Sur le coup de théâtre du président du PS annonçant qu’il n’entrera à aucun prix dans un accord de majorité avec les libéraux, je me suis demandé:
Est-elle suprêmement habile, ou complètement débile, la combinazione initiée par Don Elio Di Rupo et paraît-il avalisée par ses moroses barons réunis en conclave? On saura au soir du 7 juin si cette manoeuvre de la dernière chance aura porté les fruits attendus par il capo di tutti capi socialistes. Mais l’énorme risque pour lui est que, paradoxalement, elle serve autant, sinon plus, son principal adversaire, j’ai nommé l’ignoble, l’infâme, le libéral Didier Reynders…
Pourquoi? Mais parce que s’il arrive à rendre à la campagne un enjeu idéologique bien manichéen sur l’axe gauche-droite, le gambit dirupien est tout aussi susceptible de resserrer les rangs libéraux autour du chef liégeois mal-aimé dans son propre camp que de colmater les brèches dans la coque du Titanic socialiste.
Le fait majeur de la campagne, jusqu’ici, c’était l’annonce d’une marée verte sans précédent. Nourrie par les déçus du MR aussi bien que par ceux du PS. Si Ecolo, dans son vécu profond et militant, est encore de la famille des pastèques – vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur, le mot est de Jean Gol si ma mémoire est bonne – il a bel et bien pris sur l’échiquier la position stratégique jadis dévolue au vieux PSC, au grand dam de la grande prêtresse du cdH et de ses vicaires, un peu hors-jeu sur le coup.
Mais là, subitement, Di Rupo revient aux vieilles rengaines et tente de recentrer le débat sur la question de savoir qui sera le premier parti wallon, on l’avait presque oubliée celle-là. Et Reynders apprécie. On a relevé qu’il n’avait « pas cillé » sous l’assaut dirupien. Moi, je parierais bien qu’il savourait en fait un bonne gorgée de petit lait en chantonnant in petto: fais-moi mal, Elio, ça fait du bien…

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J’ai un avis passablement différent… même si Elio Ier n’a plus mon estime depuis longtemps.
Effectivement, on peut se dire qu’il bipolarise le débat, niant – volontairement ou pas – le rôle d’Ecolo ou du cdH.
Mais on peut également se dire qu’il clarifie le jeu. On a connu tant de campagnes où 2 partis se déchirent pour mieux se marier ensuite. Et ça, le militant ne le supporte pas.
Ici, nous savons donc 2 choses très importantes:
1. Le PS n’ira pas au pouvoir avec le MR. Beaucoup de journalistes et commentateurs s’arrêtent là. Et n’y voient que de l’arrogance.
2. Le PS accepte donc clairement l’hypothèse de l’opposition si le MR devait monter dans une majorité. Et je ne vois pas là de l’arrogance mais plutôt une lucidité bien loin de l’image d’un parti qu’on dit accroché au pouvoir à n’importe quel prix.
Enfin, je reviens sur cette bipolarisation: est-ce qu’on nie vraiment l’existence et le rôle d’Ecolo et du cdH en refusant de s’allier avec le MR? Non. On nie seulement la possibilité pour ces deux partis de se déclarer « au-dessus de la melée ». Quand on fait de la politique, on se situe quelque part. Sur un axe gauche-droite ou sur tous autres axes mais on ne peut indéfiniment se dire tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt plus proche du projet défendu par les socialistes, tantôt plus proche du projet défendu par les libéraux, selon le score que font les socialistes ou les libéraux. Ici, Ecolo et cdH ont toutes les cartes en main: dans quelle direction décideront-ils d’aller en choisissant leur partenaire? Ils sont entièrement libres… mais ils poseront un geste et ce sera à eux, uniquement à eux, de l’assumer.
@ Benoît: Nous ne sommes effectivement pas d’accord là-dessus, cher Benoît. Moi, je ne crois absolument pas à la dimension « morale » que le parti socialiste veut imprimer à l’axe gauche-droite, c’est une prétention très simpliste si vous voulez mon avis. Or, c’est ce que contient implicitement votre proposition: à gauche, il y a les « bons » et tous les « ptits qu’on spotje », tandis qu’à droite, il y a les patrons égoïstes et avides…
L’homme n’est ni bon ni mauvais. C’est un peu la même chose pour les partis: ils préconisent des politiques dont aucune n’est « morale » ou « immorale » en soi, on leur demande seulement d’être orientées vers l’intérêt général dont personne ne sait avec certitude s’il pourra être mieux réalisé avec tel ou tel type de politique.
Alors nous, nous vivons dans un système de coalitions. Fort bien. Cela suppose qu’il n’y ait pas d’exclusives entre démocrates et ça, Ecolo (Javaux en tout cas) semble le comprendre quand il dit qu’il constituera une majorité en fonction des priorités sur lesquelles il sera possible de s’accorder.
Je n’ai pas non plus écrit que Di Rupo « niait » le rôle d’Ecolo et du cdH: il les place au contraire (sans jeu de mots) au centre du jeu, en maîtres du jeu mis en mesure de choisir leur(s) partenaire(s).
Je dis seulement que Di Rupo s’efforce désespérément de relancer un bon vieux débat bien manichéen entre les « bons » et les « méchants », sans doute pour faire oublier que cela fait plus de vingt ans que le PS est aux affaires (et dans les « affaires »), qu’il est à la Wallonie ce que le CVP fut à la Flandre: un « Etat » dans l’Etat. Et ça, ça suffit. Cela ne disqualifie aucunement les politiques préconisées par le PS, cela rend simplement insupportables les pratiques avec lesquelles il les met en oeuvre.
