Fabrice Grosfilley arrête ses activités de blogueur. C’est bien dommage pour nous, ses lecteurs. Et peut-être aussi pour lui, qui devait bien s’amuser. Mais cela lui a paru inévitable: il explique dans son billet d’adieu que ses nouvelles responsabilités (il a été nommé rédac-chef à RTL-TVI, félicitations Fabrice!) ne lui permettront plus de trouver le temps de bloguer.

Je suis curieux de voir si quelqu’un va reprendre le flambeau, à RTL. Mine de rien, « rue de la Loi » c’était devenu une petite marque. Oh, bien modeste sans doute. Le nombre de ses lecteurs quotidiens devait se chiffrer en centaines plutôt qu’en milliers. Bien loin des audiences de la station.

Mais je suis bien convaincu que les entreprises de presse, si elles veulent sortir à leur avantage de la révolution numérique et échapper à la Terreur qui va avec toutes les révolutions, sont dans l’obligation absolue d’investir la Toile. Mieux, plus fort et plus vite qu’elles ne l’ont fait jusqu’à présent. Mieux surtout.

Pour tout dire, et là je m’avance un peu, je ne suis pas sûr que Fabrice lui-même en soit déjà tout-à-fait convaincu. Dans son dernier billet, c’est de manière un peu convenue, je trouve, qu’il « avoue que l’expérience [lui] a beaucoup apporté ». Que « cet outil (…) permet un échange rapide entre l’auteur et ses lecteurs »; qu’il est « facile et léger à mettre en place, aisément personnalisable et très réactif ». Bref, que c’est « désormais l’un des medias à la disposition des journalistes et que ceux-ci ne doivent pas s’en désintéresser ».

Tout ça est bien vrai. Mais c’est un peu tiédasse à mon goût. Il y a plus et mieux à dire. Quoi ça? Vous voulez que j’essaie? Allez, juste quelques idées comme ça, jetées sur l’écran comme elles me viennent par un samedi d’été.

1. Les niches et la « longue traîne »

Dans les années 70, lorsque je faisais mes premiers pas dans la presse, à la rédaction économique et financière de La Libre Belgique, il y avait un lecteur, un patron de PME, qui nous téléphonait pour nous engueuler quand nous rations trop souvent les cours de je ne sais plus quelle matière première, les oeufs à Kruishoutem ou les mitrailles non-ferreuses à Hout-Si-Plout. Il s’était abonné à La Libre parce que c’était le seul canard disponible en Belgique qui le lui fournissait quotidiennement, ce satané cours.

Je ne sais pas ce qu’il est devenu ce monsieur. Enfin, je crains pour lui qu’il réside désormais au boulevard des Allongés, il avait déjà bien passé 60 ans, en 70. S’il revenait, il ne s’abonnerait sûrement plus à un journal papier pour avoir ses cours. Il aurait une connexion internet.

Moi, je travaillais aussi le dimanche, à la rédaction sportive (quelle fantastique école d’écriture!) Nous étions connus pour fournir résultats et chroniques de compétitions dans des disciplines que personne ne suivait, à l’époque, parce que trop confidentielles pour les medias de masse: hockey sur gazon, tennis (si, si, c’était bien avant Kim et Justine…), golf, yachting…

Et ça allait loin: en été, nous courions les tournois de tennis dans tout le pays et publiions tous les résultats, de Messieurs I à Dames III (les modestes non classés jouaient alors en troisième catégorie), avec compte-rendu personnalisé (souvent avec la complicité bienveillante du juge-arbitre) de toutes les finales au moins. Sous les combles du journal, mon instituteur de 6e primaire, l’adorable Emile Buelens, consignait tous ces résultats sur des fiches en carton, en « tutant » frénétiquement ses Belga sans filtre dont la fumée lui faisait cligner les paupières et lui encombrait les bronches avant de lui boucher les artères. Au moment de mettre à jour ses classements, la Fédération de tennis lui téléphonait souvent pour vérifier les siens, ou pour en récupérer un qui lui manquait.

