Sur ce blog, je ne fais pas de politique, pas plus que de raison. J’y exprime, à l’occasion, des avis et opinions, mais je ne milite pas. C’est dans ce contexte que je veux ici saluer la première décision de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République, un geste fort: dès la prochaine rentrée scolaire, tous les lycéens de France recevront la lecture de la lettre d’adieu que Guy Môquet, un résistant communiste de 17 ans, adressait à ses parents au moment d’être fusillé par les nazis, le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Atlantique).

C’est un texte magnifique et bouleversant. Je l’ai découvert il y a des années et voilà qu’il revient, aujourd’hui, sous mes yeux émus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le voici, avec respect et admiration:

« Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,

« Je vais mourir! Ce que je vous demande, à toi en particulier, petite maman, c’est d’être très courageuse. Je le suis et veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout coeur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino.

« J’espère que mes affaires te seront renvoyées; elles pourront servir à Serge, qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.

« A toi, petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

« Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme. Dix-sept ans et demi. Ma vie a été courte! Je n’ai aucun regret si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin et Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.

« Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d’enfant. Courage!

« Votre Guy qui vous aime.

« Dernière pensée: « Vous qui restez, soyez dignes de nous, les vingt-sept qui allons mourir. »

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