Pourquoi l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde suscite-t-il autant d’allergies chez les Flamands? Voici la réponse, en un slide show de 2 minutes édité par le Vlaamse Volksbeweging (cliquez sur l’image et suivez le guide):
Olivier Maingain ne me le pardonnera pas, mais j’ai l’habitude et ça ne m’empêchera pas de trouver ça plutôt bien foutu et raisonnablement exempt de relents plus ou moins nauséabonds. On peut juste y objecter que la solution du problème, rendue indispensable par l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 26 mai 2003 n’est pas obligatoirement la scission: on peut aussi, théoriquement, revenir à la situation d’avant les dispositions législatives modifiant le Code électoral annulées par la Cour. Mais il y a six ans, tout le monde était d’accord, francophones compris, pour considérer que ça n’allait pas. Le monde avait changé. La Belgique aussi.
En réalité, il faut oser reconnaître qu’il n’y a probablement pas d’alternative sérieuse à la scission de l’arrondissement électoral, si ce n’est l’élection de la Chambre des Représentants – et de tous les députés européens – par une circonscription unique allant d’Ostende à Arlon, et de Mouscron à Fouron… Pas pour retourner à la Belgique de papa, mais pour donner une assise et une légitimité fédérales à une assemblée qui ne serait plus compétente que pour des matières fédérales attribuées, la compétence résiduelle appartenant aux régions. C’est logiquement défendable, et même probablement fonctionnellement souhaitable. Mais c’est politiquement irréalisable dans les circonstances actuelles. Même le sérail francophone ne voudrait pas qu’un Verhofstadt vienne lui faire concurrence à Liège ou à Mons…
Tôt ou tard, il y aura donc des députés fédéraux du Vlaams Brabant, du Brabant wallon et de Bruxelles. Comme il y en a de toutes les autres provinces. Et les francophones n’y perdront même pas: il y gagneront un ou deux députés à Bruxelles et/ou en Brabant flamand.
Souk
Voilà pour le fond, que tout le monde connaît. Mais il y a aussi la forme.
Et là, c’est plus compliqué. Quand on commence avec les discussions de boutiquiers, il n’y a pas à s’étonner qu’on s’enlise dans un souk. D’abord, la perte des électeurs francophones de la périphérie bruxelloise, cela va probablement jouer sur les rapports de force entre le MR, le PS, le CdH et Ecolo à Bruxelles, et donc en Communauté française. A première vue, c’est surtout le MR, et singulièrement sa composante FDF qui devrait souffrir, sauf que c’est probablement dans son escarcelle que devrait tomber le siège de la périphérie. Tant et si bien qu’à y regarder de plus près, les voix socialistes, chrétiennes et écologistes de cette même périphérie serviraient probablement surtout, dans une [probable - possible - hypothétique] (supprimez la mention inutile) Union des Francophones du Brabant flamand, à faire élire un réformateur… Tandis qu’aujourd’hui, ils alimentent encore les quotients électoraux de leurs candidats bruxellois. Et vous voudriez qu’Elio et Joëlle trouvent ça drôle?
Didier par contre, ça le laisse assez à l’aise pour se donner une stature d’homme d’Etat et exposer calmement que BHV, ça doit se régler dans un cadre global, moyennant un bon prix bien sûr. D’autant plus à l’aise qu’Olivier aboie à ses côtés pour faire accroire à ces malheureux francophones calfeutrés dans leurs salons qu’ils reconquerront bientôt quelques lopins de terre flamande pour aménager un couloir salvateur vers la Wallonie, et qu’ils pourront en tout état de cause continuer à organiser des fêtes bien gauloises autour de « leurs » maisons communales de Kraainem ou Linkebeek, vaillamment défendues par les chefs Abraracourcix et leurs troupes.
Le seul problème, c’est que de tout ça, les partis flamands n’ont rien à f… Ils ont leurs propres soucis. Les véritables enjeux, chez eux, ce sont (i) l’électorat « Vlaams-nationaal » à se partager, et (ii) la plaie Vlaams Belang à cautériser. Sur ce dernier point, il semble y avoir un léger mieux. Le venin distillé par le « Belang » stimule les anticorps démocratiques, le nationalisme flamand historique s’est vraiment écarté de cette formation moins flamingante que fascisante et, les arbres ne montant pas jusqu’au ciel, le temps du reflux est probablement en vue. Si d’indues concessions à ces emmerdeurs de francophones ne revigorent pas la bête.
Pat
Et c’est donc « pat », comme aux échecs. La marge de manoeuvre et de négociation est devenue ridiculement étroite, parce que tout le monde a peur de perdre à seulement lever le petit doigt. Rien que discuter est déjà devenu dangereux. Mais il faut pourtant que quelque chose bouge, qu’une proposition sorte. Parce que l’impasse, elle, elle est là, elle avance, elle recule au gré des l’actualité et des délais qui échoient. C’est le CD&V qui est à la manoeuvre, il l’a voulu. Mais le capitaine n’est pas sur la passerelle, il découvre le vaste monde. N’attendez quand même pas de ses lieutenants qu’ils lui sauvent la mise. Ils aimeraient tant donner le coup de grâce à ces calotins mal repentis que Louis Tobback appela un jour déjà lointain, dans une interview à l’hebdo Vrij Nederland, « een kwal in het midden« , ce qui veut dire quelque chose comme: « une méduse au mitan »…
PS (c’est le cas de l’écrire…) : L’idée de vous livrer le Power Point qui inaugure ce billet m’est venue du Vlaamse Web Ring (apparemment proche de la NV-A) qui fait pour ses lecteurs flamands l’exégèse d’une « note pédagogique » de Di Rupo sur BHV. Avec ce genre de « pédagogie », je ne m’étonne plus que l’enseignement francophone recueille de si mauvaises notes dans les évaluations internationales. Et j’ai un peu honte de lire là-bas que c’est comme ça que les francophones voient BHV… C’est comme cette interview d’un prof de droit liégeois dans Le Soir: on n’arrêterait pas le délire? Ou veut-on vraiment donner vie aux démons que l’on prétend conjurer?


