Pour faire le point sur les six premiers mois de ce blog (dont le premier billet remonte au 19 janvier), j’ai choisi le thème le plus récurrent dans les propos de ceux avec qui j’ai l’occasion d’en parler: le temps. Le temps que ça prend de bloguer. En gros, cela fait deux catégories de remarques:

  • Plutôt neutres bienveillantes, mais étonnées: « Cela doit te prendre beaucoup de temps (variante moins bienveillante complaisante, entre les lignes: un temps fou), non? »
  • Condescendantes et plus ou moins réprobatrices: « Ton blog? Ah oui. Excuse-moi mais avec tout le boulot que j’ai, je n’ai vraiment pas le temps de suivre ça« .

Alors effectivement, oui, le blogging, ça prend du temps. « Un certain temps », comme dirait Fernand Raynaud dans un célèbre sketch « que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » pour paraphraser La Bohême et Aznavour… Je n’ai pas calculé mais, en ce qui concerne, cela doit tourner autour d’une heure par jour en moyenne, avec des écarts parfois sensibles d’un jour à l’autre.

Mais là n’est pas la question. La question est: « Cela en vaut-il vraiment la peine? »

Si ce n’était qu’un plaisir, un pur hobby, la réponse serait vite faite: cela en vaut la peine tant que le plaisir que vous en retirez reste supérieur ou a moins égal au prix que vous payez, pas en espèces (l’activité est gratuite, ou presque) mais en renoncements à d’autres activités gratifiantes. Des goûts et des couleurs…

Personnellement, toutefois, et comme bien d’autres, j’envisage également le blogging comme un élément de mon activité professionnelle. Et je parle bien ici de ce blog, « On a des choses à se dire« , pas des prestations rémunérées en rapport avec les blogs que j’effectue pour ceux que l’on appelle des « clients », ni même de « micro-caps.be » cette expérience débutante de micro-journalisme que je suis occupé à mener dans le secteur de la communication financière.

Combien ce blog me rapporte-t-il ou doit-il me rapporter, vous demandez-vous peut-être alors? Pardonnez-moi, mais la question est mal formulée. Demandez-moi plutôt ce que ce blog m’apporte ou doit m’apporter. Et voici mes réponses, en toute franchise:

  1. Ce blog m’apporte de la visibilité et de la notoriété. Je les mesures en lisant et en interprétant mes statistiques de fréquentation. D’un point de vue quantitatif sans doute, mais surtout qualitatif: le point n’est pas d’amener le plus grand nombre possible d’inconnus à cliquer votre URL aux quatre coins (?) de la planète – encore qu’il soit plutôt excitant de découvrir grâce à Google Analytics qu’on est aussi lu, vraiment lu, à Tokyo, à Mauritius, à Prague ou à Londres. Mais de convaincre des internautes partageant vos centres d’intérêt à venir et surtout à revenir sur votre site. A commenter vos billets (j’ai fait de notables progrès de ce point de vue, depuis trois mois). A placer sur leur site un lien vers le vôtre (Technorati me crédite à ce jour de 42 liens en provenance de 18 sites différents).
  2. Ce blog me permet aussi de me faire connaître, ce qui va au-delà de la simple information sur votre existence et votre statut. C’est l’aspect « affectif » de toute politique de communication, le volet qui consiste à se dé-couvrir, à ôter le masque, à susciter de la sympathie chez ceux avec qui vous pouvez avoir des affinités, au risque d’être rejeté par ceux avec qui vous n’en avez pas. Mais à tout prendre, dans mon métier qui se fonde sur l’établissement d’une relation de confiance et d’une réputation, mieux vaut faire fuir un prospect avec qui vous n’allez pas vous entendre qu’en faire un client de passage et probablement déçu.
  3. Ce blog est enfin un incroyable outil de formation permanente et de développement personnel. Cela induit d’autres développements sur lesquels je prendrai le temps de revenir (il me semble que nous en revenons au moins partiellement à une économie de potlatch, avec l’information, le savoir et l’expertise comme objets de dons et contre-dons. Faites-moi savoir si vous connaissez des auteurs qui ont déjà abordé cette thématique sous cet angle, cela m’aiderait). Je veux simplement retenir ici que bloguer, ce n’est pas seulement écrire. C’est aussi et surtout écouter. Dans mon lecteur de flux RSS (là-dessus aussi, il faudra que je revienne), il y a actuellement près de 200 blogs et sites d’information régulièrement mis à jour. Ils nourrissent et enrichissent, avec vos commentaires, les réflexions que j’essaie de traduire pour vous dans mes petits billets.

