Alain Gerlache a lancé le débat de manière un peu énigmatique: « Les amis des fachos sur Facebook ne sont pas mes amis« , écrivait-il lundi sur sa page. Le blog de Pan (que je cite via Benoît Demazy) embrayait mercredi en énumérant les noms de quelques petites stars de la rue de la Loi qui se sont fait piéger en acceptant l’un ou l’autre abruti du FN dans leurs « amis ». Et l’hebdo satirique de sonner la charge: « On vous l’avait bien dit, Facebook c’est dangereux« .
Correct. Facebook, c’est dangereux. Faut-il pour autant rester à l’écart?
La voiture aussi, c’est dangereux. Le saut à l’élastique plus encore. L’une et l’autre ont pourtant leurs adeptes, qui ne sont pas tous des trompe-la-mort. La question centrale est de savoir comment contrôler les risques, et comment les évaluer en considération du plaisir ou des bénéfices qu’on peut en retirer.
Voici donc les sept règles que je me suis fixé pour éviter les pièges de la chose sans me priver de ses avantages qui, pour moi, consistent essentiellement en
- la construction et la consolidation d’un réseau professionnel,
- l’acquisition de connaissances, d’expérience et d’informations,
- la démonstration d’une compétence.
Tout cela est-il bien (trop?) sérieux pour ce que beaucoup ne considèrent encore que comme un jouet pour ados en mal de socialisation virtuelle et pour quinquagénaires en pleine MAC (middle age crisis)? Je ne le pense plus. A l’usage, et en dépit de sa réputation principalement ludique, j’en viens à considérer Facebook un peu comme un couteau suisse: ça peut servir à tout. A beaucoup de choses en tout cas. Mais c’est une autre histoire, revenons à nos moutons.
Une première réflexion, qui demande sans doute à être affinée, m’amène ainsi à formuler pour moi-même 7 règles de survie sur FaceBook:
- Choisir ses « amis ». – Cela devrait être évident, mais ce ne l’est pas pour tout le monde. Depuis deux mois que je suis sur le réseau, j’ai déjà plusieurs fois été sollicité par des gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Je les « ignore ». Faut-il pour autant refuser tous les inconnus? Je ne le pense pas. C’est prétentieux. L’inconnu, lui, il peut vous connaître, comme vous « connaissez » certaines personnes qui n’ont jamais entendu parler de vous. En cas de doute ou d’ignorance, vous pouvez toujours adresser un message à celle ou à celui qui vous contacte et lui demander pourquoi il le fait. S’il ne répond pas, c’est plutôt mauvais signe…
- Refuser les anonymes. – Le cas est plutôt rare sur Facebook, et pas forcément malveillant, mais il y a des rigolos qui s’y présentent sous un pseudo. Sur les blogs et dans les forums, la maladie est malheureusement très répandue. Elle me met toujours un peu mal à l’aise. Sur Facebook, elle n’a aucune justification à mon avis. Ignorez-les, à moins bien sûr que vous sachiez qui se cache derrière. Attention toutefois, ce faisant, à ne pas gêner vos autres vrais amis: ils viennent dans votre « club » en confiance, visière levée, et ne seront pas forcément heureux d’avoir à y côtoyer des surfeurs masqués.
- Etre soi-même réservé et transparent. – Corollaire de ce qui précède, il ne faut pas attendre des autres ce que ne vous imposez pas à vous-même. Ne revendiquez donc pas des « amis » que vous ne connaissez pas et montrez de vous ce que vous aimeriez savoir des autres avant d’entrer en relation avec eux. Vous pouvez avoir envie d’afficher dans votre club l’une ou l’autre célébrité, mondiale ou locale. Un petit mot d’accompagnement à votre sollicitation sera de nature à inspirer la confiance. Et si ça ne fait pas de bien, ça ne fera sûrement pas de tort!