@ Charles : Je ne pose à aucun moment un jugement moral sur l’axe gauche-droite (ou tout autre axe), je ne prétends pas qu’il y a les bons d’un côté, les mauvais ou les méchants de l’autre.
Mais ma réaction se base sur une interprétation de la phrase suivante « votre proposition… »: par là, dois-je comprendre « ma » proposition… « la proposition d’Elio et moi »…
. Ce sont deux choses bien différentes
. Car si je ne pose aucun jugement moral, je parle bien sûr en mon seul nom et n’exclus pas qu’Elio, lui, en pose un… mais cela n’engage que lui (et le parti? peu importe, je ne suis plus affilié depuis 3 ans…).
Et si la solution n’était pas celle-ci: une bonne cure d’opposition, un président qui démissionne et Rudy Demotte qui reprend la présidence du Parti… Et le PS pourra reprendre une place plus digne sur l’échiquier en 2012 et après…
Benoît
Dans une carte blanche que vous avez écrite dans Le Soir récemment, vous parliez des clivages politiques. Je vous rejoignais à ce sujet particulièrement en ce qui concerne la situation d’Ecolo sur le pôle gauche-droite. On sait que l’écologie politique est pus encrée à gauche car elle nécessite un état fort et une protection , mais peut aussi être située plus à droite dans sa prise en compte de l’individu et dans le souhait de son émancipation. Dans ce sens, je trouve que le clivage productivistes VS post-productivistes, particulièrement en temps de crise économique, social et environnementale majeure éclaircit bien mieux le débat politique actuel… La ou la gauche et la droite jouent des coudes pour savoir que faire des richesses qu’il faut impérativement continuer à créer aveuglément avec l’objectif croissance du PIB, force est de constater qu’Ecolo (et peut-être le cdh quand il aura fini sa mutation post PSC) à une approche me semble-t-il très en phase avec les questions de société actuelles…
@ Benoît: Non, il n’y a pas de jugement personnel dans ma réponse rapide. Je veux simplement dire qu’il ne me paraît pas (plus) nécessaire de se positionner sur le vieil axe « gauche-droite » ou « possédants – damnés de la terre ». Comme dit Bastien, il y a d’autres clivages, il y en a d’ailleurs toujours eu, mais les plus nouveaux s’accommodent plus difficilement de l’ancien référent G-D.
@ Bastien: je pense pour ma part qu’aucun clivage n’a vocation à les résumer tous. Gouverner, c’est l’art subtil de choisir ses priorités et la façon de les traiter.
je ne peux m’empêcher de dire que je trouve le discours de Joëlle Milquet plus fédérateur, comme celui d’écolo d’ailleurs et à Bruxelles celui d’un nouveau parti que je ne nommerai pas sous peine d’être exclu de ce débat où semble-t-il Charles a une tendance pro MR marquée et c’est très bien comme cela, je préfère ceux qui expriment leur préférence sinon on reste un simple observateur qui se délecte des batailles préélectorales mais cela ne sert à rien si on ne s’engage jamais soi-même… en tout cas Charles a un art de dire les choses en piquant là où ça fait mal sans avoir l’air d’y toucher, quel art du discours journalistique! je crois d’ailleurs que l’avenir journalistique est de son côté car internet remplace efficacemnt le courrier des lecteurs…
@ Joseph Hansen: Non, Joseph, je n’ai pas « une tendance pro-MR marquée », je ne voterai probablement pas MR cette fois-ci, parce que ce serait aussi voter pour le FDF de Maingain et que ça, ce n’est pas mon choix de citoyen à l’heure qu’il est. Pour tout vous dire, j’envisage très sérieusement de voter comme vous mais je ne veux pas que le dialogue, ici, soit « pollué » par des commentaires qui ne relèvent pas du débat d’idées mais de la propagande. D’une élection à l’autre, depuis près de quarante ans, j’aurai voté pour à peu près tous les partis démocratiques, et même parfois pour des personnalités du FDF. J’estime toutefois, personnellement, ne pas avoir à « inviter » mes lecteurs à voter dans un sens ou dans un autre, ils sont assez grands pour se déterminer eux-mêmes.
Mes lecteurs vous connaissent maintenant, ils savent que vous êtes candidat sur la liste de ProBruxsel. Je ne vous ai pas demandé de le cacher, je vous ai seulement prié de ne pas assortir chacun de vos commentaires du slogan de votre parti. Ces commentaires perdraient tout leur intérêt si chacun y allait du sien ou, pire encore, s’il n’y avait plus moyen d’échanger ici avec ceux qui pensent différemment, qu’ils soient libéraux, socialistes, humanistes, Flamands, francophones, nationalistes, unitaristes, fédéralistes, écologistes, autonomistes molenbeekois ou pêcheurs à la ligne.
Voilà, je vous souhaite une bonne après-midi!
pendant 68 ans je n’ai été membre d’aucun parti et j’ai toujours voté pour des personnes qui me paraissaient avoir bien rempli leur tâche pendant la législature écoulée, mais je me suis trouvé limité dans mon vote par le fait qu’on ne peut choisir que dans une seule liste; ne trouvez-vous pas que ce n’est pas démocratique d’obliger l’électeur à restreindre son vote de cette façon? d’autant plus que le vote est obligatoire en Belgique!
je choisirais pêcheur à la ligne ,je n’ai plus confiance ,j’ai l’impression qu’ils mentent tous ,c’est la première fois que cela m’arrive!
En allant à la pêche ,je trouverai peut être la solution!