Voilà. Je ne sais pas si j’aurai emporté l’adhésion des sceptiques. Mais en ce qui me concerne et jusqu’à preuve du contraire, six mois de blogging actif m’ont convaincu de ce que les blogs valent bien le temps que j’y passe!

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5 Réponses to “Les blogs valent-ils le temps qu’on y passe?”

  1. christophe dit :

    Bonne prise de recul vis à vis du blog. je suis arrivé un peu plus tard que vous, mais pour moi également, cela prend beaucoup de temps.

    christophe

  2. les z'ed dit :

    Un blog, est-ce si intéressant pour une petite entreprise ?…

    Alors que je préparais le compte-rendu de la rencontre Blog en Nord sur les TPE (Très Petite Entreprise) et l’apéro conjoint avec les référenceurs, j’ai découvert deux articles, l’un Belge, l’autre Canadien, qui peuvent compléter ce qui a é…

  3. Diamos dit :

    Les blogs sont comme des chateaux de sable: on a du plaisir à les construire et on attend la marée. Après on recommence.

    Les blogs valent-ils le temps qu’on passe à les lire ?
    Certains oui, car au gré des vagabondages sur le net on est forcément confronté à des points de vue qui sortent des sentiers battus.
    Et si on est pas totalement hermétique à a pensée d’autrui, le blog en question peut susciter un débat. C’est ce que je trouve le plus enrichissant.

    La planète blog est le reflet de notre monde kaléidoscopique:
    on blogue:

    -par ego : pour avoir sa petite communauté à soi
    -par interêt technique: les geeks adorent ajouter des tas de fonctionnalités; facile en PHP , mais essayez voir en Python ;-)
    -pour gagner de l’argent: une bannière rapporte + de 1000 $ par mois sur un blog avec beaucoup de visiteurs.
    - pour influencer : le blog engagé ou ‘prescripteur’
    - pour des tas d’autres raisons que je ne connais pas. je laisse le soin aux sociologues de préparer leurs thèses.

    Mais que seront nos blogs devenus dans 10 ans ?

    Coome disait Céline en 1949 : « Que lira-t-on en l’an 2000 ? Plus guère que Henri Barbusse, Paul Morand, Ramuz et moi-même, il me semble. »

  4. Scheiro dit :

    Je partage en grande partie votre avis sur le bloggin’, Charles : une activité très enrichissantes sur le plan personnel et particulièrement parce que les personnes qui n’ont pas l’occasion d’exprimer leurs opinions, idées, points de vue de façon publique peuvent saisir cet outil pour progresser dans l’approfondissement de leur réflexions personnelles sur la vie, le monde.
    Je suis donc d’accord avec Diamos en ce qui concerne l’enrichissement par le débat et la possibilité de découvrir des angles de réflexions nouveaux grâce aux auteurs de blogs.
    Je bloggue depuis 4 ans et je ne me lasse pas de cette activité, même si j’ai eu quelques fois envie de jeter l’éponge.
    Votre billet m’a donné, une fois de plus, l’occasion de développer ma conception du bloggin’.
    Si vous voulez connaître plus en détail mes motivations :
    http://scheiro.blogspot.com/2007/07/tortures.html

    Que seront nos blogs dans 10 ans ?
    Aucune importance…

  5. [...] Charles Bricman pose la question : Les blogs valent-ils le temps qu’on y passe ?. Cette question était suggérée lors de nos débats du 26 juin, car nous aussi nous utilisons nos blogs comme un élément de notre activité professionnelle… [...]

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