Comme bien tu penses, ami lecteur, la rue de la Loi bruit ces heures-ci de 1.000 rumeurs. La plus insistante d’entre elles, qui ne vient pas seulement du camp d’en face, assure que l’affaire est pliée: deux oliviers ont virtuellement pris racine, au centre et au sud du pays. Et le pauvre Armand De Decker, qui ne mérite pas ça, lui, a lancé les invitations pour ce qui risque de se transformer rapidement en une sorte de « dîner de cons » dans lequel ses invités ne lui réservent pas le meilleur rôle. A sa place, moi, je décommande le protocole et je règle ça par téléphone: « Dites, les gars, vous ne voulez pas de nous, c’est ça? OK, voici les clés et l’adresse du traiteur, amusez-vous bien… »
Premier parti bruxellois au hit-parade électoral, le MR-FDF (ou faut-il redire FDF-MR?) est en effet supposé prendre l’initiative, mais ce sera purement pour la forme: ici comme en Wallonie, l’humeur est résolument à l’alliance des verts et des centristes avec le PS pour former des coalitions.
Tout n’est pas réglé, bien sûr, et l’on assistera probablement à quelques passes d’armes entre le tout frais « pôle des centres » (Ecolo + cdH) et le PS pour le leadership dans les majorités et les priorités des nouveaux gouvernements. Mais tant que Reynders présidera le MR, les libéraux paraissent condamnés à rester enfermés sur le balcon…
Chez les réformateurs, subséquemment, on aiguise les couteaux et on sort les cors de chasse pour l’hallali qui s’annonce. J’ai croisé hier soir Louis Michel dans les couloirs de RTL, il était fumasse, vous pensez bien… Son pote de campagne et suppléant à l’europarlement, Gérard Deprez a déjà désigné le gibier à courir, ce qui n’était pas vraiment indispensable mais fait probablement du bien.
Ce n’est toutefois que le premier acte du psychodrame. Au deuxième, il va falloir harmoniser tout ça dans la cacophonie nord-sud. A ce niveau, notez le geste habile de Javaux: en déclarant au Standaard qu’il verrait bien la NV-A dans le dialogue institutionnel plutôt que dans la position de sniper, à l’extérieur, il adresse à la Flandre un petit signal positif sur une attitude moins négative des francophones dans le dossier de la réforme de l’Etat.
Il faudra qu’on en reparle bientôt, de celui-là. Parce que dans deux ans au plus, il y a des élections…

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« dans deux ans au plus, il y a des élections… »
Encore !
C’est sympa les rumeurs, mais peu en accord et compatibles avec le processus dans lequel Javaux a initié subtilement ces négociations.
Pour ma part, humblement, je ne l’avais pas vu venir, celle-là.
Ce serait dommage de gâcher une si belle innovation pour se saborder par ce qu’on savait déjà avant le résultat du scrutin, d’autant plus quand on analyse plus finement les 3 axes majeurs abordés: solidarité, la gouvernance et le développement durable. Un cap difficile, voire impossible pour certains, bien qu’à Bruxelles, on a jamais été très regardant. A ce sujet, vous qui avez de si grandes oreilles, qu’en est-il réellement des rumeurs à propos d’une éventuelle censure liée à la publication de l’historique du Quartier du Midi ?
Pour ma part toujours, je suis très loin de partager l’enphorie ambiante concernant le bilan bruxellois de la législature et donc ces hâtives conclusions.
En final, attention de ne pas se faire déborder sur l’ailes … d’autres rumeurs.
n’empêche qu’Armand garde son calme et son sourire et les mains tendues vers tous y compris les socialistes (les méchantes langues diront qu’il y est bien obligé s’il veut que le MR reste au centre d’un gouvernement bruxellois) il pourrait bien y parvenir pcq ce n’est pas un personnage controversé pas plus que ne l’est Charles Picqué grand « vainqueur » à Bruxelles et donc reconnu par les Bruxellois comme il le mérite (selon moi)
Himself a raison. Sur ma lancée du week-end, je me suis laissé aller ici à faire écho à ce que je n’aime pas, c’est-à-dire des rumeurs, par essence invérifiables. Au vrai, elles sont surtout fondées sur des impressions, des sentiments, même chez ceux qui les font courir. La seule chose qui me paraît très probable, dans les circonstances actuelles, c’est qu’on débutera tôt ou tard par un round de négociations gouvernementales en vue de constituer des oliviers. Quant à savoir si ça débouchera effectivement sur des olives…
Autre clé de lecture, l’inscription des négociations de majorité avec en vue les prochaines fédérales (qui auront lieu au plus tard dans deux ans, mais au plus tot en octobre, vacances obligent).
Vu la situation peu confortable des libéraux, tant au nord, qu’au sud, Olivier rimera peut-être avec élections fédérales anticipées… effet De Wever oblige.
Ceux qui feront les majorités aujourd’hui seront mariés pour les fédérales aussi, en tout cas c’est une possibilité à ne pas négliger. A force d’avoir le nez dans le guidon Wallonie-Bruxelles, on en oublierait presque le noeud institutionnel dans lequel on se trouve.
Plus pragmatiquement, Ecolo va aussi tout faire pour tordre le coup à la caricature qui vise à donner d’ecolo le role facultatif de vase d’expansion socialiste (la sanction).
