De nombreux professionnels du web se sont étranglés en apprenant qu’un des leurs a été choisi comme « entreprise de l’année 2009″ par Ernst & Young. Jalousie? Un peu sans doute mais il faut bien dire que Proximedia, malgré son succès commercial incontestable et son statut de star du Marché Libre qui n’en compte pas trop, est un peu au Net ce que les vendeurs d’aspirateurs à domicile sont à l’électroménager. S’appuyant sur de redoutables escouades de Séraphin Lampion, la boîte, qui fait figure de cash-cow potentielle pour ses actionnaires, s’est spécialisée dans la vente de sites internet à tous, même ceux qui n’en ont pas besoin, du boucher du coin au teinturier du quartier.

C’est un business model un peu fragile, qui n’aura qu’un temps. Proximedia le sait et s’est donc diversifiée, par croissance externe notamment: il y a quelque temps, la firme a racheté Globule Bleu, une web agency liégeoise qui vise plutôt les grands comptes. Et la politique.  C’est en effet de là que vient un des spin doctors de Didier Reynders, le MR étant par ailleurs un des gros clients de la société, avec son site web, ceux de ses candidats lors des joutes électorales et la MR TV.

Il est donc bien normal que le ministre des Finances ait été retenu pour remettre son prix à Fabrice Wuyts, le CEO de Proximedia. C’est comme ça qu’on fonctionne, en Wallonie. Amon nos’ôtes.

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29 Réponses to “L’entreprise de l’année connaît la musique”

  1. Nicolas dit :

    Bravo. Pertinent, bref et concrètement résumé.

    L’affaire n’est cependant, selon moi, pas induite par une jalousie sectorielle acide. Il s’agit vraiment de ne pas « pousser » le secteur (via des prix et une mise en avant médiatique) vers de l’inconscience commerciale alors que beaucoup font de l’Or avec des poussières. Ceci fait office d’exemple, voire de jurisprudence, dans le secteur de création web, nos clients vont par exemple se demander pourquoi nous n’appliquons pas nous aussi ce business modèle vicieux.

    Ils ne le méritent pas d’après nous. Si le CA était le seul critère, pourquoi avoir besoin d’un jury?

    Tout de même dingue qu’ils arrivent à faire fermer un groupe Facebook…

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  5. Tanguy dit :

    Pour avoir un peu suivi la polémique, je réalise qu’il y a quelqu’un dont on ne parle pas bcp dans cette histoire, c’est Ernst & Young. Sortent-ils grandis ou affaiblis de cette histoire? Comme ils sont peu critiqués en frontal, j’aurais tendance à penser qu’ils en sortent confortés dans leur statut d’ « entreprise de référence ». Car la critique ne se pose que sur le fait qu’Ernst & Young ait décerné cette année ce prix à celui-là ; et non sur le fait que cette société ne serait finalement pas une entreprise de référence sachant débusquer les vrais talents (ce qu’au demeurant elle est sans doute). Seul un prix décerné par un organisme incontournable peut faire des vagues.

    Proximedia et Obama, même combat? Hm, à la différence près, peut-être, qu’on a dit de l’un que le prix qu’il avait reçu était prématuré et qu’on peut augurer de l’autre qu’il se le sera jamais, prématuré. Allez savoir maintenant qui est qui…

  6. Mathieu dit :

    Voir l’assez drôle site de Marcel et Fils http://bit.ly/2qmNcQ parodie de réalisation #proximedia

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  8. [...] This post was Twitted by robertviseur [...]

  9. [...] This post was Twitted by mathiasbeke [...]

  10. Kermit dit :

    N’est ce pas normal que l’entreprise de l’année, dans une optique d’entreprise, soit celle qui ait été durant l’année un « succès commercial incontestable » ?????

    Je ne vois pas bien en quoi le choix est injustifié. On adhère ou pas mais dans notre modèle de société, l’objet d’une entreprise est de faire du fric, pas de faire de la qualité, de l’humanitaire, du dévelloppement durable ou quoi que ca soit. L’entreprise de l’année est celle qui fait du fric, bon, et alors ?

  11. Charles Bricman dit :

    Kermit… Vous êtes irrésistible! Mais vous ne terminez pas vos réflexions: dans votre schéma, il s’impose de prendre en considération les proxénètes bulgares et albanais – voire même belges -, les car-jackers, le cartel de Medellin et tous les Kerviel et autres rogue traders planétaires…

    Parce que non, figurez-vous, les derniers résultats annuels ne fournissent pas le critère unique d’appréciation de l’entreprise de l’année, même pour le plus ultra-libéral des ultra-libéraux.

    Sur le seul plan quantitatif déjà, et en, dehors de toute considération « morale », la valeur – et a fortiori la qualité – d’une entreprise ne se mesure pas aux bénéfices qu’elle a faits – ce qui la limiterait stricto sensu à sa valeur comptable – mais à ceux qu’elle fera. Eh oui, cher ami, c’est comme ça… Et c’est même pour ça que les cours de bourse varient tous les jours!

  12. BrunoK dit :

    Charles, voici un article sur un sujet qui vous intéresse :
    http://laplumedaliocha.wordpress.com/2009/10/22/misere-et-courtitude/

  13. Monique dit :

    Bonjour,

    Les propos de Kermit me font frémir !!!
    Je frémis d’autant plus quand je lis « Un esprit d’entreprise innovateur, une situation financière saine, de l’audace et de la persévérance pour assurer la croissance. » sur le site de Ernst & Young à propos de l’attribution de ce prix tant controversé.

    Amicalement,
    Monique

  14. Kermit dit :

    @ Charles

    Nous ne mesurons pas NOUS la qualité d’une entreprise à la hauteur de ses bénéfices mais il n’y a aucune raison pour que les entreprises ne se mesurent pas entre à la hauteur de ce qui fait leur essence, les bénéfices.

    Quand à vos exemples, de mafiosi, de malfrats et de proxénètes, ils sont bien malhonnêtes.

    « ne se mesure pas aux bénéfices qu’elle a faits mais à ceux qu’elle fera »

    Parce que vous êtes devin vous maintenant ????? Et puis venir nous faire croire qu’il s’agit d’un succès éphémère, quel culot, l’entreprise a 12 ans.

  15. Social comments and analytics for this post…

    This post was mentioned on Twitter by Marynett: RT @fdantinne A lire : L’avis de Charles sur l’affaire #Proximedia : http://bit.ly/4FFQZz...

