Je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps, à regarder cette émission dont je vous parlais il y a quelques heures… Et vous? Votre avis, si vous l’avez également regardée?
Je suis cette affaire depuis si longtemps, depuis que j’ai commencé à m’intéresser à la politique, en fait, vers 1968, que factuellement, je ne pouvais probablement faire des découvertes. L’intelligence et l’intérêt du programme, ce sont les regards qu’il autorise. Ceux des « grands anciens », les Martens, Dehaene, Moureaux, Deprez; Verhofstadt aussi bien sûr, qui a probablement, lui, encore un avenir. Mais surtout ceux, particulièrement lucides me semble-t-il, de Vincent de Coorebyter (CRISP) et plus encore – parce que moins familier aux francophones -, de Luc Huyse (KU Leuven).
Pour l’anecdote, d’abord, ce contraste saisissant auquel je n’avais jamais vraiment pensé mais qui s’impose: dans l’après-guerre et jusqu’aux grèves insurrectionnelles de 60-61, il y avait des mouvements populaires que tentaient de maîtriser de sages messieurs bien élevés, en costumes gris. Aujourd’hui c’est l’inverse. Ce sont les politiques qui s’empoignent, et le peuple, dans sa grande majorité, il s’en tamponne le coquillard… Il a d’autres soucis.
Je n’irai pas jusqu’à soutenir, avec certaine opinion populaire, que ce conflit est purement politicien, parce que ce n’est pas vrai, mais je pense, comme tout à l’heure, que c’est un problème essentiellement politique, de structures et d’organisation, pas vraiment une question nationale.
L’émission montre bien, à mon sens, l’importance décisive dans la situation actuelle de la disparition des nationalismes en tant que courants politiques autonomes et, par suite, la « contamination » des courants traditionnels par leurs résidus. L’explosion de la Volksunie surtout – les larmes de Hugo Schiltz, émouvantes quand même – et la migration de ses dépouilles, selon leurs affinités, chez les chrétiens, les socialistes et les libéraux. Mutatis mutandis, côté francophone, le problème qu’il faudra bien résoudre un jour, de l’emprise du FDF sur le libéralisme francophone – celle du courant happartiste sur le PS n’est plus aujourd’hui qu’un vague souvenir.
Il est déjà tard et ne vais pas m’étendre. Il faut décanter tout ça, le laisser mûrir dans son esprit, avant de tenter une nouvelle synthèse. Mais le choix, au fond, est entre la poursuite du processus intié en 1970, ce qui devrait conduire à une nouvelle « phase » de la réforme de l’Etat, à la Dehaene ou à la Verhofstadt; et le passage à une réforme plus fondamentale, celle du confédéralisme. Il me semble que ça, côté francophone, nous ne sommes pas suffisamment nombreux à le comprendre aussi bien que ne le comprend un Philippe Moureaux. Mais cela semble être une constante, dans la classe politique et dans l’opinion francophones: elles ont toujours au moins une « guerre » de retard.
P.S.: Je ne résiste pas à l’envie de recommander aux amateurs ma chronique de ce matin, dans Le Soir. Je me suis un peu « lâché » en commentant une rixe chez les nains de jardin…

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il y avait aussi Gérard Deprez intéressant dans ce qu’il dit mais toujours ambigu et mystérieux dans ses choix politiques; je me demande pourquoi il n’a pas rejoint Joëlle Milquet plutôt que un parti dont je ne me souviens plus du nom?
ce qui est surréaliste c’est qu’on semble enfin avoir un 1er ministre qui fait son boulot sans passer du matin au soir à la télé et il n’était même pas candidat à ce poste, donc chez nous il ne faut surtout pas prendre ceux qui se bousculent au portillon… ce n’est pas là,qu’on trouve les bons, mais dans la majorité silencieuse qui fuit les caméras! Triste conclusion pour les journalistes et la télé, mais c’est comme çà…
Le confédéralisme est inévitable et pas seulement en Belgique d’ailleurs c’est le cas de tous les pays fédéraux européens comme l’Espagne, la Grande-Bretagne ou l’Italie. Par contre, j’ai du mal à comprendre la naïveté patente de certains politiques francophones sur le maintien de la sécu au niveau fédéral. Elle est déjà morte puisque côté flamand on va mettre un bonus à chaque allocation possible pour faire une différence soit au niveau régional soit au niveau communautaire (avec dans l’idée de convertir les immigrés en flamand à Bruxelles par intérêt pécunier). C’est en fait exactement ce que préconise pas mal de politiciens flamands avec un système de bonus-malus où le financement des régions et des communautés dépendrait des performances des régions et communautés où il est assez évident que le bonus ira selon leurs calculs toujours aux flamands. C’est la solidarité version flamande. Un peu comme si tous les pays en voie de développement devaient récompenser les USA pour leur performance un jour.