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Beste Charles,
bedankt voor uw « vrije » manier van denken, en de inzet om die lange uiteenzetting grondig te lezen. En eerlijk ik vind het bewonderenswaardig dat je de boodschap goed overbrengt. Want daar is er nood aan, de elementen van het debat duidelijk maken aan beide zijden van het land (Noord en Zuid). Aan beide kanten laten begrijpen wat de overzijde denkt en dus niet eindigen in een eenzijdige benadering, hoe wij het zelf zien zonder nog aandacht te schenken aan wat de anderen hun argumenten zijn.
De oplossing zit mi niet in ingewikkelde structuren die de modale burger niet meer vat, want dan haakt hij af, omdat hij niet weet waar hij zijn stem voor uit brengt. De democratie kan maar werken als ze transparant gestructureerd is. Pas dan kan de kiezer de politici goed beoordelen en eventueel afkeuren. Maar daar gaat de democratie toch over ?
Op mijn blog werkt de ppt niet altijd (enkel met FireFox). De credits voor de PowerPoint Presentatie gaan naar Bruno Van Clemen die ik virtueel ontmoet heb op de blog van Herman Boel (N-VA).
http://hermanboel.wordpress.com/2008/05/03/b-h-v-in-2-minuten/
Met vriendelijke groeten,
VWR
Charles,
excellent effort de pédagogie, merci.
Je connaissais ce slide-show (en version plus longue ?) sur un site dont je ne parviens plus à trouver la trace ; je ne l’avais pas trouvé si mauvais que cela …
Pour ma part, je n’ai pas encore compris cet argument que serait le vote possible à partir de BHV à destination de candidats wallons – je l’ai déjà souligné, les flamands ne font pas la différence entre wallons et francophones, ce qui complique parfois la compréhension du bazaar.
Pour moi, la solution BHV est l’extension de BHV à l’ensemble de l’ancienne province de Brabant.
A moins court terme, il faut organiser un referendum dans ce même ancien Brabant et demander l’avis de la population sur leur devenir administratif et organiser le confédéralisme. Pas que ce soit l’intérêt de tous (en fait de personne), mais on ne peut plus s’entendre politiquement et il faut se séparer.
@VWR
Je ne comprends pas bien en quoi il y aurait une complexité (celle aussi plaidée) suite à laqulle il n’y aurait plus de visibilité sur la destination de son vote.
Je voudrais aussi ajouter que 2 choses assez importantes manquent dans ce slide-show:
- l’aspect (francophone) judiciaire est important: le principe de pouvoir être jugé dans sa langue, en étant rattaché à Bruxelles.
- l’aspect néerlandophone, concernant la (sur)représentation effective de leurs élus au niveau parlementaire, de l’exécutif et du pouvoir communal dans les 19 communes.
Je reviens avec mon interrogation : « je n’ai pas encore compris cet argument que serait le vote possible à partir de BHV à destination de candidats wallons »
Qui peut m’éclairer ?
Merci.
@ himself: les élections européennes. On peut voter pour les listes francophones dans tout l’arrondissement, ce qui revient à dire que les candidats wallons peuvent faire campagne à Vilvoorde ou à Kampenhout, alors qu’un candidat ostendais ne peut même pas draguer le chaland à Waterloo ou à La Hulpe… Il faut bien reconnaître que, là, « ils » n’ont pas tout-à-fait tort, surtout quand on sait que pour les premières élections du PE au suffrage universel, c’est Nothomb surtout qui était contre la circonscription nationale (on ne disait pas encore « fédérale ») unique: il avait trop peur de la popularité (à l’époque) de Tindemans en Wallonie…
@Charles
je reste sur ma première impression, ne parvenant pas a exploiter correctement les résultats des dernières européennes. (http://elections2004.belgium.be/fr/)
Je suis conforté dans ce sentiment par un post « Les vrais enjeux de la scission de BHV » sur http://francophonedebruxelles.blogspot.com/2008/05/les-vrais-enjeux-de-la-scission-de-bhv.html:
« Les francophones de Hal-Vilvorde peuvent voter aux élections législatives et européennes pour des candidats francophones bruxellois. Ils ne peuvent donc pas voter pour des candidats wallons. «
@ himself: L’auteur que vous citez se trompe en ce qui concerne les élections européennes: tous les électeurs de BHV ont le choix de voter au sein du collège électoral francophone ou du collège électoral néerlandophone. Les listes de candidats sont les mêmes dans les deux circonscriptions où des francophones sont éligibles. Donc, dans la partie H-V, tous les électeurs, flamands ou francophones, ont la possibilité de voter pour une liste francophone, en ce compris pour les candidats wallons.
Voici la loi (art. 9 à 17), sur le site du SPF Intérieur:
http://www.ibz.rrn.fgov.be/fileadmin/user_upload/Elections/fr/europe/Laws/loi23mars1989.pdf