En y repensant, je me dis parfois que mon chef de rubrique, Albert le Maire, était une forme de génie, né trop tôt dans un monde trop jeune. Il aurait pu inspirer Chris Anderson au moment d’écrire « The Long Tail« . Il avait inventé les medias de niche, le bougre. Mais il n’avait pas encore à sa disposition les moyens techniques qui les rendent vraiment possibles et efficaces. Je suis sûr que s’il ressuscitait aujourd’hui, monsieur le Maire (on n’aurait jamais osé dire: « Albert ») serait sur Friendfeed et publierait désormais des blogs, des wikis et des nings…

Parce que c’est quoi, la révolution numérique dans la presse? C’est une mutation (je sais pour faire sérieux, je devrais dire: « un changement de paradigme ») qui rend complètement obsolète la conception qu’on avait au XXe siècle de ce que doit être un journal: un aperçu, forcément limité et biaisé par la distance, de tout ce qui se passe dans le vaste monde.

Vous avez encore besoin du Soir ou même du Monde pour suivre les élections américaines, vous? Allez! Le contenu de la plupart des journaux américains, du New York Times à la plus obscure gazette du Middle West ou de la Bible Belt vous attendent sur le Net.

A la fin du siècle, l’audiovisuel avait déjà fortement ébranlé le concept. Internet achève de le détruire. Les journaux ont donc de moins en moins de lecteurs, les radios et télés traditionnelles aussi, les annonceurs les quittent. Pour l’heure, leurs directions mettent l’accent sur la réduction des coûts, rendant leur contenu encore moins indispensable et accentuant donc la chute de l’audience. C’est une histoire qui doit mal finir. Sauf si…

2. Priorité à l’info

Sauf s’il existe, quelque part dans les limbes, un modèle économique rentable permettant de fournir aux gens une denrée dont ils auront toujours plus besoin pour mieux vivre: de l’information.

Parce que c’est important? Bien sûr. On peut certes vivre très bien sans savoir ce qui se passe rue de la Loi ou à Matignon, à Trois-Rivières ou à Oulan Bator. Mais à l’autre extrême, caricatural, il est plutôt déraisonnable de sortir de chez soi sans savoir s’il pleut ou s’il fait torride. L’information, c’est ce dont on a besoin pour prendre ses décisions.

Alors bon: vous me direz que pour savoir le temps qu’il fait, point n’est besoin d’acheter le journal; il suffit de regarder par la fenêtre. Et vous terminerez en m’assénant que pour connaître les résultats du caucus démocrate dans l’Iowa, il suffit de brancher votre ordinateur. OK. Mais je vous répondrai que dans tout ce que vous picorez comme ça, à gauche et à droite, il y a moins d’information que de données brutes (j’emprunte une fois de plus cette pertinente distinction à Bertrand Duperrin).

Prenez la bourse, par exemple. Vendredi soir, l’indice Bel 20 a clôturé à 2.983,55 points. So what? Qu’est-ce que ça veut dire? Faut-il acheter, ou se précipiter vers la sortie de secours? L’indice de clôture de la bourse de Bruxelles, vendredi, n’est une donnée signifiante que pour ceux qui sont capables de l’interpréter, d’en faire une information en la considérant sous divers angles, en la mettant en relation avec d’autres données.

Là est le boulot de l’entreprise de presse, et donc du journaliste. En principe. En principe seulement, parce que c’est ce qu’on lui demande de moins en moins. Faut faire court, coco! C’est cher, le papier… Et puis, toi aussi tu coûtes cher. Alors c’est très bien, la spécialisation, mais on n’a plus les moyens. Elle était fabuleuse, ta série sur la culture des petits pois en Nouvelle-Zélande, mais maintenant on a aussi besoin de toi au secrétariat de rédaction, avec les Jeux de Pékin. Alors tes petits pois, tu les mets en veilleuse, d’accord? On prendra Belga ou l’AFP pour le suivi. Etc, etc…

Ceux qui font ça, à mon humble avis, ils ont tout faux. Pas parce qu’ils font des économies, c’est indispensable. Mais parce qu’ils se trompent dans l’allocation de leurs ressources amaigries.