  16. La Castafiore dit :

    J’ai découvert récemment que, sous l’égide du cabinet Ernst & Young, la firme Proximedia avait été consacrée « Entreprise (francophone) de l’année 2009 ». A cet égard, je voudrais d’abord remercier E & Y d’être à l’origine de l’initiative qui a conduit à cette « consécration ». Elle a eu le mérite de provoquer un double choc : tout d’abord, tous ceux qui à un titre ou à un autre (clients de Proximedia, autres acteurs du secteur des services internet, etc) avaient des griefs vis-à-vis du lauréat se sont décidés à réagir en exprimant leur opinion au sujet de ses méthodes commerciales, de la qualité de ses produits et des tarifs pratiqués, et ensuite, du moins je l’espère, Proximedia pourrait comprendre que le temps est venu de cesser de traiter ses clients indépendants, TPE et PME avec mépris, sinon avec désinvolture.
    Les réactions qu’a suscitées cette « consécration » m’ont en tout cas montré que le conflit dans lequel je suis pour ma part engagée avec Proximedia n’est pas, loin s’en faut, un cas isolé, et m’ont poussée à faire part de cette « expérience »
    Voici mon histoire.
    A l’automne 2007, j’ai été contactée par téléphone par un délégué commercial (DC) de la firme Proximedia, qui demande à pouvoir me rendre visite pour me présenter les produits informatiques commercialisés part sa firme.
    Deux jours plus tard, le DC se présente chez moi et m’explique qu’il est venu me proposer un partenariat : la firme Proximédia mettrait à ma disposition un ordinateur et des logiciels permettant d’accéder à un superbe site web qui serait développé en collaboration par moi-même et Proximédia, site que j’utiliserais pour promouvoir mon activité. En échange, je paierais à Proximedia une mensualité fixée à 185 Euro TVAC et je remettrais à Proximedia une liste des noms de vingt personnes qui pourraient être intéressées par ses produits. Ce site web devait par ailleurs me permettre de développer mon activité.
    Cette promotion m’est proposée, m’explique le DC, parce que les petites annonces que j’ai publiées pour mon activité de masseuse ont attiré l’attention par leur qualité, et que je suis par conséquent digne de figurer au nombre des clients de la firme. Mais, attention, il ne peut plus offrir cette promotion qu’à deux personnes, et si je ne saisis pas immédiatement cette opportunité, celle-ci sera définitivement perdue, il ne passera pas une deuxième fois chez moi !
    Je suis intéressée par cette proposition, en particulier à cause du site internet qu’elle comporte, mais je spécifie très clairement à l’intention du DC que ce site doit être exempt de toute vulgarité et que je ne veux pas que des photos de ma personne ou de quelqu’autre personne que ce soit figurent sur les pages du site. Je pense être en mesure de préparer les éléments qui « habilleront » les pages du site, textes et éventuellement musique. A ce sujet, le DC ajoute que Proximédia m’apportera une assistance pour la préparation de ces éléments, en m’envoyant un photographe pour réaliser des photographies susceptibles d’illustrer certaines pages du site.
    En suite à un appel téléphonique qu’il reçoit à ce moment, le DC me précise qu’il est pressé parce qu’il doit rapporter un médicament à son petit garçon, et qu’il ne faut donc pas faire durer les choses. Je demande à pouvoir néanmoins disposer du temps nécessaire, jusqu’au lendemain matin, pour pouvoir lire le projet de contrat à tête reposée. Le DC refuse, et il me lit alors un certain nombre de clauses du contrat qu’il me propose, surtout celles qui ont trait aux obligations de Proximedia. Il passe par contre sous silence d’autres clauses, en particulier celle prescrivant les conditions de résiliation éventuelle du contrat avant le terme de 4 ans, durée de validité du contrat qui me lierait à Proximédia. Il met ensuite sous mes yeux la page du contrat sur laquelle je dois apposer ma signature. Au moment où je m’apprête à signer, le DC demande que le contrat soit conclu sous couvert d’une société, parce que « cela faciliterait les choses », en particulier la mise à disposition de l’ordinateur et des logiciels qui l’accompagnent. Sous la pression exercée par le DC, j’accepte que le contrat soit conclu de mon côté par une société dont je suis propriétaire. Je lui fais quand même remarquer que les activités de cette société n’ont aucun rapport avec mon activité personnelle et que dans le chef de la société, il peut y avoir incompatibilité entre les activités prévues par les statuts de la société et mon activité propre, mais le DC m’affirme que cela n’a pas d’importance. Je me résous finalement à signer.
    J’ai appris plus tard, ce que le DC s’était bien gardé de me dire, que Proximedia ne concluait de contrats qu’avec des sociétés, SA ou SPRL, parce qu’ainsi, une fois le contrat signé, le client n’a plus aucune possibilité de se rétracter et Proximedia ne court plus aucun risque, même si la travail produit est calamiteux !
    Trois jours plus tard, le DC se représente chez moi : il a appris que ma société n’était pas tout à fait en ordre au point de vue fiscal à cette époque. En conséquence, Proximedia me refuse la mise à disposition de l’ordinateur et de ses logiciels, et le DC apporte une nouvelle version du contrat que je devrais signer, ma société étant toujours le contractant. Le contrat ne porterait plus que sur le développement, l’hébergement et la maintenance du site web, et le montant de la redevance mensuelle est ramené à 165€.
    En mon absence, le DC demande à l’administrateur de la société présent à ce moment de signer. Celui-ci lui fait remarquer qu’il n’a pas le pouvoir d’engager ma société, mais le DC lui affirme que dans le cas présent sa signature suffira. Après bien des hésitations, et sur l’insistance du DC – le temps presse affirme-t-il – l’administrateur signe finalement la nouvelle version du contrat.