J’ai aussi comparé le baromètre de la Libre de fin mars 2009 avec le résultat du 7 juin, c’était donc un baromètre avant les affaires, et très curieusement pour le CDH, ECOLO et le MR, tant à bruxelles qu’en Wallonie, on est pile dans la marge d’erreur (entre 1.1 et 2.1 % d’écart), pour le PS c’est l’effet connu aujourd’hui un écart en sa faveur de 3.7 (WP) à 5.1 % (PB).
Qu’on ne vienne pas dire que c’est au détriment du FN ou des petites listes, parce que le baromètre ne s’y est pas trompé et annoncait déjà 2% et des miettes pour le FN.
Alors c’est quoi le truc ? Syndrome de Stockolm dan le chef des électeurs indécis ?
Bien à vous tous
la « victoire » du FDF n’est pas faite pour freiner l’abandon de Bruxelles par les flamands qui attireront aussi les européens dans le rand et Bruxelles deviendra un désert économique à l’image de la Wallonie, le Brabant wallon excepté; il y a là un grand danger pour les bruxellois qui n’ont pas compris qu’il faut accueillir nos compatriotes du Nord du pays si l’on veut que Bruxelles se développe pour le bien de tous; à force de s’autoencenser après des scores électoraux minables, nos élus ne voient pas qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis et c’est nous qui paierons les pots cassés comme toujours, ne peut-on vraiment rien y faire? quand Modrikamen se décidera-t-il à fonder un véritable mouvement réformateur pour les bruxellois?…
analyse
Olivier pour le Parlement Wallon, Jamaïquaine pour le Parlement Bruxellois : fiction ou réalité ?
1. L’électeur aura accordé le leadership aux libéraux à Bruxelles et au parti socialiste en Wallonie.
2. Ecolo et CDH ne sont pas indispensables pris séparément, d’où l’intérêt lorsque l’arithmétique n’autorise un parti d’être incontournable, de créer ce que l’on peut appeler un cartel informel du centre, ce que j’appelais le cartel Canada Dry lors d’une analyse précédente.
Ecolo et CDH semblent avoir testés des points de convergences prioritaires, ils ont par ailleurs débriefé ensemble suite à leurs rencontres respectives avec le PS et le MR, d’où les fameuses zones d’ombres dont parle la presse et que ce cartel entend lever si ce n’est déjà fait.
3. La discussion décrite comme saine et franche entre Didier Reynders et Joëlle Milquet ce week-end, lève probablement les dernières incertitudes et logique conflictuelle entre ces deux présidents, souvenons nous qu’en ce qui concerne l’entente Javaux-Reynders, elle a toujours été bonne, si pas amicale.
4. Le CDH souhaitait une uniformité régionale en matière de coalition, mais in concreto, tant le PS que le MR seront indispensables pour le dossier communautaire qui reviendra à l’agenda sous peu, autrement dit ce vœu pieu d’uniformité n’est probablement pas un enjeu crucial.
5. Pour Ecolo, il est assez difficile d’écarter le MR à Bruxelles, au vu des résultats. Peut-être aussi que préserver la présidence de Didier Reynders n’est pas un choix totalement innocent le cas échéant.
6. A la Communauté française, une asymétrie régionale entraîne de facto une présence de libéraux et de socialistes au parlement Communautaire, mais l’exclusive de Di Rupo annoncée durant Huit Clos ne parlait pas explicitement de la CF mais des parlement régionaux bruxellois et wallons, il existe donc une double porte de sortie honorable (la sémantique et l’éventuel choix imposé par le cartel canada dry Ecolo-CDH).
De plus au niveau de l’exécutif de la CF tout est négociable, et les enjeux de l’enseignement ne constituent plus de gros points de désaccords entre les partis.
7. Pour Ecolo, il existe une logique stratégique, dans une moindre mesure pour le CDH, cette logique s’inscrit dans l’agenda électoral fédéral qui aura lieu dans deux ans au plus tard, ménager MR et PS permet aussi de ne fâcher personne, ou le moins possible et surtout de ne pas prendre le risque social de voir les syndicats dans les rues namuroises au cas ou le PS serait écarté du pouvoir.
8. Si le cartel canada dry réalise vraiment une stratégie commune axée sur des projets communs, ils peuvent les imposer aux deux autres partenaires, et même créer une certaine émulation concurrentielle entre le MR et le PS, tout bénéfice pour Ecolo et pour le CDH au demeurant.
9. Au final on imagine donc l’intérêt d’une Jamaïquaine Bruxelloise, d’un Olivier Wallon (axé sur un plan Marshall 2.0 revu sous des angles durables et éthiques), et de la présence d’une quadripartite en Communauté française, avec pourquoi pas une présidence Ecolo pour la CF ?
10. L’argument imparable : le respect du choix de l’électeur et donc le respect pondéré des forces en présence, tout en donnant aux partis du centre une force de frappe stratégique contre les ‘majors’ politiques que sont le MR et le PS.
Même si la problématique de l’environnement ne se résume pas à de simples clichés caricaturaux et qu’en principe ni la gauche, ni la droite ne peuvent revendiquer une exclusive sur cet enjeu crucial, Ecolo n’en reste pas moins un parti plus proche du progressisme que du libéralisme.
Ecolo est-il prêt à assumer seul le progressisme en rejettant le PS dans l’opposition partout et ceci en pleine crise mondiale sous le seul prétexte de la mal gouvernance wallonne antérieure ou d’ inimitiés interpersonnelles ?