Moi, je commencerais plutôt par économiser le papier plutôt que les hommes. Et je virerais toutes les « informations » qu’on peut trouver aussi facilement (et gratuitement) ailleurs: les cours de bourse, les programmes des cinémas et des télés, les pharmaciens de garde, j’en passe et des meilleures. Peut-être pas les nécros ni les petites annonces, notez: tout ça dépend de ce que ça rapporte et de ce que ça rapporterait après migration sur le Net.

En gros, je supprimerais tout ce qui est données brutes. Mon précieux papier, je le réserverais à de l’information. Et à des textes, des vrais, de ceux qu’on lit dans le train ou dans son bain, avec un effort d’attention et de compréhension.

3. Assumer sa différence

Plus important encore, j’abandonnerais une idée farfelue qui m’a souvent perturbé, comme journaliste de base: la volonté d’être « complet ». J’ai eu un rédacteur-en-chef que je ne citerai pas (R.I.P.) qui tous les matins, faisait le tour de la rédaction en demandant pourquoi on avait raté, dans la dernière édition, la nouvelle que publiait fièrement un concurrent. Je considérais qu’il aurait mieux fait d’inverser le raisonnement et les priorités: pourquoi n’avions-nous, à quelques nuances près, que la même matière que les autres?

La volonté d’être complet, pour un journal, n’est qu’une forme parmi d’autres de conformisme. C’est une attitude moutonnière et défensive. Elle ne consiste pas à donner au public une bonne raison d’acheter votre canard plutôt qu’un autre, mais à lui en donner une mauvaise de ne pas acheter cet autre plutôt que le vôtre… Moyennant quoi vous en arrivez à la situation dans laquelle on n’achète plus ni l’un, ni l’autre!

Et le plus important, c’est que ces choix ne doivent pas être faits sur une impulsion ou sur une passion, comme un blogueur, mais en fonction de vos lecteurs. De quoi ont-ils besoin ou envie? De la politique? Donnez en leur. Beaucoup et de la bonne. Des faits divers, de la bourse, de la culture? Idem. Recrutez les compétences nécessaires à cet effet. Et suivez le conseil de Jeff Jarvis:

Cover what you do best. Link to the rest.

Ce qui nous ramène à la presse online, vous avez remarqué? :-)

4. Services d’information

Ah… la presse online! Je connais bien des journalistes qui ne l’aiment pas, par principe. Elle dévaloriserait leur travail en le jetant gratuitement en pâture à des internautes qui papillonnent d’une page à l’autre. Et puis, ma chère, l’impudence de ces cuistres de blogueurs qui se prétendent tous journalistes! Je vous demande un peu…

A mon estime, il n’y a qu’un point sur lequel les critiques sont vraiment fondées: la presse en ligne n’a pas encore de modèle abouti. Elle est encore au berceau. Elle est encore trop dépendante de ses parents, madame Lapresse et monsieur Léditeur.

Jusqu’ici, et sauf peut-être aux Etats-Unis, la presse en ligne n’est encore qu’une annexe, un appendice, une simple excroissance de la presse papier. On se contente, dans le meilleur des cas d’y reproduire les articles des journaux du matin en y joignant un fil de dépêches, parfois sommairement traitées, et un forum trop souvent bien mal fréquenté. Et de la pub.

Peut mieux faire. Beaucoup mieux.

