La période de souscription aux actions de la société liégeoise Eryplast (Marché Libre) débute vendredi prochain, le 11 mai. 150.000 actions nouvelles et 60.000 actions existantes, représentant ensemble 15% du capital après l’IPO, sont offertes au prix ferme de €10 l’unité. Le conseiller financier de l’opération est NextCap, dirigée par Raphaël Abou (prospectus d’émission téléchargeable sur le site, en français et en néerlandais).

Je reviendrai sur les conditions financières de l’offre et sur le prospectus d’émission, après les roadshows qui ont lieu mardi à Euronext et mecredi au Cercle du Lac, à Louvain-la-Neuve. J’y serai, par intérêt professionnel, mais aussi parce que ce sera pour moi l’occasion d’y retrouver Baudouin Dubuisson, le président du conseil d’administration de la société, que j’ai connu et apprécié dans ma folle jeunesse quand, moi, j’étais journaliste et, lui, conseiller aux cabinets de Philippe Maystadt et Melchior Wathelet.

Mais avant ça, je ne résiste pas au plaisir de brosser un rapide portrait de cette société, tel qu’il se dégage de la lecture du prospectus et d’une petite demi-heure de surfing sur la Toile. Frédéric de Laminne, un des directeurs d’Euronext, me l’avait déjà esquissé, ce portrait, il y a quelques semaines, mais ça n’avait pas immédiatement « percuté » chez moi.

  • Une belle histoire…

Car nous avons ici, cher lecteurs, une belle histoire d’innovation, de développement durable et d’entreprise « éthique ». Chez un producteur de palettes en plastique? Eh bien oui!

Mais commençons par le début. Dominique Rykers est un autodidacte inventif qui travaille dans la métallurgie et dans la plasturgie. En 1993, il fonde Eryplast à Bierges, pour fabriquer des palettes en plastique, dont il pressent qu’elles sont appelées à se substituer aux palettes en bois. Plus chères à l’achat, elles ont toutefois une longévité largement supérieure, sont entièrement recyclables et faciles à nettoyer.

Rykers met donc au point une ligne de production innovante et se lance dans l’aventure entrepreneuriale. En juillet 1997, c’est la faillite. Le produit est bon, mais il vient trop tôt et souffre d’un déficit de commercialisation. Les prix de revient, aussi, sont trop élevés: jusque là, Eryplast n’a pas les moyens de recycler les déchets et doit donc faire appel à de la matière vierge, dont les prix sont capricieux et déstabilisent les marges.

Arrivé à ce moment dans l’entreprise comme consultant externe, Baudouin Dubuisson restructure financièrement la société qui se relance donc après injection de capitaux frais. L’activité redémarre sur de meilleures bases économiques grâce à l’intégration, en amont, du recyclage des déchets (2001) et de la réalisation des lignes de production (2002).

Ces points sont cruciaux. L’approvisionnement en matières premières à bon prix surtout. Grâce à ce dernier, Eryplast dégage désormais une marge brute plus stable, à plus de 60%. Et le chiffre d’affaires se développe (+20% par an, sur les quatre derniers exercices). Eryplast est désormais rentable. Eryplast entre en bourse… Voyez ici ce qu’en écrivait, en 2005, la revue de l’Union wallonne des entreprises (UWE).

Ce qu’il y a d’éthique là-dedans? L’environnement, j’en ai déjà parlé. Mais aussi la rencontre de l’intérêt économique et de l’action humanitaire: la société ne récolte pas seulement sa matière première à la sortie des centres de tri sélectif, mais aussi auprès d’associations caritatives comme les « Bouchons d’Amour », soutenus par Jean-Marie Bigard. Un partenariat win-win qui vient d’être reconduit pour cinq ans. Le principe: dans toute la France, les donateurs récoltent les bouchons en plastique qu’Eryplast leur achète à prix fixe, légèrement au-dessus de celui qui prévaut actuellement sur le marché. Un internaute français en a même fait une BD!

Joli non? On en reparle la semaine prochaine.

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2 Réponses to “Eryplast: une IPO « éthique » sur le Marché Libre bruxellois”

  1. [...] Revue de presse: De Tijd (26/01/07), L’Echo (25/04/07) et le blog “On a des choses à se dire” (5/05/07) [...]

  2. FATIMA BOYER dit :

    Monsieur,
    je tiens à vous féliciter pour votre ingéniosité dans votre partenariat avec les associations.
    Originaire des Comores, assistante sociale scolaire et présidente de deux associations dont Msaanda qui s’oriente vers le partenariat scolaire avec les établissements scolaires des Alpes Maritimes et ceux des Comores et du collectif du patrimoine des Comores. Nos partenaires aux Comores, sont intéressés pour un tri mais aussi pour le collecte de matériaux tels que les bouteilles d’eau minérale et/ou de bouchons comme cela se déroulent au niveau des collèges et lycées où j’interviens.
    Pourriez vous m’indiquer si nos partenaires aux Comores pourrions bénéficier d’un partenariat d’échange ou d’achat avec vous.
    Je vous remercier pour l’intérêt que vous manifesterez à cette demande.
    Cordialement à vous.
    Fatima Boyer

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