Aujourd’hui, Google Analytics m’annonce un net regain d’intérêt, parmi les lecteurs de ce blog, pour un article déjà ancien. Il date du 23 mars dernier. Il était titré: « Pourquoi je vends mes actions Fortis« . C’est la deuxième page la plus visitée sur ce blog, aujourd’hui. Les requêtes viennent essentiellement des moteurs de recherche, « Fortis » ayant été très demandé par les internautes, pour des raisons évidentes.
C’était à Pâques, je pense. Au soir du Jeudi Saint, le titre avait clôturé à 15,09. Le mardi suivant, il avait ouvert à 15,65. Notez donc, Messieurs de la CBFA, que ce billet-là n’était pas une tentative de manipulation de cours ou une méchante rumeur spéculative: à l’époque, il n’y a pas eu grand monde pour faire comme moi et se débarrasser de ses Fortis aux alentours de € 15.
Mais moi, j’ai eu le nez creux: vendredi, l’action cotait encore royalement 5,20, comme on ne peut manquer de le savoir si on a ouvert au moins une gazette ce week-end…
Je ne vous dis pas ça pour faire le malin ni pour vous donner des regrets, dans le cas où vous auriez encore des Fortis en portefeuille. Je souhaite seulement vous soumettre quatre petites leçons que je crois pouvoir tirer de cette expérience:
- Un site web – et notamment un blog – se construit dans la durée. Si votre objectif est, très normalement, d’y attirer des visiteurs, il est essentiel de l’alimenter très régulièrement en toutes sortes d’articles susceptibles d’intéresser les lecteurs que vous recherchez. Certains d’entre eux passeront peut-être inaperçus au moment de leur publication. Mais les moteurs de recherche ont de la mémoire et il se peut bien qu’une actualité brûlante, un jour, leur procure une nouvelle jeunesse. En relisant celui-ci, je me dis d’ailleurs qu’il n’a pas vraiment vieilli;
- Il est politiquement correct de critiquer les marchés aujourd’hui. Je me permets quand même d’observer que c’est précisément un marché, boursier en l’occurrence qui, bien au-delà de notre bancassureur binational, est occupé à sanctionner les conneries de banquiers fous et des idéologues délirants de l’actuelle administration américaine. Bref, m’est avis que ce n’est pas tant le marché qui dérape, que les politiques – élus – qui ont déraillé en laissant n’importe qui faire n’importe quoi;
- Si c’est la bourse qui vous intéresse, faites vous votre opinion sur les opportunités d’investissement qui s’offrent à vous et suivez-la sans complexe! Vous vous tromperez peut-être, comme cela m’arrive évidemment aussi – trop souvent, hélas -, mais je vous assure qu’il vaut beaucoup mieux apprendre de ses propres erreurs que prendre une veste pour avoir fait comme tout le monde ou pour avoir suivi les conseils d’un « spécialiste » qui ne lit pas plus l’avenir que vous dans les étoiles ou dans le marc de café. Et si vous n’arrivez pas à vous faire une opinion personnelle, ou si vous n’en avez pas, n’investissez surtout pas!
- Si vous vous dites enfin que du Fortis à € 5, c’est une opportunité à ne pas manquer, souvenez-vous quand même que tant que le cours baisse à cette allure, c’est qu’il n’y a pas suffisamment de monde qui pense comme vous pour le stabiliser et que votre raisonnement devrait aller un peu au-delà de la simple constatation que « du Fortis à € 5, on n’a pas vu ça depuis longtemps ». Il existe un vieux dicton boursier qui dit sagement: « Never try to catch a falling knife » (N’essayez jamais de saisir un couteau dans sa chute, vous risquez de vous blesser). Ceci n’était pas un conseil de (non-)placement, rien qu’une règle de conduite…
Sur la communication de Fortis, voir aussi ce billet d’un nouveau blog français (il est né en juillet) qui démarre bien.

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« Si vous vous dites enfin que du Fortis à € 5, c’est une opportunité à ne pas manquer, souvenez-vous quand même que tant que le cours baisse à cette allure, c’est qu’il n’y a pas suffisamment de monde qui pense comme vous pour le stabiliser et que votre raisonnement devrait aller un peu au-delà de la simple constatation que “du Fortis à € 5, on n’a pas vu ça depuis longtemps” »
Vous avez raison, en partie.
Quand on voit le carnet d’ordres au 28/9/08 (bien sûr on ne voit pas les ordres cachés), on voit tout de même qu’à ce prix le marché est acheteur (plus de 500.000 actions en excès de demande).
21 543952 5.200 5.227 548 1
8 12264 5.190 5.230 2000 1
2 2500 5.180 5.244 36 1
Il faudra voir lundi ce que cela donne.
A ce prix-là il y a aussi eu vendredi 35 Mios d’actions échangées, donc tout de même 35 Mios d’actions achetées.
Ces actions sont-elles achetées:
)
1. Pour prendre le contrôle de Fortis? On devrait alors le savoir très vite.
2. Pour spéculer sur une « correction technique »? Cette tendance serait alors de courte durée.
3. Parce que les acheteurs croient en une sous valorisation de l’action? C’est peut-être le cas, car sur 24 analystes repris par Keytrade, 9 conseillent d’acheter, 10 de conserver et 4 de sous pondérer ou de vendre (1 se tait
Je reste convaincu que le problème actuel est un manque de confiance et que Fortis pâtit de sa mauvaise communication.
Quand le capital est détenu en grande partie par des particuliers et peut-être par des institutions qui ont besoin de cash, il n’y a plus aucune rationalité.
Le pari est donc de voir si Fortis passera le week end. Si oui, il y a certainement une grande opportunité d’achat.
Le risque ne vient pas de la valeur « réelle » de l’action (sa valeur intrinsèque est de 14 €) mais bien de la confiance du marché.
Qui est roi. Et en cela vous avez raison.
[...] soir alors pour les précisions à toutes fins utiles, allez faire un tour chez Chaos Thierry , Charles Bricman et Jean Claude Benard. Moi je vais [...]