Profiter d’abord de l’élargissement de l’espace. Car ici, il n’y a pratiquement plus de limites imposées au stockage et à la publication des données. C’eût été un rêve, pour mon vieil Emile qui se débattait avec ses fiches en carton et ses bacs en bois: il aurait pu répertorier sans douleur tous les résultats de tou(te)s les tennis(wo)men de Belgique, les croiser et les recroiser dans tous les sens, établir les plus sophistiqués des classements, avec photos, hyperliens, géolocalisation et tout ce que vous pouvez imaginer. Ce qui les aurait sûrement intéressés, les 60.000 joueurs et joueuses que le Royaume comptait à l’époque…

Hier matin encore, je lisais quelques articles se référant aux sept exigences du CD&V pour la réforme de l’Etat. Je n’ai pas pu lire le texte du communiqué lui-même. Il est pourtant sûrement quelque part, ne serait-ce que sur le site du parti. Un p’tit lien, ça n’aurait pourtant pas fait de tort pour l’internaute pressé, intéressé mais insuffisamment motivé. Tenez d’ailleurs, je fais quand même l’effort: le voici, en exclusivité je crois pour la presse francophone…

La presse en ligne, ce devrait donc d’abord être une collection de bases de données brutes et les moyens d’y accéder… ou de se faire livrer des alertes et mises à jour, par e-mailing, sur téléphone mobile ou autrement.

La presse en ligne, ce devrait être ensuite un supplément – pas une simple reproduction – d’informations. J’en reviens ainsi au blog de Fabrice. A la place de RTL, moi, je le lui rachèterais pour le confier à son successeur, dont j’aménagerais le temps de travail et/ou le salaire en conséquence. C’est un plus pour la chaîne, quand même, ce site régulièrement suivi par un public intéressé par UN sujet, la politique en l’occurrence. Jean Quatremer ne dit, ici, pas autre chose.

La presse en ligne, enfin et pour conclure, c’est l’occasion de changer de siècle et de vocabulaire. Cessons de parler de journaux (newspapers), ils sont mourants. Passons au concept d’entreprises de services d’information.

* * *

Il y avait tout ça, dans « rue de la Loi »? Je pense, oui. Et plus encore, sans doute. Puissent journalistes et éditeurs s’en apercevoir avant qu’il soit trop tard!

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7 Réponses to “Les leçons de « rue de la Loi »”

  1. Je suis assez d’accord avec ce texte intéressant de Charles. J’en suis la preuve vivante : mes parents et grands-parents s’installent chaque jour à 19h ou 19h30 devant leur télévision pour regarder le jt, tandis que mon frère et moi ne le faisons pas (uniquement s’il y a un événement spécial qui vient d’arriver). Dès mon retour du boulot, je consulte Internet (parfois aussi le télétexte) pour savoir en quelques minutes ce qui s’est passé durant la journée. C’est une habitude désormais bien acquise de ma génération.

    En ce qui concerne le blog de Fabrice Grosfilley, je le trouvais intéressant (notamment pour avoir quelques détails sur les coulisses de la politique) et j’espère qu’un journaliste de RTL-TVI le continuera (Frédéric Cauderlier, par exemple?). Il est vrai finalement qu’il y a très peu de journalistes belges qui tiennent un blog, mais il faut aussi reconnaître que cela prend du temps pour celui qui veut bien s’en occuper.

    Concernant la presse belge en général, je trouve qu’il faudrait supprimer toutes les pages sportives qui prennent beaucoup de place (alors qu’on peut désormais trouver tous les résultats sur Internet) et les consacrer à autre chose. Et pour les amateurs de sport, on créerait un journal qui lui est entièrement consacré (comme « L’Equipe » en France). Là, cela créerait une vraie différence.

  2. Heel terechte opmerking Charles over het bloggen en de nieuwe media. De Standaard laat maar ingekorte teksten lezen. Ik begrijp dat wel, als je alles op het web toont moet je geen krant meer kopen. Maar eens een week oud, of een maand oud, zou men alle informatie vrij moeten geven.

