L’information publiée par Boursier.com est passée totalement inaperçue, vendredi et, à vrai dire, elle n’a probablement pas de quoi émouvoir les foules: Euronext Paris a suspendu la cotation, sur le Marché Libre, de la petite société Luxyachting de droit luxembourgeois, mais dont le capital est à 95% belge, et ce « dans l’attente d’informations ». Une autre feuille rapporte qu’elle aurait été déclarée en faillite.

Ce sont des choses qui arrivent, bien sûr, mais nous sommes ici devant un cas d’école, en matière d’information justement. Si l’on se réfère aux tablettes d’Euronext, en effet, on constate que les derniers chiffres publiés par la société sont ceux de l’an… 2000, alors même que l’IPO a eu lieu en septembre 2001! Luxyachting a d’aileurs fait, à ce propos, l’objet d’une sanction prise par l’AMF à l’endroit de neuf sociétés, toutes introduites sur le marché par Europe Finance et Industrie (EFI), elle aussi sanctionnée.

N’empêche: près de 80.000 actions ont été proposées au prix minimal de € 7,75 et ne valent probablement aujourd’hui plus rien (le dernier cours auquel ont eu lieu des transactions a été affiché mardi à € 0,80). Et sur les deux dernières années, le titre n’a pu être coté qu’à… neuf reprises! Autant dire que, le temps de s’apercevoir de leur erreur, certains ont dû se retrouver dans l’incapacité de se débarrasser de titres qui leur brûlaient les doigts.

Il y a plus de 260 sociétés cotées sur le Marché Libre parisien et, pour douloureuses qu’elles soient, de pareilles mésaventures sont sans doute inévitables. Bien plus modeste encore, son homologue bruxellois en a déjà connu une. C’est l’occasion sans doute de rappeler qu’une société cotée qui ne communique pas, ou trop peu, sur ses résultats et la marche de ses affaires, est une société qui ne mérite pas la confiance des investisseurs.

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