J’écris un peu moins sur ce blog, ces jours-ci. J’ai beaucoup donné ces dernières semaines et je dois reconstituer mon stock d’idées, retrouver de la fraîcheur… Et puis, il faut bien faire bouillir la marmite!
Je songe aussi à quelques travaux d’entretien. Tenez: je viens d’ajouter une « page », déjà bien avancée mais encore en construction. Vous pouvez la consulter déjà sous le titre « revue de presse« , dans la sidebar, à droite. J’y ai placé des liens vers mes chroniques du Soir, mais aussi vers mes autres publications et vers les articles de presse qui en parlent. C’est également une forme de CV, si vous voulez, un outil de promotion, il ne faut pas le cacher. Une façon aussi de vous renvoyer vers d’autres travaux, parfois plus « lourds » que ces notes au jour le jour que vous me faites l’amitié de lire et de commenter. Et c’est enfin une incitation pour moi à allonger la foulée, à produire des choses plus ambitieuses que ces petits billets, dans mes domaines de compétence.
Cela fait donc partie en fait d’une réflexion plus large sur les fonctions que j’assigne à ce blog, au-delà du plaisir intense et premier d’y communiquer avec vous: me faire connaître et reconnaître. Vous voyez? Je vous parle franchement, là, en toute transparence, comme il se doit dans ce mode de communication.
C’est le côté formidablement intéressant de cette époque, la première qui l’autorise à cette échelle, à tout un chacun qui croit avoir quelque chose à dire, grâce au web. La confirmation en est apportée tous les jours, et incidemment aujourd’hui encore par cet intéressant billet de François Thoreau sur son blog, Périscope. Il y parle d’un type que je ne connaissais pas jusqu’il y a peu, Paul Jorion. Une sorte d’électron libre dans le domaine des idées. Il vient de publier un bouquin sur la crise, chez Fayard.
Je l’ai découvert sur Contre Info, un modèle de site à suivre: il s’y publie selon la baseline « les infos absentes des prompteurs du JT ». Et au-delà du slogan, ce n’est pas faux. J’y ai trouvé nombre d’analyses que j’ai commencé à citer ici et qui assument résolument le risque de l’originalité.
Attention! Je n’ai pas dit qu’il fallait mordre là-dedans comme dans de la tarte aux fraises et adhérer automatiquement à tout ce qui y est dit. Il faut même redoubler de prudence et garder en éveil notre esprit critique. Les époques troublées comme celles que nous vivons sont aussi du pain bénit pour les charlatans de la pensée. Mais c’est un grand courant d’air frais autorisant, dans la pratique, nos idées à « faire des rencontres », comme le dit le slogan d’un grand journal bruxellois…
L’époque y appelle. Les certitudes les mieux ancrées sont remises en cause, dans toutes ces « sciences molles », ou « humaines » – la politique, l’économie, le social – qui ne sont pas vraiment des sciences, au sens strict, parce que leurs « lois » ne sont pas susceptibles d’être infirmées, selon l’expression de Popper. C’est justement ce qu’énonce Jorion dans un des billets de son blog.
A sa manière, un autre blog – faisant partie d’un site complet – que j’avais repéré il y a longtemps mais que je ne suivais pas assez régulièrement jusqu’ici, me paraît s’inscrire dans la même philosophie: L’Econoclaste. Dans leur plus récent billet, les auteurs s’interrogent sur leur blogroll, ou blogoliste. C’est une question d’intendance, mais elle n’est pas neutre: la liste des blogs et des sites que vous recommandez à vos lecteurs doit être un élément de votre politique éditoriale.
La loi du genre fait qu’avec le temps, vous résistez de plus en plus difficilement à la tentation de faire plaisir aux amis, d’encourager les bonnes volontés ou de renvoyer l’ascenseur à ceux qui vous citent. C’est très « social » et sûrement pas inutile pour consolider votre « communauté », mais ce n’est pas toujours une bonne idée: une blogoliste n’est pas là pour faire plaisir mais d’abord pour être utile à vos lecteurs.
Voilà, ce ne sont que quelques notes jetées sur la table, un peu désordonnées, mais c’est dimanche et il est tard déjà. C’est une incitation surtout à vous faire réagir, car j’aimerais vous lire sur vos attentes. Ce blog, vous savez, est toujours en construction, sa politique éditoriale aussi. C’est son côté « journal intime ». Ce qui en fait quelque chose de différent d’un projet bien carré sur les quelques thèmes que je fréquente, un outil de ma réflexion sur ma participation à la vie politique, économique, sociale de la Cité. Et je vous suis reconnaissant d’y participer!

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Cher Charles,
Merci de citer Périscope en ces termes élogieux. Ce billet m’évoque un fondamental de la condition bloguesque, du moins au sens où vous et moi semblons l’entendre, à savoir : la réflexivité. Autrement dit, chacun à notre manière, nous essayons d’entretenir la flamme du blog, de réfléchir et de comprendre ses évolutions (et non pas de les subir) tout en laissant place au spontané, en préservant l’interface « agora » qui est peut-être bien la raison d’être de tout blog.
Cela pourrait bien constituer un germe d’épistémologie du blog, selon moi, une réflexion toujours en cours, jamais achevée, qui permet de contextualiser les billets proposés, de leur donner un sens… et, in fine, de maintenir le blog en vie (qui sait?) !