Les résultats des entreprises de presse américaines cotées en bourse ne sont pas bons. Et leurs actions sous-performent largement le marché, lui-même nettement orienté à la baisse.

Bien sûr, le ralentissement de l’activité économique y est pour beaucoup. Mais la conjoncture n’explique pas tout, a reconnu le CEO du New York Times, Janet Robinson: les pauvres résultats financiers du groupe (contraction du chiffre d’affaires et plus encore des profits opérationnels) sont largement attribuables à des facteurs structurels.

Toute la presse écrite US est atteinte. Je vous en ai déjà touché un mot. Et ce n’est pas fini. Dans son plus récent billet, le « newsosaure » Alan Mutter explique pourquoi il lui paraît probable que les journaux américains n’ont pas probablement fini de réduire leurs coûts dans une spirale qui désespère la profession et décourage les lecteurs: plus encore que leurs revenus, ce sont leurs marges qui sont en baisse.

Et Wall Street sanctionne. Car les groupes de presse sont souvent cotés en bourse, là-bas, et la plupart d’entre eux sont en chute libre: un échantillon représentatif d’une dizaine de titres a vu se réduire en fumée plus de la moitié de sa capitalisation boursière depuis le début de l’année, soit près de 28 milliards USD…

C’est sans doute excessif dans certains cas, comme celui du NYT – les marchés financiers sont accoutumés à passer de l’exubérance la plus irrationnelle à des humeurs maniaco-dépressives – mais c’est quand même historique: Associated Press rapporte dans une analyse du secteur que, pour le CEO du Chicago Tribune, Sam Zell, la crise actuelle de la presse écrite est la plus sévère depuis la Grande Dépression de 1929…

En juin dernier déjà, on trouvait cette autre comparaison un peu réfrigérante dans Poynteronline: pour les journalistes, la crise actuelle de la presse ressemble un peu à celles du charbon et de l’acier il y a 25 ou 30 ans, c’est-à-dire que c’est leurs façons de pratiquer leur métier, leurs compétences qui sont dépassées.

Et c’est là qu’on reparle d’internet. Avec cet impitoyable verdict de Seeking Alpha sur le New York Times, le plus gros acteur de la presse écrite sur le web:

 (…) For a supposedly dying business, NYT seems to be doing a lot of cool and smart things online.  The problem is, it’s not doing enough, and what it is doing, it is not doing fast enough.

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