Vous me direz que sur ce blog, on parle beaucoup des libéraux, ces temps-ci. Des réformateurs, si vous préférez. Mais est-ce ma faute s’ils font aussi souvent l’actualité, avec des interventions plus notables les unes que les autres? C’est Louis Michel cette fois, encore dans La Libre, comme Reynders. Et c’est re-mar-qua-ble! Du grand Michel! Du tout grand Louis! Accroche-toi Margaux, Big Loulou is back! Les bleus vont gagner les législatives de 2011, la campagne a commencé et c’est Magic Michel qui va coacher la dream team. Enfin, peut-être…
Ils ont donc perdu les régionales de 2009 parce qu’il n’y était pas? C’est pas impossible, sauf que la faute en revient d’abord « aux électeurs, qui ne nous ont pas compris ». Parce qu’ils n’ont pas été clairs? Mais non. « C’est facile de critiquer après coup ». Mais il va falloir réaffirmer certaines choses probablement un peu oubliées en son absence. D’abord « que le libéralisme est fondamentalement plus social que le socialisme ». Il va falloir ensuite « réaffirmer l’authenticité du message humaniste des libéraux » et « mettre l’accent sur la notion de réformateur », encore un oubli sans doute.
Et pour y arriver, faisons fi de tous ces « artifices magiques de la com » et des spin doctors à Robocom. On va enfin retourner sur le terrain, rien de tel que « le contact direct avec le terrain » et des « parlementaires qui remettent les mains dans le cambouis », crénom di d’jû.
Casse-toi, Didier, Louie is back? Non, mais ça va pas? Didier « ne doit pas avoir peur de moi » et « il ne me gênera pas s’il me demande de m’engager davantage ». Tu penses: je vais te le remettre sur pied vite fait, moi, ce parti que je lui avais bichonné et qu’il m’a cochonné… Mais Didier, pardon: monsieur Reynders, non, ce n’est pas un adversaire. « J’ai des adversaires au PS, au cdH et chez Ecolo » – mais attention, hein: « pas d’ennemi ». Au MR? Non, « je n’ai pas d’adversaire dans mon propre parti ». Il ne dit toutefois pas qu’il n’y a pas d’ennemi(s)…
Oui, je sais, c’est encore une lecture orientée, biaisée, trafiquée, augmentée. Louis Michel n’a pas prononcé d’autres paroles que celle que je reproduis entre guillemets, ci-dessus, le reste n’est qu’invention malicieuse de ma part. Mais je le connais, mon Louis, il n’a pas dû changer si fort depuis le temps où il me louait, croix de bois, croix de fer, l’humeur exquise et les manières délicates de son « fiancé » de l’époque, Gérard Deprez, qu’il soupçonnait pourtant si fort – et à raison – de flirter en douce avec le Spit’, qu’à la fin de l’interview, il n’y tenait plus, devenait tout rouge (si, si: je vous assure…) et piquait une grosse colère qui retombait dans un énorme éclat de rire au moment où je lui disais d’un air admiratif qu’il était beau, quand il se fâchait comme ça….
Je ne suis pas du sérail, je ne traîne plus dans les coulisses, mais il ne faudra pas beaucoup pour me convaincre que la lutte finale a bien commencé, sous la seule restriction que « la première phase de la reconquête libérale, c’est de ne pas tomber dans le piège tendu par les autres partis: la division du MR ». N’attendez donc pas un spectacle grandiose, a las cinco de la tarde, avec fanfare et habits de lumière pour la mise à mort. Sauf dérapage imprévu, la lutte se déroulera au cinquième sous-sol, dans la lueur blafarde des éclairages de secours. On n’a pas programmé une adaptation scénique de Death in the Afternoon au Théâtre de la Toison d’Or. Mais un remake de « West Side Story« , sans Tony ni Maria…

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Et moi qui pensait que c’était un type bien. Il méprise l’électorat (« ces gens-là [...] »), ce qui ne l’empêche pas de savoir ce que celui-ci voulait (« [...] n’ont pas voté Ecolo pour ramener le PS dans le jeu; ils voulaient le changement avec Ecolo et le MR. » C’est pas bien de piquer le boulot de Mme Irma.
Et leur campagne s’est limitée presque exclusivement à taper sur le PS et le CdH, pas à proposer un programme. Mais Loulou considère quand même que le MR n’a « pas assez répondu à des attaques outrancières comme celle de M. Di Rupo ». Pitoyable…
C’est de la faute des autres. Evidemment.
« Ces électeurs »n’ont donc rien compris ».
Arrogance, quand tu nous tiens.
En résumé pour Gros Louis, le MR a été victime d’un « débat d’humeur », victime d’un débat de positionnement », victime de « Di Rupo (qui) a sonné l’alarme des peurs », victime d’un vaste complot mondial qui s’est mis en place avec une semaine du Bio et la publication de Home dans le monde entier.
