Dans le contexte, la nouvelle est passée presque inaperçue. Sur les marchés financiers, dans l’actualité et dans nos vies quotidiennes, il se passe de choses bien plus importantes. Voilà: une action du Marché Libre d’Euronext Bruxelles passe à la trappe. Val Saint Lambert International, dont la cotation est actuellement suspendue et dont l’assemblée générale extraordinaire du 6 octobre se verra proposer la mise en liquidation de la société.
Fin 2005, les actionnaires majoritaires avaient levé près de 2,5 millions d’euro en ouvrant le capital au public. Si ma mémoire est bonne, l’IPO avait été sursouscrite par un tas de braves gens qui ont dû se dire que le Val, quand même, c’était une belle marque. Et c’en est une. Mais ça ne suffit pas.
Moins de trois ans plus tard, la cristallerie a fait faillite. Pas la société cotée, non, celle-ci n’était qu’une holding, propriétaire, en sus, de la marque et de quelques autres babioles. Les curateurs ont finalement trouvé un repreneur pour la cristallerie. La holding va lui céder ses autres actifs, un peu contrainte sans doute, pour un prix lui permettant tout juste de payer ses dettes. Il ne restera rien pour les actionnaires.
C’est la règle du jeu. Ce sont des choses qui arrivent. Moi, j’ai assisté à la présentation du projet, en décembre 2005, à la bourse de Bruxelles. A un moment, quelqu’un a demandé comment seraient représentés et défendus les intérêts des petits porteurs sollicités. On lui a répondu que monsieur F. avait déjà géré une société cotée et qu’il connaissait donc son affaire.
J’avais trouvé ça, disons: cavalier. Je n’avais rien dit. De quel droit aurais-je diffusé mon opinion personnelle, qui en devint instantanément négative? Je me suis dit alors que si j’avais eu des fonds à investir, je ne les aurais sûrement pas confiés au Val.
Aujourd’hui, je suis partagé quant au sort des petits porteurs dont l’investissement est réduit à néant:
- Il est scandaleux de les avoir embarqués dans cette aventure, de les avoir tenus dans l’ignorance de l’évolution des affaires et, finalement, de les avoir trompés;
- Un minimum de jugeotte aurait dû leur permettre de comprendre qu’il était très imprudent de souscrire à cette IPO, ils n’ont qu’à « s’asseoir sur leurs cloches ».
Dans la première option, j’en appelerais à une réglementation plus stricte. Dans la seconde, je me contenterais d’un haussement d’épaules. C’est exactement le même choix à faire qu’au moment de tirer les conclusions de la crise financière qui secoue actuellement la planète. Il n’y a, au fond, que l’impact qui diffère: les victimes de l’incompétence des anciens dirigeants du Val ne sont que quelques dizaines ou peut-être centaines d’individus imprudents; nous sommes tous les victimes innocentes de la cupidité et de la stupidité de quelques banquiers.
Jean de la Fontaine aurait peut-être tiré une jolie fable de cette comparaison un peu audacieuse.

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Je suis (trop) prudent: j’attends de voir le résultat de l’AG du 6 octobre pour me prononcer.
Car si l’info selon laquelle la vente des actifs de VSLI « suffit tout juste à payer les dettes », les actionnaires principaux perdront aussi pas mal d’argent.
Dans le cas contraire…