Finalement, ce ne sont pas les glauques tribulations d’un quidam dans les bordels de Patpong qui m’interpellent. Ce n’est pas non plus que cet homme assouvisse son fantasme d’en étaler la chronique dans un bouquin au statut ambigu – roman autobiographique? Autobiographie romancée? On se console comme on peut du mal-être qu’on endure, tant qu’on n’enfreint aucune règle de droit. Et la morale, c’est personnel.
Mais il y a la dignité de la fonction qu’on assume. Et les qualités requises pour la remplir.
On attendait donc Frédéric Mitterrand à l’oral, face à Laurence Ferrari, sur TF1. Du bout des lèvres, il a reconnu des « erreurs ». De tout son être, il a montré sa fragilité. Pour un écrivain, ç’eût été acceptable. Pour un ministre de la République, c’était pitoyable. Je n’accuse pas l’homme, désespérément seul en face de ses faiblesses. Mais j’ai vu un ministre, manifestement hors d’état d’assumer la charge qui lui est confiée.
Une heure avant, nous en causions sur Bel RTL, « sans langue de bois ». Avec Frédéric Cauderlier, Alain Raviart, Michel Henrion et Mehmet Koksal. Sans doute aurions-nous été meilleurs et plus pertinents, une heure plus tard. Je crois pour ma part que pour conserver son honneur d’écrivain, il devait s’effacer. Et que pour le bien de la République et pour la dignité de son gouvernement, il fallait ne pas le nommer.
Vu d’ici, le reste – tout le reste -, n’est que gesticulation de nains politiques.
Bien entendu, il peut y avoir des éléments que j’ignore, mais vu d’ici, il ne me paraît pas aussi évident qu’à Martin Buxant, de La Libre que la communauté germanophone enclenche une nouvelle procédure en conflit d’intérêts pour éviter que le dossier BHV ne pète à la figure du gouvernement Van Rompuy dès la semaine prochaine. Au passage, c’est très bien vu de la part de Martin: Karl-Heinz Lambertz était évidemment le bonhomme à interviewer, ces jours-ci.
Le troisième de ces « conflits », expire en effet avec le comité de concertation de mercredi prochain. S’il n’y en a pas d’autre, la Chambre pourra voter la scission de l’arrondissement en séance plénière et la patate chaude arrivera au gouvernement, probablement sous la forme d’une autre procédure, la sonnette d’alarme cette fois.
Mais n’anticipons pas. Vue d’Eupen, cette affaire n’a aucun intérêt. Et sans intérêts, pas de conflit… Sauf si Flamands et francophones, ensemble, demandent encore un répit, comme ils en ont déjà eu trois qui n’ont, semble-t-il, servi à rien de rien pour avancer sur la piste d’une solution. Les germanophones veulent bien rendre service, mais ils sont impartiaux. Et ils n’ont rien à f… de ce dossier pourri qui n’intéresse que quelques initiés.
Alors, si c’est pour aller au psychodrame dans quelques mois, encore un peu plus près des prochaines élections fédérales – déjà! – pourquoi au fond ne pas y aller tout de suite? Cela donnerait plus de temps – et dieu sait s’il en faudra… – pour reconstituer un gouvernement avant la présidence belge de l’Union européenne, le 1er juillet 2010.
Je vous le dis: je n’en sais rien. Mais je me demande, quand même…
Pas eu le temps de bloguer, depuis le milieu du week-end. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des choses à vous dire… Alors, en vitesse, je vous offre une image que j’aime et qui me fait rêver chaque fois que je passe par la place Flagey à Ixelles, tout près de chez moi. Le monument à Charles De Coster et à ses héros frondeurs et rebelles, avec cette apostrophe tirée du livre et qui résonne comme un salut à la disparition discrète de l’écrivain, le 7 mai 1879: « Est-ce qu’on enterre Ulenspiegel, l’esprit, Nele, le cœur de la Mère Flandre? » Tyl pleure la mort de son père par la plume, Nele le console tendrement. Voir ici ce qu’en dit un historien de l’art.

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