J’ai souvent souri en regardant ceux-là qui se parent des plumes du paon. Gros Louis annonce qu’il met sa « crédibilité » (dont il s’honore) en gage de l’avenir et suggère à son Président de « poser un acte rédempteur ».
Monsieur Michel, svp, épargnez-nous vos airs affectés de sauveurs comme si vous étiez le parangon de l’esthétique en politique… Non, vous n’êtes pas l’homme providentiel. S’il y en avait provisoirement un il viendrait sans doute d’Amay. Merci, Monsieur Michel d’un peu de modestie. Vous avez aussi été de ceux qui ont construit ces rapports tendus entre Politiques et conduit ce pays là où il est.
Aucun complot dont vous vous dites maintenant victime n’a échappé à vos manoeuvres dans le passé récent.
Svp tentez de considérer les projections dont vous êtes le sujet.
Svp, cédez la main.
Oubliez svp l’idée d’un « vrai retour sur la scène politique belge » et siégez donc à l’Europe pour laquelle vous avez postulé.
J’ai trouvé aussi que cette interview était assez remarquable sur le fond des propos.
D’autre part, j’ai lu et entendu moult fois l’axiome suivant :
« leur campagne s’est limitée presque exclusivement à taper sur le PS »
Il faudrait que l’on puisse se souvenir que le MR est le seul et unique des 4 premiers partis, à être mis dans toutes les oppositions au niveau régional et qu’à ce titre, il joue sainement son rôle. Au-delà du débat contradictoire, pierre angulaire de notre démocratie, il y a aussi la veille saine de notre fonctionnement démocratique, salement mis à mal.
Qu’à l’inverse, on est en droit de se poser des questions concernant la « certaine complaisance » des partenaires, par rapport à une série de dérives aussi nombreuses qu’inquiétantes ; de pouvoir aussi déclarer les bilans des législatures bonnes, quant objectivement elles sont mauvaises ou cata, comme à Bruxelles. Bizarrement, Ecolo au pouvoir en perd subitement tout son pouvoir critique et d’indignation. Ne pensons qu’aux simples problèmes, d’enseignement/formation, emploi et spécifiquement des jeunes, mobilité, logements, …
Ceci est d’autant plus cocasse que lors des émissions traditionnelles politiques du dimanche, je n’ai rien entendu d’autre que des critiques à l’égard de Reynders, alors que la campagne est terminée et que l’heure est à la construction et à la négociation (sans le MR, Reynders et les siens, s’il fallait encore le préciser) d’un programme dont on ne sait absolument rien, après plus d’un semaine … On « rencontre des gens » ; à se demander comment ils ont écrit leur programmes politiques et surtout comment ils ont pris en compte les réalités socio-économiques du terrain pendant la dernière législature … alors qu’ils étaient déjà au pouvoir ?
Pour un observateur attentif de la vie politique, il est aussi assez cocasse qu’on semble déjà « oublier » les critiques sempiternelles et féroces d’Ecolo (mais justes) pendant tout la législature en RW et de voir du jour au lendemain un Marcel Cheron et au soir du Conseil de Fédé expliquer penaud, pourquoi il est bon de s’associer aux mêmes que l’on a critiqué inlassablement pendant 5 ans … après avoir aussi expliqué pendant une semaine que l’éthique était un axe majeur de la politique à mener.
Quand la realpolitik et du realcomik.
Monsieur phineas Barnum est vraiment assez drôle quand il s’y met…
« de pouvoir aussi déclarer les bilans des législatures bonnes, quant objectivement elles sont mauvaises ou cata, comme à Bruxelles. »
N’en déplaise au grand Himself, la coalition PS-Ecolo-cdH a, sous le nom d’Olivier gagné cinq sièges à Bruxelles… là où une coalition libérale-MCC-FDF en a perdu un sous le nom de MR.
Il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut entendre !
Le MR est en difficulté à cause de la stratégie droit dans le mur de Didier Reynders, et si vous lisez bien la fin de l’article, vous verrez que papa Louis dément dans les dernier paragraphes ce qu’il avait affirmé dans les premiers…
Oui, il y a bien un combat des chefs au MR,
Oui, le retour de big Loulou va faire mal à Didier Reynders (et à ses afficionados)
Non, ce n’est pas pour tout de suite,
Oui, il vaut mieux attendre un peu… la congruence PS – Ecolo/cdH peine plus qu’on ne le dit… et il en est qui voient le MR au portillon de ce qui serait possiblement un échec Di Rupien…
A moins que l’intéressé ne le voit lui-même comme une opportunité : le score du politologue inconnu de Charleroi en fait rêver plus d’un au PS et il est plus facile de faire le ménage dans le placard que dans toute la maison…