En parcourant les journaux dans mon agrégateur, ce matin, je tombe sur ce titre ahurissant de L’Echo, relayant une info du Standaard: non seulement l’ex-directeur financier de Fortis, – le génial Numéro 3 que j’épinglais il y a quelque temps ici – a reçu une petite indemnité de 4 millions d’euros en quittant son poste mais, en plus, il est toujours là! Vous allez rire: comme conseiller spécial du CEO…

C’est vrai qu’on se passe difficilement d’une telle expertise: contribuer au naufrage d’une boîte comme celle-là n’est pas à la portée du premier crétin venu. Et ne vous étonnez pas non plus du montant de l’indemnité: comprenez quand même qu’au plus vite on détruit de la valeur, au plus les besoins en fonds de roulement sont importants.

Allez, trêve de plaisanterie. Je ne suis pas de ceux qui hurlent avec la meute contre les « parachutes dorés ».  S’ils sont contractuels. Et s’ils ne dissimulent pas une fraude, bien sûr. Mais la contrepartie, c’est un austère devoir qui consiste à savoir quitter la table quand il sied. Et ce n’est pas le remplir, ce devoir, que de continuer à fréquenter la mangeoire en stoemelings, comme on dit à Bruxelles; ça, ce sont des manières de petites gens.

[Màj 15:45] - Via Baudouin, en commentaires, la sanction, assez rapide pour une fois, annoncée ici par La Libre. A la place de Leterme, moi, j’aurais débarqué en personne chez  Fortis et on s’y serait souvenu de ma visite. Parce que si l’attitude de Numéro 3 n’inspire que le mépris, ceux qui ont décidé ou accepté de faire rentrer par un soupirail celui qui avait dû sortir précipitamment par la fenêtre, ce sont de sales cons, tout simplement. Quel que soit le nom qu’ils portent et que je ne connais pas. Jusqu’ici.

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2 Réponses to “Chez Fortis, on ne connaît pas la pudeur…”

  1. Benoît dit :

    Ah les parachutes dorés… Je suis viscéralement contre… mais également pour le respect des conditions d’un contrat. Si un parachute était prévu à l’embauche, il faut l’activer en cas de départ. Entendre les politiques crier au scandale alors que plusieurs parachutes ont été accordés dans des sociétés où le politique a plus que son mot à dire, cela frise la schyzophrénie (ou la malhonnêteté intellectuelle).

    Ce qui me gêne particulièrement dans le parachute, outre la disproportion souvent observée dans les montants, c’est qu’il revient à payer « pour mauvais services rendus ». Si un employé ne satisfait pas son employeur, il touche au mieux quelques mois d’indemnités. S’il a « foiré dans les grandes largeurs », il est viré pour faute grave et perd ses droits aux chômage. Un CEO qui fait de même reçoit qq millions d’euros… avec le paradoxe qu’un CEO peut avoir tout intérêt… à être viré!

    Et si en plus, comme dans le cas présent, on touche le jackpot ET qu’on reste employé dans la banque, c’en devient surréaliste!

  2. Baudouin dit :

    Game over.

    Y aurait des trucs à dire sur la vitesse de propagation de l’info en ligne et son rôle d’accélérateur dans cette crise…

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