites annonces que j’ai publiées pour mon activité de masseuse ont attiré l’attention par leur qualité, et que je suis par conséquent digne de figurer au nombre des clients de la firme. Mais, attention, il ne peut plus offrir cette promotion qu’à deux personnes, et si je ne saisis pas immédiatement cette opportunité, celle-ci sera définitivement perdue, il ne passera pas une deuxième fois chez moi !
Je suis intéressée par cette proposition, en particulier à cause du site internet qu’elle comporte, mais je spécifie très clairement à l’intention du DC que ce site doit être exempt de toute vulgarité et que je ne veux pas que des photos de ma personne ou de quelqu’autre personne que ce soit figurent sur les pages du site. Je pense être en mesure de préparer les éléments qui « habilleront » les pages du site, textes et éventuellement musique. A ce sujet, le DC ajoute que Proximédia m’apportera une assistance pour la préparation de ces éléments, en m’envoyant un photographe pour réaliser des photographies susceptibles d’illustrer certaines pages du site.
En suite à un appel téléphonique qu’il reçoit à ce moment, le DC me précise qu’il est pressé parce qu’il doit rapporter un médicament à son petit garçon, et qu’il ne faut donc pas faire durer les choses. Je demande à pouvoir néanmoins disposer du temps nécessaire, jusqu’au lendemain matin, pour pouvoir lire le projet de contrat à tête reposée. Le DC refuse, et il me lit alors un certain nombre de clauses du contrat qu’il me propose, surtout celles qui ont trait aux obligations de Proximedia. Il passe par contre sous silence d’autres clauses, en particulier celle prescrivant les conditions de résiliation éventuelle du contrat avant le terme de 4 ans, durée de validité du contrat qui me lierait à Proximédia. Il met ensuite sous mes yeux la page du contrat sur laquelle je dois apposer ma signature. Au moment où je m’apprête à signer, le DC demande que le contrat soit conclu sous couvert d’une société, parce que « cela faciliterait les choses », en particulier la mise à disposition de l’ordinateur et des logiciels qui l’accompagnent. Sous la pression exercée par le DC, j’accepte que le contrat soit conclu de mon côté par une société dont je suis propriétaire. Je lui fais quand même remarquer que les activités de cette société n’ont aucun rapport avec mon activité personnelle et que dans le chef de la société, il peut y avoir incompatibilité entre les activités prévues par les statuts de la société et mon activité propre, mais le DC m’affirme que cela n’a pas d’importance. Je me résous finalement à signer.
J’ai appris plus tard, ce que le DC s’était bien gardé de me dire, que Proximedia ne concluait de contrats qu’avec des sociétés, SA ou SPRL, parce qu’ainsi, une fois le contrat signé, le client n’a plus aucune possibilité de se rétracter et Proximedia ne court plus aucun risque, même si la travail produit est calamiteux !
Trois jours plus tard, le DC se représente chez moi : il a appris que ma société n’était pas tout à fait en ordre au point de vue fiscal à cette époque. En conséquence, Proximedia me refuse la mise à disposition de l’ordinateur et de ses logiciels, et le DC apporte une nouvelle version du contrat que je devrais signer, ma société étant toujours le contractant. Le contrat ne porterait plus que sur le développement, l’hébergement et la maintenance du site web, et le montant de la redevance mensuelle est ramené à 165€.
En mon absence, le DC demande à l’administrateur de la société présent à ce moment de signer. Celui-ci lui fait remarquer qu’il n’a pas le pouvoir d’engager ma société, mais le DC lui affirme que dans le cas présent sa signature suffira. Après bien des hésitations, et sur l’insistance du DC – le temps presse affirme-t-il – l’administrateur signe finalement la nouvelle version du contrat.
Deux semaines plus tard, je reçois de Proximédia par courriel un projet de page d’accueil pour mon futur site web. Quelle déception : laideur, vulgarité sont les seuls mots qui conviennent pour qualifier cette proposition ! Clairement, les exigences fondamentales que j’avais formulées à l’intention du DC à propos du futur site étaient restées lettres mortes, si tant est qu’elles aient effectivement été transmises par le DC aux techniciens chargés de la réalisation. J’envoie un courriel à Proximédia pour signifier que la proposition de page d’accueil du site web ne convient absolument pas. Proximédia en accuse réception le 20 novembre. Au vu de cette proposition de page d’accueil, je commence douter de la possibilité de créer un site acceptable sur base d’une collaboration avec Proximédia.
Peu de temps après, je me vois systématiquement harcelée par des appels téléphoniques de techniciens de Proximédia s’insurgeant contre les critiques formulées à l’égard de leur projet de page d’accueil et demandant ce qu’ils devaient faire. Je leur ai expliqué qu’il fallait que le DC revienne me voir : je voulais discuter avec lui de cette fameuse page, et aussi de la venue du photographe qu’il m’avait promise, parce que n’ayant pas personnellement les compétences et le matériel nécessaire, j’étais dans l’impossibilité de prendre moi-même les photos nécessaires et par conséquent de remettre à Proximedia l’ensemble des éléments utiles au développement du site web. A cette même époque, un proche membre de ma famille s’est trouvé en soins palliatifs et est décédé quelque temps plus tard, ce qui m’a poussée à demander un délai de préparation supplémentaire.