    Meer horen over het het ultimatum van de n-va ? Wel het is er eigenlijk geen. Men heeft het debat opgegeven. Het is wel overduidelijk dat de Waalse politici de regering gaan laten vallen in 2009 om één grote verkiezing te organiseren. Naar mijn mening toch.

    Ik heb mijn post wat aangepast … er was mij iets ontsnapt. FF3 werkt niet opperbest … !

    Het ultimatum of het einde?

    Wat uw post betreft : dat geldt niet alleen voor de pers, maar evengoed voor de politieke partijen, de overheid enz. Het gaat veel te traag. Hoe het komt ? Omdat men vecht om oude structuren in stand te houden, eerder dan de oude te vernieuwen, of volledig nieuwe op te richten.

  3. damien dit :

    très chouette billet Charles. Va vraiment falloir qu’on aille se le boire ce godet … :-)

  4. [...] ne résiste cependant pas à vous conseiller la lecture d’un très bon billet de Charles Bricman qui parle de l’évolution de la presse et donne quelques conseils. C’est d’autant [...]

  5. Merci Charles, pour ce billet. Je vais essayer de retenir les conseils , mais soyons modestes : les blogs ne sont effectivement lus que par quelques centaines de lecteurs… par rapport à un journal télévisé le rapport est de 1 à 1000. Il faut en être conscient. Je ne pense pas qu’un groupe de presse puisse aujourd’hui investir dans des niches aussi « pointues ». Sur internet comme pour les autres médias le marché publicitaire offre souvent une prime au leader : ce sont les 2/3 premieres entreprises dans chaque secteur (presse, tv, radio) qui obtiennent l’essentiel du marché de la pub. La bataille qui oppose les groupes de presse aujourd’hui a donc pour objet de prendre le leadership sur l’internet (aujourd’hui en Belgique francophone c’est le site du Soir qui occupe la pôle position). Les blogs pèsent beaucoup trop peu pour s’intégrer à cette stratégie. Et je pense qu’il faut avoir la lucidité de constater qu’un blog « rentable » (au sens ou cela permettrait à son auteur d’en vivre, même modestement) n’est pas pour demain, tant que son objet est de traiter la politique belge, de la culture des petits pois, ou de l’avenir de l’information… Je crois que le blogging restera donc une activité bénévole. Ce qui ne l’empêche pas, comme ici, d’être de qualité.

  6. [...] Charles a relancé le débat passionnant et sans fin de l’avenir de la presse, je lui ai répondu en partie dans mon précédent billet. Cela m’a donné envie d’alimenter le débat. Je vais profiter de mon passage à Paris jusqu’au 17 août pour essayer d’interviewer les responsables des nouvelles initiatives de journalisme qui sont apparues ces derniers mois à Paris. [...]

  7. Jacobs micheline dit :

    Je regarde le journal parlé et ce, tous les jours dans mon fauteuil bien instalée
    Mais je consulte aussi internet et j aime lire les avis
    Je suis toute novice en informatique ,je m y suis mise pour mon fils ,par amour pour un enfant devenu homme et qui voyage tout le temps
    Il s est envolé du nid et je crois bien qu il réussit
    Mais bien humblement ,je crois qu internet nous fait plus réfléchir ,les infos ,je ne les entends plus comme avant ,je ne crois plus tout ce qu on me débite ,je vais sur internet et je cherche l erreur surtout quand le sujet me touche.ET je crois que dans l avenir ,internet sera un outil essentiel d information
    Je verrais plutôt la télévision dans un cadre plus ludique ,plus social et artistique .Je trouve vraiment que la TV est triste ,nous avons un grand besoin d humour et de rire .
    Les guignols de l info ,j adorais et nulle part ailleurs reste pour moi des moments inoubliable de bonne humeur .
    Mélanger l info ,le rire ,la variété , l’humour , le rêve serait une bonne idée mais est ce réalisable chez nous?

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