Le lynchage médiatique dont fait l’objet cet avocat aux appétits sexuels glauques me met mal à l’aise et, pour tout dire, commence sérieusement à me gonfler…
Jusqu’à preuve du contraire, ce type n’a directement fait de mal à personne. Indirectement, ça se discute et c’est même pour ça que la justice s’occupe de son cas. Mais, pour une fois, je l’aimerais plus discrète, la justice. Les medias aussi. Car le fond du problème, c’est que cet homme est « malade dans sa tête ». Il faut qu’il se soigne. Mais faut-il pour autant le briser, le traîner dans la boue, l’humilier à ce point au risque de l’enfoncer un peu plus dans son mal-être?
Je dis que non. Je dis même que ce qu’on lui fait là est scandaleux et témoigne d’un penchant également pervers, le même que celui dont témoignent ces automobilistes qui ralentissent à proximité d’un accident, pour renifler l’odeur du sang sur l’asphalte.
Pour quel profit? Pour apprendre qu’il y a des pompiers qui jouent les pyromanes, des garde-chasse qui braconnent? Parce qu’on ne le savait pas, peut-être? Pour dissuader alors? Vous voulez rire, sans doute…
Quand on descend un peu au dessous de la ceinture, il y a des gens que « stimulent » les transgressions, ou plutôt: la représentation imaginaire des transgressions. On appelle ça des fantasmes. Les vrais problèmes ne surviennent que lorsqu’on veut se met en tête de les réaliser. Nous devrions être tous d’accord pour dire que s’ils sont innocents (in-nocere: ne pas nuire, à personne), ces « péchés » ne regardent que ceux qui les commettent, leur médecin ou psy s’ils font problème; et la justice, tout au bout, en dernier ressort, si une ligne jaune a été franchie. Mais savoir si Machin, dans le secret de son alcôve (condition nécessaire), fantasme sur les talons aiguille, sur la chèvre de monsieur Seguin ou sur les petites filles impubères, très franchement, on s’en fout. Plutôt: on devrait, je trouve. Tant qu’il ne nuit à personne…
PS: Pas de liens ni de noms dans ce billet. Je ne cherche pas le « buzz » sur un sujet d’actualité brûlante. Et nulle envie chez moi de danser avec les loups, autour du pilori.

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Ce qui pose le plus de problèmes, à mon sens dans ce genre de cas, c’est la surexposition médiatique.
Les médias n’hésitent pas à trainer dans la boue une personne inculpée donc innocente jusqu’à ce qu’un juge rende sa décision. Ils le font au nom de leur sarco-sainte liberté d’expression (le sarco n’est pas une faute de frappe).
L’éthique journalistique a-t-elle tellement évolué depuis quelques années? Aurions-nous vu le même étalage médiatique il y a 10 ans? N’y a-t-il plus de déontologie à condamner un inculpé?
@ Eric: « Aurions-nous vu le même étalage médiatique il y a 10 ans? » Ce qui a changé, je crois, c’est la « pipolisation » de la presse dite « de qualité ». Et la part grandissante des « émotions » dans l’actualité « sérieuse ». Lisez à ce propos le numéro de « Marianne » daté du 16 février. Il y a là de quoi alimenter votre réflexion, notamment un papier, que je trouve excellent, de Guy Sitbon sur l’avenur du journalisme (p.30).