L’hebdomadaire satirique Père Ubu annonce que notre bonne vieille Libre serait en passe de se faire racheter par le groupe Corelio (De Standaard), apprends-je via Somebaudy. Prudent, pépé Ubu tempère toutefois son scoop en se demandant si c’est de l’info ou de l’intox.

La suite au prochain numéro, sans doute, mais comme aurait dit la bien oubliée Geneviève Tabouis, attendez vous à savoir bientôt que des mouvements sont en cours dans le petit monde de la presse francophone de Belgique qui, par ailleurs, bruit comme toujours de diverses rumeurs.

Je n’ai pas les chiffres en mains, mais quand on voit le marasme dans lequel se débat la presse écrite un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis et en France par exemple, il serait bien surprenant que nos gazettes se portent comme des charmes. Selon Père Ubu toujours, les ventes de La Libre et de la DH seraient d’ailleurs en baisse sensible, les problèmes conjoncturels s’ajoutant aux problèmes structurels.

Qu’on nous épargne cependant le traditionnel couplet sur les risques politiques d’une telle concentration du pouvoir d’informer entre des mains flamandes. Les patrons de presse d’aujourd’hui n’ont d’autre intérêt que de vendre du papier et ce qui s’écrit dans lurs journaux n’a d’autre intérêt pour eux que d’en faire vendre.

Dans ma carrière de journaliste professionnel et appointé (1978 – 1990), j’ai bossé pour un groupe flamand (Roularta). Quand j’ai signé mon contrat pour Le Vif, je m’en souviens comme de hier,  Rik De Nolf m’a bien spécifié que ce qu’on attendait de moi, c’était d’être un journaliste francophone à la conquête de lecteurs francophones.

Il est question ici d’économie, bien plus que de ligne idéologique, dont les propriétaires de journaux n’ont rien à faire, en industriels qu’ils sont. A ceci près que si elle se confirme, cette information sera quand même très significative du glissement vers le nord de ce qui reste des centres de décision du Royaume de Belgique.

[Mise à jour 25/10/08:] Le scoop de Père Ubu n’a manifestement pas plu à la société éditrice de La Libre et de la DH (I.P.M.) qui annonce carrément une action en justice contre le médisant vieillard… Et d’expliquer que cette rumeur serait née il y a quelques mois, dans le cadre de la bataille pour les fréquences radio, « avec les allures d’une intox malveillante ». A cet instant (nous sommes samedi et il est 16:21), papy Ubu n’a pas encore répondu à ce belliqueux démenti. Si belliqueux qu’il en est maladroit, d’ailleurs: on en viendrait presque à se demander pourquoi ce radotage de canard cacochyme, si c’en est un, émeut à ce point IPM.

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Une réponse to “La Libre et la DH chez Corelio?”

  1. Ø dit :

    Sauf que pour Vers l’Avenir, par exemple, l’impression se fait en Flandre. Il en sera certainement de même pour la DH et LLB si l’opération se vérifie.

    Si à vous lire ce n’est pas une perte idéologique, c’en est bien une économique.

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