c’est la loi du plus fort! vae victis! je ne sais pas comment on dit en flamand, mais de toute façon, en français aussi on ne prête qu’aux riches!
reconnaissons quand même que dans le passé ce sont les flamands qui ont fait l’effort d’apprendre la seconde langue et donc il est normal qu’ils ont obtenu la récompense de leurs efforts et pris la direction d’un pays bilingue, n’en déplaise au FDF
@hansen joseph
De toute manière, historiquement, ça a toujours été la loi du plus fort. Il n’y a dans l’histoire humaine qu’une mince période récente où on a commencé à ne plus utiliser cette loi du plus fort mais ça n’a pas duré longtemps, le monde économique nous a prouvé que ça pouvait aller loin …
Vous avez l’argent, vous pouvez imposer votre modèle de société et l’imposer aux autres. Le côté humain aujourd’hui n’a que peu d’importance.
Nous vivons dans des sociétés frustrées, bourrées de peur et nous sommes incapables d’anticiper quoique ce soit. Nous raisonnons à court terme et nous pondons de nouvelles règles qu’au pied du mur, des règles qui d’ailleurs seront de nouveau contournées.
« la femme est l’avenir de l’homme » a dit quelqu’un, feront-elles mieux quand elles dirigeront notre société, on peut toujours espérer…
il y a eu un slogan « osons le socialisme », je crois plutôt « osons la tolérance et la solidarité, aussi avec le libéralisme bien compris et la demande de faire un effort à tous, la vie n’est pas faite pour se reposer, sauf pour les nantis et encore ceux-là ont besoin de s’occuper pour ne pas déprimer et souvent s’investissent vers les autres comme notre famille royale.
Sarkozy avait dit « nous ne laiserons personne sur le bord du chemin », très beau maître-mot pour un dirigeant, j’espère qu’il tient sa parole pour les français!
@hansen joseph
Sarkozy ne s’intéresse pas au peuple. C’est juste un très bon orateur, rien de plus. De toute manière, pour lui, si vous êtes violent, dépressif, looser c’est génétique. Donc il laissera des gens au bord du chemin parce qu’ils sont nés ainsi. Il ne croit pas du tout aux méthodes éducatives, aux politiques de redressement et de soutien social. Pour lui, tout est prédéterminé. D’où sa focalisation uniquement sur la répression et ce dès le plus jeune âge.
Je ‘ai pas vu cette émission (je ne capte pas la RTBF ici à Belle-Île) mais j’aurais tendance à paraphraser le titre en : Parachever le délitement de l’Etat belge. Cela me paraît de plus en plus inéluctable malgré la méthode Coué des autruches francophones.
quoiqu’il en soit pensons à notre ville-région et adaptons-nous comme nous l’avons toujours fait, les bruxellois sautent au-dessus des barrières qu’on tente de leur mettre et inscrivent leurs enfants dans les écoles de l’autre communauté pour qu’ils deviennent quand même bilingues, mais cela n’empêche pas de revendiquer malgré tout de pouvoir organiser simplement nous-mêmes ce que les non-bruxellois s’amusent à compliquer inutilement, la vision de l’avenir appartient aux bruxellois, même s’ils ne détiennent pas encore le pouvoir dans leur région, je suis né sous le régime nazi en 1940, alors je ne me plains pas aujourd’hui, mais je souhaite quand même améliorer ce que nous vivons dans la Belgique fédérée.
Émission très instructive, en effet…
Personnellement, j’en ai retenu deux aspects :
d’une part, la « réforme » de l’Etat n’est pas une série de crise mais un processus dynamique…
d’autre part, tout comme la nation belge a été au XIXème le laboratoire de l’Europe post-napoléonnienne, le Belgique d’aujourd’hui est le laboratoire de l’Europe… la politique devrait donc s’imaginer en terme de projets (comment faire vivre ensemble des régions riches et des régions pauvres, mais aussi comment partager un projet commun se décrivant en langues différentes et se décivant en cultures différentes)
Ce dont parle Michel Serres, en quelque sorte…
@ Joseph Hansen: Nous avons tous compris que vous militiez pour un petit parti parfaitement respectable. Mais ce blog et ses commentaires ne sont pas un mur d’affichage. Vos opinions sont les bienvenues mais la propagande ne l’est pas. Je l’ai retirée de vos nombreux commentaires ci-dessus. Merci de faire preuve de plus de retenue à l’avenir, sans quoi je devrai prendre les mesures qui s’imposent.
Charles
excusez-moi, je me retiendrai d’y exprimer mes opinions dorénavant