    Deux semaines plus tard, je reçois de Proximédia par courriel un projet de page d’accueil pour mon futur site web. Quelle déception : laideur, vulgarité sont les seuls mots qui conviennent pour qualifier cette proposition ! Clairement, les exigences fondamentales que j’avais formulées à l’intention du DC à propos du futur site étaient restées lettres mortes, si tant est qu’elles aient effectivement été transmises par le DC aux techniciens chargés de la réalisation. J’envoie un courriel à Proximédia pour signifier que la proposition de page d’accueil du site web ne convient absolument pas. Proximédia en accuse réception le 20 novembre. Au vu de cette proposition de page d’accueil, je commence douter de la possibilité de créer un site acceptable sur base d’une collaboration avec Proximédia.
    Peu de temps après, je me vois systématiquement harcelée par des appels téléphoniques de techniciens de Proximédia s’insurgeant contre les critiques formulées à l’égard de leur projet de page d’accueil et demandant ce qu’ils devaient faire. Je leur ai expliqué qu’il fallait que le DC revienne me voir : je voulais discuter avec lui de cette fameuse page, et aussi de la venue du photographe qu’il m’avait promise, parce que n’ayant pas personnellement les compétences et le matériel nécessaire, j’étais dans l’impossibilité de prendre moi-même les photos nécessaires et par conséquent de remettre à Proximedia l’ensemble des éléments utiles au développement du site web. A cette même époque, un proche membre de ma famille s’est trouvé en soins palliatifs et est décédé quelque temps plus tard, ce qui m’a poussée à demander un délai de préparation supplémentaire.
    A cette époque déjà, je me demandais en fait comment pouvoir me dégager de l’engagement souscrit vis-à-vis de Proximédia : le projet déjà reçu et les conversations téléphoniques avec ces techniciens, tous différents, très jeunes – vraisemblablement étrangers (sous-traitants tunisiens de Proximedia ?), avec numéros de téléphone masqués (pourquoi ?) – et peu soucieux du design du futur site, me portaient à estimer que les promesses du DC quant à la qualité du site que Proximedia me développerait risquaient de ne pas être tenues.
    De surcroît, le DC lui-même avait disparu depuis la seconde signature du contrat et demeurait parfaitement injoignable. J’attends encore toujours ce photographe qui aurait dû m’assister pour la réalisation des illustrations de mon site.
    En tout cas, curieux « partenariat » que celui-là, dans lequel je n’ai pour interlocuteurs que des petites mains pas très compétentes, et aucun responsable de Proximedia ne semble vouloir s’impliquer. D’ailleurs, pourquoi l’auraient-ils fait, puisque d’une manière ou d’une autre ils sont assurés d’être payés, et que je n’étais probablement pas un client suffisamment important à leurs yeux pour qu’ils estiment nécessaire de me consacrer un tant soit peu de leur précieux temps.
    En janvier 2008, je résilie la domiciliation bancaire en faveur de Proximedia et je mets cette affaire entre les mains de mon avocat en vue d’obtenir la résiliation du contrat.
    La demande de résiliation sans indemnisation – la justification étant que Proximedia ne m’a pas apporté l’assistance promise et n’a pas été capable de produire un projet de page d’accueil acceptable et qu’en conséquence je n’ai pas l’assurance d’obtenir un travail satisfaisant de sa part – fait l’objet d’une fin de non recevoir. Afin d’éviter de devoir supporter l’indemnité de résiliation, quelque 6.000€, en mars 2008, nous proposons d’essayer d’activer quand même le contrat. Ici encore refus de Proximedia : pour cette société, il est évidemment beaucoup plus intéressant d’encaisser l’indemnité de résiliation sans devoir effectuer le travail prévu, d’autant plus que je leur apparaissais comme une cliente difficile quant à la qualité du produit. Pour m’intimider, sont jointes au courrier de refus les copies de deux « beaux » jugements déjà prononcés à l’encontre de deux autres clients récalcitrants, un architecte et un courtier en assurances, pour des motifs soit disant similaires. C’est David contre Goliath, le pot de terre contre le pot de fer !
    En septembre 2008, ma société est assignée par les avocats de Proximedia à comparaître devant le Tribunal de Commerce. La formule de l’assignation n’est visiblement qu’un copié collé d’une formule déjà utilisée pour des occasions semblables, sur lequel ont simplement été transcrits les nom et adresse de ma société. Selon l’assignation, celle-ci devrait être condamnée à restituer du matériel informatique et des logiciels qui n’ont jamais été mis à disposition, à payer les prestations déjà fournies, alors qu’à ce jour ces prestations ne méritent même pas d’être mentionnées, et à payer l’indemnité de résiliation. Autrement dit, les avocats n’avaient pris la peine ni de lire le contrat, ni de prendre connaissance du dossier. Selon ces mêmes avocats, la cause est évidente, le jugement devrait être prononcé dans le cadre d’une procédure accélérée, et ne nécessiter qu’une seule audience.
    Les erreurs de l’assignation à comparaître ont valu à leurs auteurs d’être priés de revoir leur copie, ce qui nous a permis d’affuter nos arguments en vue des audiences ultérieures. « Ce n’est qu’un début, continuons le combat ». L’affaire est encore en cours actuellement. Je vous tiendrai au courant.
    Résultat final : le site web promis n’existe toujours pas, et au lieu de me rapporter de l’argent, il m’en coûte, en particulier parce que j’ai été obligée de faire appel à l’assistance d’un avocat.
    Les responsables de Proximedia nous diront peut-être que, grâce à de telles pratiques, ils procurent du travail à quelque 350 personnes (dont combien à l’étranger ?). Je veux bien, mais à la condition qu’ils nous disent aussi combien de PME, de TPE et d’indépendants de tous les secteurs d’activité possibles ils ont mis dans l’embarras, ou pire, avec de telles pratiques, étant donné qu’à l’évidence mon cas n’est pas seul dans son genre !
    J’exhorte ici tous ceux qui, comme moi, ont ou auront ainsi été abusés, méprisés, harcelés, à ne pas se laisser intimider, à dénoncer les pratiques dont ils ont été victimes et à continuer à se battre. Nous devons croire en la justice, elle finit toujours par triompher pour ceux qui sont dans leur droit.
    Et je remercie encore une fois E & Y : grâce à son initiative, Proximedia devra changer d’attitude à l’égard de ses « petits » clients.

