Un nouveau magazine de type « lifestyle » va faire son apparition au mois de mars: Juliette & Victor… Sous-titre: « l’art de vivre franco-belge ». Parce que la cible, ici, ce sont quelque centre trente mille citoyens français installés en Belgique, à Bruxelles surtout. Une population en constante augmentation, notamment pour des raisons fiscales, on le sait.

Je sais, c’est difficile à croire, mais ça dépend de quoi on parle: si l’on voit les choses sous l’angle de l’impôt français sur les grandes fortunes, de l’imposition des plus-values ou de la taxation des dividendes et des intérêts, la Belgique apparaît soudain aux yeux de nos voisins comme un paradis fiscal! Et parmi les Français qui le peuvent (merci, Thalys!), de plus en plus nombreux sont ceux qui se résignent à un exil belge.

Comme jadis et pour d’autres raisons, Victor Hugo et sa maîtresse, Juliette Drouet. D’où le titre du magazine, Juliette et Victor, dont les initiales résonnent aussi comme une résolution: JV = j’y vais…

On est d’accord ou pas d’accord avec lui, c’est une autre affaire, mais on ne peut dénier à Alain de Stexhe (MR) son activisme. Aussi sur la Toile: son blog est presque un modèle du genre. Billets courts et incisifs, régulièrement postés et assortis de liens pertinents.

En face, le ministre PS de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, qui blogue aussi et polémique parfois avec lui (un bon point: bloguer, c’est débattre). Mais ici, les billets ressemblent plus à des éditos de presse écrite et les liens en sont absents. Je soupçonne aussi, à vrai dire, l’existence d’un ghostwriter, ce qui enlève un peu de charme à l’affaire.

Promis: je vous trouverai aussi des polémistes au CDH et chez Ecolo. Je serais surpris qu’il n’y en aie point.

Un blog sympa, que je viens de découvrir, celui de Stéphane Thomas, un consultant en informatique méridional qui prend son indépendance et lance sa boîte. Comme d’autres, il raconte son parcours au jour le jour (il en est aujourd’hui au 148e), mais c’est bien foutu et truffé d’adresses et de références utiles, pour qui s’intéresse au web.

De fil en aiguille – c’est le charme du surfing – j’arrive sur Opquast.com, un site (français comme son nom l’indique) dédicacé à l’élaboration de bonnes pratiques pour les services en ligne (au passage, merci à Jean-Marc Hardy de m’avoir mis sur la piste grâce à son blog à lui).

Heureuse initiative, mais avec tous les gourous qui édictent leurs règles – serait-ce en promulguant celles qui émergent démocratiquement d’un wiki -, où l’internaute moyen va-t-il trouver ses marques? M’est avis, bien humblement, qu’il ne serait pas sot d’internationaliser la démarche au-delà des frontières de la langue française. Et d’arriver à des standards reconnus, pour y voir clair.

Je vous mentionnais hier l’existence du blog de Pascal Leurquin, le CEO d’Evadix, jeune entreprise tournaisienne cotée sur Alternext. J’ai eu la curiosité d’aller m’y promener, dans la soirée. Voici un bref compte-rendu de ma ballade.

  1. Le gaillard est un vrai pionnier: son premier billet date de 2004, à un moment où on ne parlait pas encore beaucoup de la chose;
  2. Mais c’est un homme (trop) occupé: en 2006, il n’a pas pas posté plus de dix billets. Or, pour gagner et conserver son audience, on conseille généralement au blogueur de poster au moins trois fois par semaine;
  3. Impossible pour un CEO? Mais non! Il suffit de quelques minutes par jour pour coller un post-it sur son blog. Le lecteur attend des notes et des infos, des impressions à chaud, rédigées rapidement, pas de la littérature. C’est un peu le défaut paradoxal de Leurquin: il écrit bien, presque trop bien pour un blog. Et surtout trop long: un billet doit être concis (et d’ailleurs, celui-ci menace déjà d’être trop long!)
  4. Les sujets sont par contre bien choisis. Le feuilleton de son entrée en bourse par exemple, déjà quatre épisodes parus, mais trop espacés dans le temps. Quelques anecdotes personnelles qui n’ont rien à voir avec l’entreprise sont bienvenues pour faire de l’auteur un être humain de chair et de sang (parfois chaud, dirait-on…);
  5. Intéressants aussi, les quelques échanges avec des membres du personnel licenciés: Leurquin y fait preuve d’un vrai talent dans la communication horizontale, lequel compense le caractère, sur le coup, un peu sybillin – et donc maladroit – de la communication « verticale » d’Evadix;
  6. Techniquement, le blog (né en 2004, rappelons-le) ne tient toutefois plus trop la route. Je n’ai pas réussi à le syndiquer chez moi, par exemple. Et quand on connaît l’importance des flux RSS pour le suivi de la bête, c’est vraiment dommage; comme certains liens devenus obsolètes;
  7. En résumé, voilà donc quand même un boss qui sait ce que communiquer veut dire. Pas mal pour un Solvay boy ! ;-)

Le corporate blogging (les blogs d’entreprise) prend une ampleur certaine aux Etats-Unis: en octobre 2006, un site spécialisé (wiki) qui se consacre a observer le phénomène estimait que quarante des entreprises de l’indice Fortune 500 (soit 8%), y avaient recours. Et en Belgique? C’est comme je vous le disais hier. Allez consulter la liste des blogs tenus par des chefs d’entreprise. A l’heure où j’écris ces lignes, ils sont quatre, en tout et pour tout. Dont, quand même, le CEO d’une société cotée en bourse, sur Alternext, divine surprise: il s’agit de Pascal Leurquin, le patron d’Evadix. Un pionnier, un vrai!

Il semble que les Belges soient, et d’assez loin, les moins enclins à surfer dans la blogosphère: 14 % à peine, bien loin derrière les Japonais (74%), les Sud-Coréens (43), les Chinois (39), les Américains (27) ou les Français (22). Mais juste derrière l’Italie (16), la Pologne (16) et l’Allemagne (15). Mais ces lecteurs belges sont, par contre, les plus « réactifs » de la liste: 43% d’entre eux ont été amenés à agir, d’une manière ou d’une autre, suite à la lecture d’un blog. Pareillement, les Belges socialement actifs (les « influenceurs ») sont à 41% des lecteurs de blogs, ce qui est le taux le plus élevé enregistré en dehors d’Asie.

Je vous livre l’information comme je l’ai trouvée, brute de décoffrage, dans une étude réalisée par Edelman, une des plus importantes sociétés américaines de communication. Vaut le détour dans chacune de ses trois composantes: le survey d’une dizaine de pays, l’introduction de Rick Murray (« The Horizontal Axis of Communication ») et la conclusion de Steve Rubel, un des blogueurs réputés les plus influents avec son Micropersuasion.

Guy Daloze dirigeait la rédaction politique de La Libre Belgique quand j’y suis entré, en 1980, vers la fin de mon service militaire. Il s’en est allé par surprise, à 66 ans. Ses funérailles auront lieu dans quelques heures. J’y serai, bien sûr.

Mais je ne veux pas te laisser partir, cher Guy, sans te saluer ici, dans mon journal.

Il n’y a sans doute pas grand-chose à ajouter à tout ce qui a été écrit sur toi, ces jours-ci. Je voudrais simplement dire ici, c’est personnel, que tu a été de ceux sans qui je ne serais certainement pas tout-à-fait le même, aujourd’hui. Merci, donc. Sincèrement.

Thérèse, Olivier, je pense à vous ce soir.

Charles

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