La couverture d’un événement par un organe de presse peut-elle dépendre des partenariats de sponsoring conclus avec ses organisateurs? En toute orthodoxie, vous serez probablement tenté de répondre: « Non ». Moi aussi.
La question était posée par The Mole, un blog souvent pétaradant sur le microcosme journalistique belge, publié en franc-tireur par un journaliste du Soir. A propos de ceci: une asbl culturelle liégeoise était en cheville avec la RTBF qui lui réservait ses faveurs, jusqu’à ce que ces gaillards passent avec armes et bagages dans le giron de RTL-TVi. Depuis, c’est quasiment le black-out sur les ondes du secteur public, sur « recommandation » de la hiérarchie.
Scandale? Dans le chef d’un service public, oui. Au nom de ce principe élémentaire de droit public qui veut que l’Etat doive traiter tout le monde sur pied d’égalité. En ce sens d’ailleurs, l’interdiction d’antenne infligée à l’asbl n’est finalement pas plus ni moins scandaleuse à mes yeux que le traitement de faveur qui lui était réservé auparavant.
Et dans le chef d’un éditeur privé? Il me semble que c’est forcément plus nuancé. Pour le dire crûment, c’est son problème s’il veut ruiner sa crédibilité en faisant d’une vessie une lanterne, ou en tenant sous le boisseau une information ou un éclairage qui ne l’arrangent pas, pour quelque raison que ce soit (allant de partisane à commerciale). Alors que dans le cas de la RTBF, c’est aussi notre problème. De contribuables et de citoyens. Dans un sens comme dans l’autre.
C’est bien pourquoi la question de la pub sur les radios et télés de service public est simple à résoudre; ce ne peut être que: « non ».

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Il faut évidemment nuancer (tout comme vous le faites) car que se passe-t-il ici? Une association culturelle se plaint de ne plus avoir les facilités qu’elle avait avant, du fait qu’elle a changé de partenaire média.
Donc, on en retire comme info que
1. Avant, elle avait des émissions et/ou séquences garanties
2. Aujourd’hui, elle a un partenariat avec un autre média (contre vraisemblablement aussi des des émissions et/ou séquences garanties)
3. Elle souhaite conserver les anciens avantages et les cumuler aux nouveaux.
Qu’un service public boycotte un événement important, on ne peut l’accepter. Mais que des organisateurs d’événements semblent s’étonner de perdre les avantages anciens m’étonne en retour.
Peut-on vraiment demander à la RTBF de faire la promo d’un événement qui s’affiche (dans tous les sens du terme) avec Plug/Mint ou RTl/Bel RTL? Je parle bien de promo, pas de couverture rédactionnelle, qui dépend comme son nom l’indique d’une rédaction… et donc de l’indépendance qu’on est en droit d’attendre d’une rédaction.
Alors quoi? On reconnait qu’avant, la rédaction n’était pas indépendante et devait couvrir l’événement même si les journalistes ne le jugeaient pas nécessaire ou pas dans de telles proportions? C’est-à-dire que le partenariat promotionnel (commercial donc) prenait le pas sur l’indépendance du journaliste? Et aujourd’hui, on joue à la vierge effarouchée quand les journalistes mettent la pédale douce pour couvrir un événement dont le partenariat a quitté Reyers? N’est-ce pas très hypocrite?
Ce qui se cache en fait derrière tout ça est un malaise entre l’identité d’un média, l’image « culturelle », « populaire », « familiale », « jeune », qu’il dégage… et ce que ce média offre de plus tangible: espace et audience. Et là, les organisateurs d’événements culturels préfèrent l’audience de Bel Rtl à celle de La Première… mais voudraient que le public de La Première vienne aux spectacles/concerts/films.
On peut tirer sur la RTBF mais ça ne résoud rien. Pas tout en tout cas.
@ Benoit Demazy
Quelque part, vous avez raison sur l’attitude des Grignoux, qui consiste à vouloir « le beurre et l’argent du beurre », de nouveaux avantages couplés à la préservation des anciens, profiter des moyens du privé et des missions du public. Ce qui est plus gênant, c’est l’attitude de la RTBF, qui si elle a le mérite de n’être pas hypocrite, se pose clairement dans un contexte concurrentiel et dans une logique de donnant-donnant.
La question est de savoir s’il vaut mieux appliquer cette logique en silence mais l’appliquer tout de même… Ou le faire ouvertement. Sauf à en revenir à une stricte application des missions de service public. C’est très difficile à trancher, au fond, comme question!