  17. La Castafiore dit :

    Monsieur Bricman,
    Je vous adresse ci-dessous copie d’un « témoignage » adressé à Test-Achats le 24 janvier dernier. Je vous laisse juge de l’opportunité de le publier sur ce blog.
    Salutations distinguées.
    La Castafiore
    « Madame, Monsieur,
    Il y a près de deux ans, j’ai informé une personne de votre service juridique au sujet de litiges opposant firme Proximedia à certains de ses clients, litiges qui résultaient principalement des pratiques commerciales douteuses de cette société. Il m’a été répondu qu’il n’y avait rien à faire dans ces cas là parce que ce sont des litiges entre sociétés, et que dans de tels cas, les contractants sont irrévocablement engagés dès signature, quelque douteuse qu’ait été la manière dont les acheteurs ont été amenés à accepter de signer. Ils n’ont pas comme les consommateurs privés la possibilité pendant un certain temps de se rétracter.
    Aujourd’hui, comme suite à la consécration de Proximedia en tant qu’ « Entreprise francophone de l’année 2009 », les langues se sont déliées : tous secteurs d’activité confondus, ce sont plusieurs centaines de clients, indépendants, TPE et PME qui se plaignent des pratiques de cette société. Certains ont eu le courage d’aller se défendre devant les tribunaux, d’autres se sont laisser intimider et ont continué à payer pour des services de peu d’utilité, ou ont dû payer d’exorbitantes indemnités de résiliation de leur contrat, ce qui leur a souvent valu de se retrouver dans des situations financières difficiles ou même inextricables.
    Pour Proximedia, la résiliation des contrats est d’ailleurs à court terme une opération intéressante eu égard aux montants des indemnités perçues et au fait que le travail prévu ne doit pas être effectué. A croire que les contrats, que ses délégués commerciaux arrivent quasiment à imposer à des clients malheureusement peu avertis, sont surtout rédigés dans cette perspective. Au point que ses avocats sont surchargés de travail et n’ont même plus le temps de rédiger correctement les assignations à comparaître.
    Ce qui est tout aussi inquiétant est le fait que chez Proximedia, les employés sont plus occupés à rechercher des signatures de contrats et à régler des contentieux qu’à produire du travail technique.
    Lorsque cette affaire se trouvera en pleine lumière, et cela ne saurait tarder, vos affiliés se demanderont peut-être pourquoi Test Achats n’est pas monté en première ligne, comme ce fut le cas à maintes autres occasions. Parce qu’enfin, si l’on dépasse un tant soit peu le vocable un peu abstrait des conflits juridiques entre sociétés, ce sont des centaines de responsables de TPE et de PME,et d’indépendants, qui cherchent en vain des solutions à des problèmes vis-à-vis desquels ils sont désarmés et des personnes de bon conseil à qui s’adresser.
    Ce serait me semble-t-il faillir à votre mission que de rester silencieux dans de telles circonstances. Qu’attendez-vous ? »

  18. La Castafiore dit :

    En complément à mon post précédent, je dois ajouter qu’après l’envoi de ce témoignage à Test-Achats, j’ai été contactée à ce sujet par un repsonsable de TA. De cette conversation, il est ressorti entre autres que si un nombre suffisant de clients « mécontents » lui faisait part de ses doléances à l’égard de Proximedia, TA pourrait éventuellement « monter au créneau » dans le sens suggéré.
    La Castafiore

  19. La Castafiore dit :

    Une dernière précision pour éviter toute ambiguïté dans la compréhension de mes deux posts précédents: je confirme être l’auteure du « témoignage » en question, lequel m’a été inspiré par le litige opposant ma société à Proximedia, ainsi que par les réactions d’autres clients de Proximedia à l’annonce de sa « consécration » en tant qu’ »Entreprise francophone de l’année Z009″.
    La Castafiore

  20. Alfonse dit :

    J’ai parcouru beaucoup des réactions et des commentaires suscités par la consécration de Proximedia en tant qu’Entreprise francophone de l’Année 2009. Ceux de La Castafiore nous apportent ENFIN des faits concrets, et non plus des accusations souvent peu ou pas du tout étayées sinon de simples insultes. Ces faits, et leur enchaînement, mettent bien en évidence les pratiques douteuses grâce auxquelles Proximedia a obtenu cette consécration.

    Les commentaires et témoignage de la Castafiore ont aussi le très grand mérite de faire ressortir que les victimes de ces pratiques se recrutent principalement parmi les acteurs économiques les plus vulnérables (Indépendants, TPE, PME), de par leur taille et parce qu’ils sont les moins bien armés face à ce genre de pratiques : manque de compétences au point de vue juridique, peu disponibles parce qu’absorbés par les problèmes journaliers de leur activité, bien souvent préoccupés par leur situation financière… Pour eux, les conséquences de ces pratiques au plan financier peuvent être particulièrement meurtrières en cas de résiliation de leur contrat avec Proximedia. Cela me semble beaucoup plus grave que les querelles de clocher entre prestataires de services liés à l’internet, querelles qui ont souvent fait l’objet des commentaires de cette consécration !

    Bravo à La Castafiore pour sa clairvoyance et la pertinence de ses observations.

  21. Triste dit :

    Comment est-ce possible d’agir de la sorte? De voler de pauvres gens! Aujourd’hui ils viennent avec la société beup.be pour soit disant bien référencé le site Internet de futurs victimes potentiels. Combien tomberont dans le panneau?

    Leurs systéme, leurs acount manager et les jeunes qui réalisent des sites participent au escrocs de l’Internet! pire qu’au Niger, où chacun à sa maniére essai de voler de voler et encore de voler d’honnêtes citoyens!

    Et en plus de cela ils utilisent des CMS, car incapable de faire de vrais site Internet (excepté la communauté Globule Bleu, qui certes contient aussi des bras cassés que je ne citerai pas)!

  22. Chère Castafiore

    Je vous souhaite bien du courage car je sais que quand on subit une injustice face à un building organisé et malhonnête ,on a envie de hurler et le moral ainsi que la santé en prennent un sérieux coup!
    J’en ai fais les frais dans un tout autre domaine.La colère et le chagrin ne font pas bon ménage.
    Courage!
    Bien respectueusement
    Micheline.

  23. La Castafiore dit :

    Merci Micheline pour vos encouragements. Vous avez raison lorsque vous parlez de building malhonnête et organisé.
    Mais rassurez vous, je suis solide, j’ai consacré et je consacrerai toute mon énergie à me battre pour obtenir gain de cause. Et je pense aussi à tous ceux qui ne dorment plus à cause des Proximédias, qui ne savent pas comment se sortir du guêpier dans lequel ils ont été entraînés… Je veux leur crier : battez vous, demandez conseil à un avocat, réclamez justice, groupez vous pour être plus forts.
    Vous-même Micheline, faites parler votre colère, sachez en faire une arme efficace.
    Heureusement qu’internet et des gens comme Ch. Bricman nous ont donné la possibilité de nous exprimer et de dialoguer : cela nous fait du bien de sentir que nous ne sommes pas seuls.