A cette époque déjà, je me demandais en fait comment pouvoir me dégager de l’engagement souscrit vis-à-vis de Proximédia : le projet déjà reçu et les conversations téléphoniques avec ces techniciens, tous différents, très jeunes – vraisemblablement étrangers (sous-traitants tunisiens de Proximedia ?), avec numéros de téléphone masqués (pourquoi ?) – et peu soucieux du design du futur site, me portaient à estimer que les promesses du DC quant à la qualité du site que Proximedia me développerait risquaient de ne pas être tenues.
De surcroît, le DC lui-même avait disparu depuis la seconde signature du contrat et demeurait parfaitement injoignable. J’attends encore toujours ce photographe qui aurait dû m’assister pour la réalisation des illustrations de mon site.
En tout cas, curieux « partenariat » que celui-là, dans lequel je n’ai pour interlocuteurs que des petites mains pas très compétentes, et aucun responsable de Proximedia ne semble vouloir s’impliquer. D’ailleurs, pourquoi l’auraient-ils fait, puisque d’une manière ou d’une autre ils sont assurés d’être payés, et que je n’étais probablement pas un client suffisamment important à leurs yeux pour qu’ils estiment nécessaire de me consacrer un tant soit peu de leur précieux temps.
En janvier 2008, je résilie la domiciliation bancaire en faveur de Proximedia et je mets cette affaire entre les mains de mon avocat en vue d’obtenir la résiliation du contrat.
La demande de résiliation sans indemnisation – la justification étant que Proximedia ne m’a pas apporté l’assistance promise et n’a pas été capable de produire un projet de page d’accueil acceptable et qu’en conséquence je n’ai pas l’assurance d’obtenir un travail satisfaisant de sa part – fait l’objet d’une fin de non recevoir. Afin d’éviter de devoir supporter l’indemnité de résiliation, quelque 6.000€, en mars 2008, nous proposons d’essayer d’activer quand même le contrat. Ici encore refus de Proximedia : pour cette société, il est évidemment beaucoup plus intéressant d’encaisser l’indemnité de résiliation sans devoir effectuer le travail prévu, d’autant plus que je leur apparaissais comme une cliente difficile quant à la qualité du produit. Pour m’intimider, sont jointes au courrier de refus les copies de deux « beaux » jugements déjà prononcés à l’encontre de deux autres clients récalcitrants, un architecte et un courtier en assurances, pour des motifs soit disant similaires. C’est David contre Goliath, le pot de terre contre le pot de fer !
En septembre 2008, ma société est assignée par les avocats de Proximedia à comparaître devant le Tribunal de Commerce. La formule de l’assignation n’est visiblement qu’un copié collé d’une formule déjà utilisée pour des occasions semblables, sur lequel ont simplement été transcrits les nom et adresse de ma société. Selon l’assignation, celle-ci devrait être condamnée à restituer du matériel informatique et des logiciels qui n’ont jamais été mis à disposition, à payer les prestations déjà fournies, alors qu’à ce jour ces prestations ne méritent même pas d’être mentionnées, et à payer l’indemnité de résiliation. Autrement dit, les avocats n’avaient pris la peine ni de lire le contrat, ni de prendre connaissance du dossier. Selon ces mêmes avocats, la cause est évidente, le jugement devrait être prononcé dans le cadre d’une procédure accélérée, et ne nécessiter qu’une seule audience.
Les erreurs de l’assignation à comparaître ont valu à leurs auteurs d’être priés de revoir leur copie, ce qui nous a permis d’affuter nos arguments en vue des audiences ultérieures. « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ». L’affaire est encore en cours actuellement. Je vous tiendrai au courant.
Résultat final : le site web promis n’existe toujours pas, et au lieu de me rapporter de l’argent, il m’en coûte, en particulier parce que j’ai été obligée de faire appel à l’assistance d’un avocat.
Les responsables de Proximedia nous diront peut-être que, grâce à de telles pratiques, ils procurent du travail à quelque 350 personnes (dont combien à l’étranger ?). Je veux bien, mais à la condition qu’ils nous disent aussi combien de PME, de TPE et d’indépendants de tous les secteurs d’activité possibles ils ont mis dans l’embarras, ou pire, avec de telles pratiques, étant donné qu’à l’évidence mon cas n’est pas seul dans son genre !
J’exhorte ici tous ceux qui, comme moi, ont ou auront ainsi été abusés, méprisés, harcelés, à ne pas se laisser intimider, à dénoncer les pratiques dont ils ont été victimes et à continuer à se battre. Nous devons croire en la justice, elle finit toujours par triompher pour ceux qui sont dans leur droit.
Et je remercie encore une fois E & Y : grâce à son initiative, Proximedia devra changer d’attitude à l’égard de ses « petits » clients.