- Sélectionner ses « groupes » et autres « pages ». – Pareil que pour les « amis ». Les manipulateurs ont toujours le chic pour lancer des groupes d’apparence anodine et pour en noyauter de sérieux. Tant qu’à parler du FN, j’ai en tête ce groupe qui promeut Bruxelles en tant que région à part entière et où les fachos se sont installés avec leurs vidéos, les seules à y être publiées. La parade est d’une grande simplicité: contactez l’administrateur et faites lui part de votre déplaisir. S’il n’en tient pas compte ou, pire, s’il ne répond pas: barrez-vous!
- Peser et soupeser les « causes ». - Je suis plutôt prudent avec cette application. Non que je veuille cacher mes opinions. Au contraire. Mais je la trouve plutôt piégeuse. Pas pour la cause en elle-même, à laquelle on est libre d’adhérer ou pas, mais pour la façon dont elle est défendue. Je connais bien des causes fort légitimes que je ne serais pas fier de défendre dans certains partis ou en certaines compagnies, si vous voyez ce que je veux dire…
- Assumer et surveiller ses affiliations. – Dans le prolongement naturel de la quatrième règle, il s’impose évidemment, une fois que vous avez adhéré à un groupe ou à une cause, de vous assurer qu’il continue à répondre à vos critères. Au-delà de l’évidence, cela signifie aussi qu’il n’y a guère de sens à rester membre d’un groupe que vous avez cessé de fréquenter ou auquel vous ne participez pas vraiment. Dans ce contexte, nul ne vous tiendra rigueur de votre désertion.
- Rester cohérent avec soi-même. - Vous êtes venu sur Facebook parce que vous aviez une ou plusieurs raisons pour ça. Assumez les à fond. Personnellement, j’essaie de faire ça en toute décontraction, sans trop me prendre la tête, mais avec un minimum de sérieux. Certains de mes contacts me sollicitent parfois avec des applications farfelues mais je n’y réponds pas. Il arrive même que j’en « bloque » certaines. Ce n’est pas que je sois un pisse-froid – je ne crois pas du moins -, mais il y a parfois des gens dont je me demande s’ils n’ont rien d’autre à faire, dans la vie, que jouer sur Facebook. Je n’aimerais pas trop qu’on se pose cette question à mon propos.
Voilà. Ce n’est qu’un premier jet. Avec vos commentaires, si le sujet vous intéresse, cela me plairait bien d’affiner un peu le sujet.

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Hmm, facebook est un ‘jeu’ de networking, truc moderne, truc plûstot de jeunes. LinkedIn est plus proféssionel.
Et bien, mon rapport à Facebook n’est pas si complexe. Personnellement, j’y vais au feeling et je prends les choses comme elles viennent…
[...] Mes 7 règles de survie sur Facebook [...]
Je suis assez d’accord avec ce que dit Charles et je trouve qu’il faut bien définir la notion d’ »ami ». Si on veut, on peut devenir l’ « ami » de nombreux responsables politiques que vous n’avez jamais rencontrés, mais est-ce que cela a un sens? Pour moi, non. Je trouve que c’est plus logique de se mettre dans un groupe « Fan d’Elio Di Rupo » ou « Fan de Didier Reynders », là, cela correspond à la réalité. Moi aussi, je pourrais envoyer une invitation à Charles, mais même si nous nous connaissons à travers nos blogs, nous ne nous sommes jamais rencontrés, parlés ou envoyés de mails, donc je considère que nous ne sommes pas « amis ».
Alors, à quoi cela sert Facebook? Personnellement, j’ai retrouvé une vingtaine d’anciens copains d’écoles, je vois à quoi ils ressemblent et comment ils évoluent dans la vie. J’ai renoué contact avec quelques-uns d’entre eux par mail et il n’est pas exclu qu’on se revoie une fois. Aussi, dans ce cas-là, je trouve que Facebook est utile. Enfin, quand Facebook nous rappelle les dates d’anniversaires de nos « amis », cela évite certains oublis…