  24. La Castafiore dit :

    Triste,
    Je viens de prendre connaissance de votre message. Grâce à celui-ci, vous me mettez au courant des nouvelles manoeuvres de Proximédia. Je dois dire qu’elles ne m’étonnent pas vraiment.
    Mais, s’il vous plait Triste, trouvez-vous un pseudonyme qui ne suggère pas la résignation!
    Meilleures salutations.
    La Castafiore

  25. Desperado dit :

    Je voudrais revenir sur le cas de ceux, trop nombreux, qui ne sont pas satisfaits du site que leur a développé Proximédia. Souvent, ils ne veulent pas s’exposer à devoir payer des indemnités exorbitantes de résiliation de leur contrat et préfèrent continuer à payer les mensualités contractuelles. Alors qu’un mauvais site web peut être contreproductif : dans un tel cas, il vaut souvent mieux ne pas avoir de site web.
    Mais dans un tel cas de figure, comment faire valoir que le produit qu’ils paient a été mal développé, qu’il ne répond pas aux promesses du vendeur ? Il faudrait :
    • Qu’à priori le contrat conclu avec le fournisseur de services internet spécifie au minimum les principes de base du contenu du site, mais encore faut-il que le client puisse les formuler, alors que faute d’expérience cette problématique n’est probablement pas toujours très claire pour lui ni pour ses collaborateurs éventuels, et que le fournisseur ait l’honnêteté d’accepter que ces principes soient contractuels. Mais ceci est-il imaginable si d’autre part le vendeur est sensé faire en sorte d’éviter que le client potentiel puisse prendre connaissance de toutes les conditions générales de vente avant de signer le contrat ?
    • Qu’à posteriori, lorsqu’un client estime que le site fourni ne répond pas aux exigences qu’il avait légitimement formulées et/ou aux promesses du vendeur, il puisse avoir recours à une expertise objective, indépendante, à la mesure de ses moyens, pour faire valoir son point de vue. Encore faudrait-il qu’une telle expertise existe et soit reconnue comme telle.
    Sinon, à partir du moment où le développement d’un site web vendu est terminé, Proximédia est assuré d’avoir gain de cause, même si le produit contesté est à l’évidence un mauvais produit !
    Dans ces conditions, pourquoi ne pas envisager une solution plus simple, qui consisterait tout simplement à faire bénéficier ces clients potentiels d’un délai de réflexion analogue à celui dont bénéficient les consommateurs à caractère privé ? C’est en tout cas la question qu’avait soulevée la Castafiore dans le témoignage qu’elle a adressé à Test-Achats. Et il me emble urgent de légiférer dans ce sens.

  26. La Castafiore dit :

    En offrant cette consécration à Proximédia, le jury constitué par Ernst & Young a ouvert la boîte de Pandore. A l’annonce de cette consécration par les medias, les très nombreuses rancœurs suscitées par la manière dont Proximédia mène son activité se sont exprimées de façon plus ou moins virulente grâce à l’internet. Près de six mois plus tard, la contestation ne s’est pas éteinte, elle reprend même vigueur.
    En conclusion, l’initiative d’E & Y a perdu de sa crédibilité pour avoir omis de prendre en considération des critères tels qu’étique commerciale, qualité des produits et satisfaction des clients. Faute de les considérer à l’avenir, la consécration d’Entreprise de l’Année risquerait de se transformer en sanction pour des lauréats contestables. Le futur jury devrait même s’attendre à ce que des entreprises nominées refusent cette consécration !
    Par ailleurs, E & Y ne peut pas se permettre de faire couronner un lauréat discutable par une personnalité éminente et intègre.
    Nous savons que la Belgique fut une terre d’élection du surréalisme, mais cette époque est bien révolue et nous sommes maintenant à l’ère du réalisme. Et si nous voulions l’ignorer, l’internet sera là pour nous le rappeler ! Et aujourd’hui, même les petits que nous sommes ne se feront pas faute d’y avoir recours.

  27. La Castafiore dit :

    Les juges ont enetndu la Castafiore !
    Dans mon post daté du 22 janvier dernier, je vous faisais part de mes démêlés avec la firme Proximédia, lesquels démêlés étaient en attente de jugement par le Tribunal de Commerce. Et contre toute attente, alors que tout le monde me donnait perdante, les juges ont tranché en ma faveur ! Cette victoire, je la dois au combat que j’ai mené et à l’assistance de deux très bons avocats.
    Bien sûr, Proximédia peut encore faire appel de ce jugement, mais celui-ci montre en tout cas que j’avais raison de dire que lorsque l’on est dans son bon droit, il faut croire en la Justice. En ce qui me concerne, les juges m’ont ainsi écoutée, entendue, et surtout ils ont montré que c’est bien à eux de décider de la validité d’une signature. Alors qu’auparavant à Test-Achats, on m’avait affirmé que la signature d’un indépendant ou du responsable d’une PME, d’une TPE, était irréversible avant même que l’encre en soit sèche, qu’importe que cette signature ait été obtenue, sinon extorquée, d’une manière contestable (voir mon post daté du 20 février 2010). Que vous soyez grand ou petit, ces juges sont soucieux de faire la part des choses, ils représentent en quelque sorte la stabilité, en contrepoids à la volatilité du monde politique…
    Dans son post du 22 février 2010, le dénommé Alfonse soulignait que « les victimes de ces pratiques (nb : les pratiques commerciales de Proximedia) se recrutent principalement parmi les acteurs économiques les plus vulnérables (Indépendants, TPE, PME), de par leur taille et parce qu’ils sont les moins bien armés face à ce genre de pratiques », et ceci depuis 12 ans. Mon exemple me porte à leur dire : « même petits, vous devez continuer à vous battre pour obtenir que votre situation soit mieux prise en compte, n’hésitez pas à consulter un avocat. Et même si vous avez perdu beaucoup d’argent, en particulier pour avoir dû supporter le paiement d’indemnités de résiliation exorbitantes, vous devez raconter votre histoire, afin qu’elle serve d’expérience pour les autres, afin aussi que les politiciens se soucient effectivement de vous mettre mieux à l’abri des pratiques commerciales contestables, il y a eu assez de faillites dans vos rangs en Belgique ces dernières années ! » (9380 dépôts de bilan en 2009, déjà 3400 faillites en 2010 !)
    Mon exemple montre aussi que maintenant les Test-Achats n’ont plus le prétexte de l’irréversibilité d’une signature « commerciale » pour refuser de s’engager dans la défense des intérêts de ces acteurs économiques lorsque ceux-ci sont « agressés » comme on peut l’être par des Proximédia et autres Globules bleus…
    Ce qui s’est passé pour ces centaines d’acteurs économiques fait enfin ressortir la nécessité de mettre les indépendants et les petites entreprises à l’abri de pratiques commerciales douteuses, par exemple en leur concédant un délai de réflexion d’un type analogue à celui dont bénéficient les consommateurs privés. Cela implique de légiférer dans ce sens.
    Le combat continue, sur tous les fronts.

