Alexandre (c’est le top libraire de mon quartier) n’était pas né en 68. Moi si. Mais je n’étais pas un révolté. J’ai des excuses, je crois: j’avais quinze ans. Et ce n’est qu’en écoutant Europe 1 et Luxembourg sous les couvertures (vous vous souvenez du sympatico-mégalo président Rosko, « le plus grand, le plus beau, celui qu’il vous faut« ?) que j’ai découvert la rue Gay-Lussac. Où un artisan vend désormais de délicieux pavés parisiens en chocolat, beaucoup moins pénibles à avaler pour les valeureux fantassins des compagnies républicaines de sécurité.

La librairie Brillat Savarin, à Ixelles

Jusqu’il y a peu, il faisait de la com’ à Bordeaux, Alexandre. Il est aussi Girondin que sa chère et tendre est Hambourgeoise. Il était donc logique qu’ils s’installassent à peu près à mi-chemin, dans notre belle capitale, pour y mettre au monde la mignonne petite Anna et pour y reprendre la petite boutique de quartier où je m’alimente religieusement chaque jour en gazettes, revues diverses et faux Semois de Denderwindeke.

En bouquins aussi, parce que ce n’est pas qu’un marchand de journaux, loin de là. Sans peur et sans reproche, dans ce sage petit coin d’Ixelles à peine animé aux approches de la Saint-Vé par les étudiants de l’ULB toute proche, il ne pouvait que sauter sur le jubilé de 68. Et constituer tout un rayon d’ouvrages et de documents sur l’époque, avec une prédilection certaine pour les raretés qu’il débusque dans les catalogues les plus confidentiels.

C’est un libraire, quoi, comme Yanne, plus branchée sur la fiction, et qui m’a déjà fait découvrir quelques perles, comme L’Ombre du Vent, de Carlos Ruiz Zafon, au Livre de Poche. Moi, en échange, je lui ai recommandé Lucia Etxebarria, en 10/18. Il se passe des choses dans les livres, en Espagne.

Cela pour vous dire que si la librairie Brillat Savarin est dans mes bonnes adresses, ce n’est pas parce que Le Soir et La Libre y seraient moins chers qu’ailleurs. Mais parce que c’est aussi un salon où vous pourrez causer de livres et du reste, si l’envie vous en prend, entre un amateur nostalgique de melo-cakes comme Philippe, avec qui vous avez usé les bancs de Saint Philippe-Néri, et une lectrice de Ciné-Revue venue jouer son lotto.

Comme le nom l’indique, c’est au 25 de l’avenue Brillat Savarin, à Ixelles, et c’est forcément ouvert tous les jours, sauf le dimanche, de la fine pointe de l’aube à la tombée montée du soir.

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3 Réponses to “Un salon où l’on cause”

  1. alter-ex dit :

    là vous allez me faire rougir ô Charles !

  2. [...] vous pouvez vous brosser. Et la collection des films d’Hugo Claus, dans De Morgen, itou. Alexandre et Janne s’emploient à me donner satisfaction mais, jusqu’ici, leurs efforts conjugués se sont [...]

  3. [...] blanches à Toulouse ou Sauramps à Montpellier, qui n’ont jamais retourné un seul invendu (Alexandre n’en a jamais retourné non plus et est un peu déçu de n’être pas cité, mais ça [...]

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