Ho!? Que m’arrive-t-il? D’où vient cette question apparemment absurde? Crise existentielle de blogueur fatigué? Petit coup de déprime?
Non, c’est un constat, tout simplement: sous la rubrique « blogs », on comptabilise aujourd’hui aussi bien des pommes que des poires ou que des scoubidous (oui, je sais, c’est le genre de référence qui ne me rajeunit pas mais j’assume, surtout un de ces 23 janvier qui me valent chaque année une unité de plus au compteur…)
Il y a déjà longtemps que l’idée d’écrire un billet sur ce thème me titille. La parution récente sur Daily Blog Tips (un blog!) des résultats d’un mini-sondage auprès de ses lecteurs sur la question de savoir si les blogs vont continuer à publier des billets complets sur leurs pages d’accueil ou passer à des extraits répartis en rubriques thématiques me donne, figurez-vous, l’occasion de soigner cette petite démangeaison.
La question posée dans le sondage peut paraître anodine. Elle l’est moins quand on lit le commentateur de l’enquête avancer l’hypothèse que les blogs qui comptent et publient régulièrement de nouveaux posts vont non seulement passer à des extraits en page d’accueil, a lieu de billets entiers, alignés à la queue-leu-leu, mais aussi évoluer vers des formes de magazines ou de « portails », pour donner à leurs lecteurs le choix entre différents articles abordant des thématiques diverses.
Je suis assez d’accord. Et ça change un peu la donne, car on irait alors vers des « blogs » plus « construits », de moins en moins en moins différents d’un « vrai » site. Mais plus fondamentalement, il y a que le « blog » n’est pas un « genre » littéraire ou journalistique en soi, à moins qu’on le réduise à un journal intime, ce qu’il n’est pas forcément. Heureusement d’ailleurs…
Le label « blog » désigne en fait seulement un type spécifique de site web; plus particulièrement, il est un CMS simplifié. Un outil. Comme un bon vieux carnet à spirale l’est au sein de la galaxie Gutenberg. On peut faire beaucoup de choses avec un carnet. Y consigner ses pensées du jour, en faire un agenda, y enregistrer ses dépenses et recettes journalières, entamer un roman ou un essai… Pareil pour un blog. En prime, on peut aussi le réserver à un public sélectionné (dans une entreprise, c’est alors un blog interne, pour la gestion des ressources humaines ou d’un projet, par exemple). Il peut y avoir presque autant de types de blogs (et de définitions de la bête) qu’il y a de blogueurs…
Je suis souvent amusé – et parfois irrité, quand je suis de mauvais poil -, de la réaction très courante d’interlocuteurs qui me rétorquent, quand je leur parle de mes activités, qu’ils n’ont « pas le temps d’aller sur les blogs ». Comme s’il y avait, sur la Toile, une zone franchement ludique où s’amusent des clampins qui en ont trop, eux, du temps…
C’est évidemment stupide, parce si vous surfez sur le web à la recherche d’une info ou d’une doc, il y a de fortes chances que dans l’ample moisson que vous apportera votre moteur de recherche, il y aura autant sinon plus de blogs, dans l’acception technique du terme, que de « vrais » sites web.
Avec l’évolution des CMS et des logiciels de blogging, il y a d’ailleurs de plus en plus de sites qui sont construits à partir de blogs (c’est souple et bon marché), et de blogs qui évoluent vers des formes de sites corporate, comme suggéré dans les commentaires du sondage évoqué ci-avant.
Bref, arrêtons de parler des blogs comme d’un jouet pour adolescents en révolte ou pour quinquagénaires en pleine MAC (middle age crisis). Ils peuvent être cela: des vecteurs d’expression accessibles à tous. Et c’est parfaitement respectable. Mais on peut aussi les utiliser en tant qu’outils de communication très professionnels et très spécifiques. Et très modernes. Grâce à leurs qualités intrinsèques, parmi lesquelles leur facilité d’emploi et leur aptitude à générer échanges et conversations.
Bref, les blogs ça existe bien. Mais seulement comme outil technique, en tant que support et moyen de communication.

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