  28. La Castafiore dit :

    Bonjour Mr Bricman,
    Je vous envoie copie d’une lettre ouverte au MR. J’espère que je ne deviens pas trop envahissante.
    Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs du Mouvement Réformateur (MR)
    Vous êtes certainement au courant de la consécration, par un jury constitué à l’initiative du cabinet Ernst & Young, de la société Proximedia en tant qu’entreprise francophone de l’année 2009, et peut-être aussi du tollé que cette consécration a suscité : des centaines de réactions négatives ont été adressées à différents blogs et forums de discussion, sans oublier certains articles de presse quelques fois très critiques, en particulier ceux parus sous la plume de Valéry Halloy dans Trends-Tendances. Tant les pratiques commerciales que la qualité des prestations techniques de Proximedia ont été, parfois violemment, mises en cause.
    Au départ, Proximedia a cherché à minimiser la portée de ces réactions en arguant qu’elles émanaient essentiellement de concurrents jaloux.
    Parmi les pratiques commerciales contestées, est principalement visée la méthode de vente dite en « one shot », par laquelle les contrats de vente sont obtenus dès le premier contact entre le délégué commercial de Proximedia et le client potentiel démarché. Sans être illégale, cette pratique est en fait de nature à permettre certaines dérives, principalement en privant le client potentiel du moindre délai de réflexion, sinon même en précipitant la fin de l’entretien pour obtenir sa signature avant qu’il ait la possibilité matérielle de prendre connaissance de l’ensemble des conditions de vente – notamment la clause, léonine, relative aux modalités de résiliation du contrat – ni de faire, au regard du service proposé, le bilan financier des mensualités qui lui seront réclamées durant les quatre années de la durée du contrat.
    En outre, de l’avis de nombreux commentateurs, le coût du service offert est excessif eu égard au volume des prestations qu’il entraîne effectivement du côté de Proximedia.
    Enfin, en cas de litige, on passe à la phase d’intimidation : les avocats de Proximedia envoient au client récalcitrant la copie de quelques « beaux » jugement prononcés par le Tribunal de Commerce, par exemple à l’encontre d’un architecte ou d’un courtier en assurance, afin de le convaincre que, un accord amiable étant exclus, il ne sert à rien de chercher à se défendre et qu’il ne lui reste plus qu’à payer une indemnité de résiliation par ailleurs toujours exorbitante : 6.000, 8.000, 12.000 euro selon les cas. Imaginez l’état d’esprit dans lequel peut alors se trouver un des nombreux petits commerçants et artisans auxquels Proximedia a vendu un site web inutile, ou mal ficelé au point d’en être contre-productif !
    Certains commentaires et témoignages font très justement ressortir que les victimes de ces pratiques se recrutent principalement parmi les acteurs économiques les plus vulnérables (Indépendants, TPE, PME), de par leur taille et parce qu’ils sont les moins bien armés face à ce genre de pratiques : manque de compétences au point de vue juridique, peu disponibles parce qu’absorbés par les problèmes journaliers de leur activité, bien souvent préoccupés par leur situation financière… Pour eux, les conséquences de ces pratiques au plan financier peuvent être particulièrement meurtrières en cas de résiliation de leur contrat avec Proximedia. Cela est évidemment beaucoup plus grave que les querelles de clocher entre prestataires de services liés à l’internet, querelles qui ont aussi fait l’objet des commentaires de cette consécration !
    Soulignons encore que Proximedia n’a pas jugé opportun de signer la Charte eTIC promulguée en 2004 en Belgique afin de « moraliser » les relations des fournisseurs de services liés à l’internet avec leurs clients. Et que Proximedia figure en France sur la liste noire de l’Association de Défense Contre les Abus des Prestataires de l’Internet (ADCAPI).
    En 2008, Proximedia a racheté la sprl Globule Bleu, laquelle bénéficiait jusqu’alors d’une bonne réputation, et avait signé en 2004 la Charte eTIC. En 2010, Globule Bleu à fait l’objet, par décision du Comité eTIC – habilité à sanctionner les manquements de signataires de la charte aux prescriptions de celle-ci – d’une suspension déontologique de deux mois à la suite de la plainte d’une société wallonne, European Solar Engineering SA, pour exigence financière abusive parce que non contractuelle, refus de cession de la propriété intellectuelle du site web et absence d’un accord à l’amiable.
    En consultant le site web du MR, j’ai constaté qu’y figure en bas de page la mention Globule Bleu, ce qui signifie que ce site, de même que ceux des candidats MR aux élections, est conçu et géré par cette société. Et pour sa part, le CEO de Proximedia ne fait pas mystère de ses bonnes relations avec le MR.
    Ceci peut avoir deux conséquences :
    • Certains penseront que, puisque le MR fait confiance au groupe Proximedia, ils peuvent faire de même, avec le risque d’un réveil douloureux lorsqu’ils constateront de quelle manière Proximedia traite ses « petits » clients ;
    • Ceux qui, ayant déjà fait la mauvaise expérience des manières de faire de Proxmédia, ne comprendront pas pourquoi le MR se permet de faire appel aux services d’une société aussi peu recommandable, et qui douteront du MR…
    En ces temps difficiles, et à cinq semaines des prochaines élections législatives, le MR peut-il encore se permettre d’avoir recours aux services d’une entreprise qui, de son côté, recourt à des pratiques commerciales douteuses et affiche une attitude méprisante vis-à-vis des petits indépendants et des responsables de PME et de TPE, qui donnent traditionnellement leurs voix aux candidats MR.
    En votre âme et conscience, je vous le demande, ne nous décevez pas, ne nous méprisez pas, montrez que nous pouvons encore vous accorder notre confiance. Nous comprendrions très mal que vous sollicitiez à nouveau nos suffrages tout en continuant à vous compromettre avec notre « ennemi »…
    Je vous remercie de votre attention.
    La Castafiore