20 février 2010 à 16:01
Monsieur Bricman,
Je vous adresse ci-dessous copie d’un « témoignage » adressé à Test-Achats le 24 janvier dernier. Je vous laisse juge de l’opportunité de le publier sur ce blog.
Salutations distinguées.
La Castafiore
« Madame, Monsieur,
Il y a près de deux ans, j’ai informé une personne de votre service juridique au sujet de litiges opposant firme Proximedia à certains de ses clients, litiges qui résultaient principalement des pratiques commerciales douteuses de cette société. Il m’a été répondu qu’il n’y avait rien à faire dans ces cas là parce que ce sont des litiges entre sociétés, et que dans de tels cas, les contractants sont irrévocablement engagés dès signature, quelque douteuse qu’ait été la manière dont les acheteurs ont été amenés à accepter de signer. Ils n’ont pas comme les consommateurs privés la possibilité pendant un certain temps de se rétracter.
Aujourd’hui, comme suite à la consécration de Proximedia en tant qu’ « Entreprise francophone de l’année 2009 », les langues se sont déliées : tous secteurs d’activité confondus, ce sont plusieurs centaines de clients, indépendants, TPE et PME qui se plaignent des pratiques de cette société. Certains ont eu le courage d’aller se défendre devant les tribunaux, d’autres se sont laisser intimider et ont continué à payer pour des services de peu d’utilité, ou ont dû payer d’exorbitantes indemnités de résiliation de leur contrat, ce qui leur a souvent valu de se retrouver dans des situations financières difficiles ou même inextricables.
Pour Proximedia, la résiliation des contrats est d’ailleurs à court terme une opération intéressante eu égard aux montants des indemnités perçues et au fait que le travail prévu ne doit pas être effectué. A croire que les contrats, que ses délégués commerciaux arrivent quasiment à imposer à des clients malheureusement peu avertis, sont surtout rédigés dans cette perspective. Au point que ses avocats sont surchargés de travail et n’ont même plus le temps de rédiger correctement les assignations à comparaître.
Ce qui est tout aussi inquiétant est le fait que chez Proximedia, les employés sont plus occupés à rechercher des signatures de contrats et à régler des contentieux qu’à produire du travail technique.
Lorsque cette affaire se trouvera en pleine lumière, et cela ne saurait tarder, vos affiliés se demanderont peut-être pourquoi Test Achats n’est pas monté en première ligne, comme ce fut le cas à maintes autres occasions. Parce qu’enfin, si l’on dépasse un tant soit peu le vocable un peu abstrait des conflits juridiques entre sociétés, ce sont des centaines de responsables de TPE et de PME,et d’indépendants, qui cherchent en vain des solutions à des problèmes vis-à-vis desquels ils sont désarmés et des personnes de bon conseil à qui s’adresser.
Ce serait me semble-t-il faillir à votre mission que de rester silencieux dans de telles circonstances. Qu’attendez-vous ? »
20 février 2010 à 16:46
En complément à mon post précédent, je dois ajouter qu’après l’envoi de ce témoignage à Test-Achats, j’ai été contactée à ce sujet par un repsonsable de TA. De cette conversation, il est ressorti entre autres que si un nombre suffisant de clients « mécontents » lui faisait part de ses doléances à l’égard de Proximedia, TA pourrait éventuellement « monter au créneau » dans le sens suggéré.
La Castafiore
21 février 2010 à 15:22
Une dernière précision pour éviter toute ambiguïté dans la compréhension de mes deux posts précédents: je confirme être l’auteure du « témoignage » en question, lequel m’a été inspiré par le litige opposant ma société à Proximedia, ainsi que par les réactions d’autres clients de Proximedia à l’annonce de sa « consécration » en tant qu’ »Entreprise francophone de l’année Z009″.
La Castafiore
22 février 2010 à 0:17
J’ai parcouru beaucoup des réactions et des commentaires suscités par la consécration de Proximedia en tant qu’Entreprise francophone de l’Année 2009. Ceux de La Castafiore nous apportent ENFIN des faits concrets, et non plus des accusations souvent peu ou pas du tout étayées sinon de simples insultes. Ces faits, et leur enchaînement, mettent bien en évidence les pratiques douteuses grâce auxquelles Proximedia a obtenu cette consécration.
Les commentaires et témoignage de la Castafiore ont aussi le très grand mérite de faire ressortir que les victimes de ces pratiques se recrutent principalement parmi les acteurs économiques les plus vulnérables (Indépendants, TPE, PME), de par leur taille et parce qu’ils sont les moins bien armés face à ce genre de pratiques : manque de compétences au point de vue juridique, peu disponibles parce qu’absorbés par les problèmes journaliers de leur activité, bien souvent préoccupés par leur situation financière… Pour eux, les conséquences de ces pratiques au plan financier peuvent être particulièrement meurtrières en cas de résiliation de leur contrat avec Proximedia. Cela me semble beaucoup plus grave que les querelles de clocher entre prestataires de services liés à l’internet, querelles qui ont souvent fait l’objet des commentaires de cette consécration !
Bravo à La Castafiore pour sa clairvoyance et la pertinence de ses observations.