  29. La Castafiore dit :

    Lettre ouverte à Monsieur Louis MICHEL, Député européen
    Monsieur le Député européen et Père du Mouvement Réformateur (MR),
    Il est des épisodes de votre carrière politique qui m’ont fortement marquée : ainsi, j’aurai toujours en mémoire ce jour de l’année 2003 au cours duquel vous avez clairement affirmé votre opposition au principe d’une intervention militaire en Irak à l’initiative des George W. Bush et autres Tony Blair. Vous avez alors fait preuve d’un courage qui a manqué à nombre de vos confrères en politique, plus soucieux de ne pas déplaire au Président Bush que d’adopter une attitude résolument critique quant au bien fondé de cette opération et de la manière de la conduire, sinon de prévenir les conséquences humaines et économiques désastreuses qui pouvaient en résulter pour les Irakiens. Ainsi encore la manière inlassable dont vous vous êtes investi dans votre mission de Commissaire européen en charge de l’aide humanitaire.
    Vous nous avez ainsi donné de très belles leçons de courage politique et d’humanité. Vous nous avez montré que l’action politique comptait d’avantage pour vous que le besoin de paraître, qui est devenu une préoccupation majeure de beaucoup de vos confrères. Et je sais qu’au sein des autres partis, beaucoup vous estiment et vous respectent.
    Mais si vos responsabilités de ces dernières années vous ont amené à parcourir le monde, je m’adresse à vous aujourd’hui parce que c’est en Belgique que nous avons besoin de vous. Ce besoin est particulièrement ressenti par les indépendants et responsables de TPE et PME, qui, vous le savez, accordent traditionnellement leurs suffrages aux candidats MR lors des élections. Voici ce qui m’amène à solliciter votre attention.
    Vous êtes probablement au courant de la consécration, par un jury constitué à l’initiative du cabinet Ernst & Young, de la société Proximedia – firme spécialisée dans la création, l’hébergement et la maintenance de sites web pour compte de tiers – en tant qu’entreprise francophone de l’année 2009, et peut-être aussi du tollé que cette consécration a suscité : des centaines de réactions négatives ont été adressées à différents blogs et forums de discussion, sans oublier certains articles de presse quelques fois très critiques, en particulier ceux parus sous la plume de Valéry Halloy dans Trends-Tendances. Tant les pratiques commerciales que la qualité des prestations techniques de Proximedia ont ainsi été, parfois violemment, mises en cause. Au départ, Proximedia a cherché à minimiser la portée de ces réactions en arguant qu’elles émanaient essentiellement de concurrents jaloux.
    Parmi les pratiques commerciales contestées, dont de nombreux indépendants, artisans et responsables de TPE et PME, entre autres moi-même, ont été victimes, la méthode de vente dite en « one shot » est principalement visée. Selon cette méthode, les contrats de vente doivent être obtenus dès le premier contact entre le délégué commercial de Proximedia et le client potentiel démarché. Sans être illégale, cette pratique est en fait de nature à permettre certaines dérives, principalement en privant le client potentiel du moindre délai de réflexion, sinon même en précipitant la fin de l’entretien pour obtenir sa signature avant qu’il ait la possibilité matérielle de prendre connaissance de l’ensemble des conditions de vente – notamment la clause, souvent léonine, relative aux modalités de résiliation du contrat – ni de faire, au regard du service proposé, le bilan financier des mensualités qui lui seront réclamées au cours de la durée du contrat. Enfin, si le contrat est très clair quant à ces modalités de résiliation, il reste, faute de temps disponible pour la négociation, parfaitement flou quant aux spécifications du site web qui sera développé. Et, de l’avis de nombreux commentateurs, le coût du service offert est excessif eu égard à la qualité et au volume des prestations qu’il entraîne effectivement du côté de Proximedia.
    Enfin, en cas de litige, et ils sont fréquents en particulier parce que les clients estiment que le produit fini n’est pas à la hauteur des promesses verbales du délégué commercial, on passe à la phase d’intimidation : après avoir pris la précaution d’exclure la possibilité de conclure un quelconque accord à l’amiable, les avocats de Proximedia envoient au client récalcitrant la copie de quelques «beaux» jugements prononcés par le Tribunal de Commerce, par exemple à l’encontre d’un architecte, d’un courtier en assurances, afin de le convaincre qu’il ne lui servira à rien de chercher à se défendre et qu’il ne lui reste donc plus qu’à payer une indemnité de résiliation par ailleurs toujours exorbitante : 6.000, 8.000, 12.000 euro selon les cas. Imaginez dès lors l’état d’esprit dans lequel peut alors se trouver un de ces nombreux petits commerçants et artisans auxquels Proximedia a vendu un site web inutile, ou mal ficelé au point d’en être contre-productif !
    Si certains ont le courage d’aller se défendre devant les tribunaux, les autres se laissent intimider, ont peur de consulter un avocat, ne savent pas comment faire valoir que la qualité du produit est insatisfaisante et que Proximedia n’a pas rempli ses obligations. Ils continuent ainsi à payer pour des services de peu d’utilité, ou doivent payer ces exorbitantes indemnités de résiliation, ce qui leur vaut souvent de se retrouver dans des situations financières difficiles ou même inextricables.
    Pour Proximedia, la résiliation des contrats est d’ailleurs à court terme une opération très intéressante eu égard aux montants des indemnités perçues et au fait que tout ou partie du travail prévu ne doit pas être effectué. A croire que les contrats, que ses délégués commerciaux arrivent quasiment à imposer à des clients malheureusement peu avertis, sont surtout rédigés dans cette perspective. Ainsi, même si la qualité du produit fini laisse à désirer, Proximedia est pratiquement assuré d’être gagnant. Au point que ses avocats sont surchargés de travail et n’ont même plus le temps de rédiger correctement les assignations à comparaître.
    Ce qu’il faut principalement retenir de tout ceci est que les victimes de ces pratiques se recrutent principalement parmi les acteurs économiques les plus vulnérables (Indépendants, TPE, PME), de par leur taille et parce qu’ils sont les moins bien armés face à ce genre de pratiques : manque de compétences au point de vue juridique, peu disponibles parce qu’absorbés par les problèmes journaliers de leur activité, bien souvent préoccupés par leur situation financière… Pour eux, les conséquences de ces pratiques au plan financier peuvent être particulièrement meurtrières en cas de résiliation de leur contrat. Si les juges du Tribunal de Commerce, après m’avoir écoutée et entendue, ont débouté Proximedia et m’ont donné raison, je pense à tous ceux, indépendants, artisans et petits entrepreneurs qui ne dorment plus à cause de ce qu’il faut bien appeler une arnaque.
    Et depuis maintenant 12 ans, telle une pieuvre qui étend ses tentacules, Proximedia étend ses activités douteuses en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, et même en France et aux Pays-Bas. Paradoxalement, Flamands, Wallons et Bruxellois se retrouvent unis, dans la même adversité ! Si le CEO de Proximedia est très fier du niveau des fonds propres de son groupe, il se garde bien d’expliquer qu’ils sont en grande partie constitués des montants extorqués aux acteurs économiques les plus vulnérables.
    En complément à ce qui précède, soulignons encore que Proximedia n’a pas jugé opportun de signer la Charte eTIC promulguée en 2004 en Belgique afin de «moraliser» les relations des fournisseurs de services liés à l’internet avec leurs clients. Et que Proximedia figure en France sur la liste noire de l’Association de Défense Contre les Abus des Prestataires de l’Internet (ADCAPI).
    En 2008, Proximedia a racheté la sprl Globule Bleu, laquelle bénéficiait jusqu’alors d’une bonne réputation, et avait signé en 2004 la Charte eTIC. En 2010, Globule Bleu à fait l’objet, par décision du Comité eTIC – habilité à sanctionner les manquements de signataires de la charte aux prescriptions de celle-ci – d’une suspension déontologique de deux mois à la suite de la plainte d’une société wallonne, European Solar Engineering SA, pour exigence financière abusive parce que non contractuelle, refus de cession de la propriété intellectuelle du site web et refus de conclure un accord à l’amiable. Sans commentaire.
    En consultant le site web du MR, j’ai constaté qu’y figure en bas de page la mention Globule Bleu, ce qui signifie que ce site, de même que ceux des candidats MR aux élections, est conçu et géré par cette société. Certains pourront en conclure que, puisque le MR fait confiance au groupe Proximedia-Globule Bleu, ils peuvent faire de même, avec le risque d’un réveil douloureux lorsqu’ils constateront de quelle manière Proximedia traite ses «petits» clients. Et ceux qui ont déjà l’expérience des manières de faire de Proxmédia, ne comprendront peut-être pas pourquoi le MR se permet de faire appel aux services d’un groupe aussi peu recommandable, et … douteront du MR !
    Pour ma part, je trouve inadmissible que le groupe Proximedia-Globule Bleu fasse aussi peu de cas de la confiance du MR, et en particulier de la vôtre, en se comportant de la sorte à l’égard des indépendants, artisans et petits entrepreneurs qui accordent traditionnellement leurs suffrages aux candidats MR.
    Que faudrait-il faire pour remédier à cette situation ?
    1. Lancer une campagne d’information en direction des acteurs économiques concernés pour les prévenir des risques inhérents aux ventes «one shot» et les inciter à exiger à exiger du fournisseur qu’il soit signataire de la charte eTIC, à exiger de pouvoir lire intégralement et à tête reposée les conditions de vente proposées, à définir clairement ce qu’ils attendent d’un site web, à faire le bilan financier d’une telle opération, à consulter éventuellement un expert indépendant, à demander des références au fournisseur et à interroger ces références ;
    2. Faire en sorte que le contractant dispose d’un délai de réflexion. On objectera peut-être que ce qui existe pour les consommateurs privés n’est pas nécessairement transposable au cas des entreprises, mais enfin, si l’on dépasse un tant soit peu le vocable un peu abstrait des conflits juridiques entre sociétés, ce sont des centaines de responsables de TPE, de PME et d’indépendants, qui cherchent en vain des solutions à des problèmes vis-à-vis desquels ils sont désarmés et des personnes de bon conseil à qui s’adresser. Test-Achats s’est dit prêt envisager une assistance dans ce sens au cas où une demande se manifesterait ;
    3. En cas de litige, faire en sorte que les clients des Proximedia et autres Globule Bleu puissent avoir recours à une expertise de la qualité du produit fourni ;
    4. De la part du MR, avoir recours à un autre fournisseur de services liés à l’internet, signataire de la charte eTIC et qui s’engage formellement à ne pas utiliser de méthodes commerciales douteuses du type de celles pratiquées par le groupe Proximedia-Globule Bleu, autrement dit qui travaille dans la transparence et le respect de ses partenaires commerciaux ;
    5. Inciter Ernst & Young à imposer des critères de choix de «l’entreprise de l’année» plus sélectifs, en particulier en termes d’étique commerciale et de qualité des produits, afin de ne plus donner l’impression qu’il s’agit d’une consécration de complaisance.
    Vous vous êtes trop investi dans le renouveau de votre parti pour accepter que des dérives perdurent, et vous seul avez l’autorité morale nécessaire pour mener à bien le redressement souhaitable.
    Je vous ai dit tout ce que j’avais à vous dire. Sachant votre emploi du temps fort chargé, je vous remercie d’avoir eu la patience de lire cette lettre un peu longue, je dois le reconnaître. Je sais aussi que quelle que soit la ou les décisions que vous prendrez, elles seront les meilleures possible. Et quoiqu’il arrive, pour moi et pour beaucoup d’autres de vos électeurs, vous resterez toujours le père et le véritable «patron» du MR.
    Veuillez agréer, Monsieur le Député européen, l’expression de mes sentiments respectueux.
    La Castafiore
    PS – Je vous envoie par courrier personnel ordinaire cette même lettre avec mes véritables nom et adresse. Si votre emploi du temps vous le permet, vous trouverez d’autres commentaires pertinents sur le blog de Charles Bricman, journaliste :
    http://blog.pickme.be/2009/10/22/lentreprise-de-lannee-connait-la-musique/

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